Dans un décor de fin de quinquennat construit pour les derniers vœux de Nicolas Sarkozy en tant que Président de la République, la population française a eu droit au bilan du Président et au programme du candidat.
Le cadre des vœux présidentiels était empreint de solennité avec comme décor l’unique drapeau français sans le drapeau européen qui avait accompagné les exercices précédents. Le Chef de l’Etat était planté dans un cadre verdoyant ouvrant sur le parc de l’Elysée. Ces images sont volontaires et voulues pour la communication présidentielle. Le Président pense qu’il fallait recentrer le message à un moment où l’Europe par ses nombreuses crises et les déséquilibres des budgets publics fait l’objet de défiance de la part des Français.
Il faut lire le message des vœux en deux temps :
- le temps du bilan qui permet à Nicolas Sarkozy de demander aux Français de ne pas avoir peur car il est à la barre du navire France en tant que capitaine, il est, selon lui, celui qui parle vrai aux Français et qui est leur protecteur en ces temps si difficiles et en cela, il a raison.
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- le deuxième temps est celui du candidat à l’élection présidentielle de 2012 et sans le dire Nicolas Sarkozy propose quatre lignes de programme fortes pour 2012, à savoir la croissance, la compétitivité, la ré-industrialisation et la taxation des transactions financières afin de lutter contre la déréglementation de la finance qu’il faut gérer car c’est une question de morale politique. Ces quatre lignes de réflexion permettront aux entreprises françaises de créer des emplois et aux Français, de maintenir voire d’augmenter, leur pouvoir d’achat.
Concernant le bilan, on reste un peu perplexe car on attendait de manière précise que le Président parlât effectivement des réformes structurelles qu’il a entreprises, comme la création du pôle emploi, le service minimum dans les transports ferroviaires, la révision constitutionnelle qui permet au Président de s’adresser à la représentation nationale réunie en congrès à Versailles, et surtout la grande réforme des retraites. Il a préféré parler de crises financière, budgétaire et économique actuelles qui déséquilibrent la zone Euro et certains de ses pays membres comme la Grèce, l’Italie et le Portugal, montrant qu’en comparaison, la France elle est protégée. Je trouve que le Président ne met pas en avant les réformes qu'il a faites et qu'il ne les explique pas suffisamment aux Français. C'est vrai, il ne peut pas tout faire, tout seul. Comme je l'ai déjà dit ici, on a l'impression que certains militants ont honte d'avoir l'étiquette UMP. Dommage. Je reste militant UMP fier de l'être avec un esprit d'analyste économique critique.
Au total, le Président de la République a donné une image de père protecteur face aux grands bouleversements du monde (mondialisation, crises financières, déficits publics, chômage des jeunes et des seniors et précarité croissante).
Nicolas Sarkozy candidat propose trois priorités :
1. Comment retrouver le chemin de la croissance. On va faire vite, la croissance dans sa définition basique est une augmentation de la production d’une année à l’autre, cette croissance repose sur les biens agricoles, industriels et les services selon l’explication de l’activité économique en trois secteurs. Sans faire de l’esprit, force est de constater que nous avons une agriculture prospère mais nous sommes incapables de transformer les produits agricoles et de les exporter en tant que biens finis. Dans le secteur secondaire, la plupart des biens manufacturés et de consommation de masse (téléphones, ordinateurs, téléphones portables et autres) viennent de l’étranger. Concernant les services, la France a encore un rôle à jouer (services bancaires et autres), mais jusqu’à quand ? On parle de réindustrialiser la France. Beau projet, mais dans quels secteurs ? Avec quels produits innovants ? Faut-il continuer à fabriquer des produits à rentabilité déjà éprouvée ?
2. La compétitivité. De quelle compétitivité parle le Président ? D’une compétitivité structurelle, d’une compétitivité prix ou des deux à la fois ? Il faut donc promouvoir une réflexion qui ne soit pas que politique mais fasse aussi appel à la réforme du système fiscal. Le gouvernement est-il prêt au mois de janvier au cours de la conférence sur l’emploi à obliger les partenaires sociaux à prendre des mesures claires sur la flexibilité, sur les contrats d’entreprises, sur la nécessité pour les salariés français de réduire leurs salaires pour s’adapter à la compétition internationale ?
3. La ré-industrialisation de la France.Tout le monde en parle, du défunt Georges Marchais hier (années 70) ancien Secrétaire général du Parti communiste en passant par Bayrou, Hollande et lui-même Sarkozy. Comment réindustrialiser la France ? Avec quels types d’industries, inter ou intra européennes ? Avec quels types de règlementations et quels types de politique industrielle claire pour que les grandes mais surtout les petites et moyennes entreprises trouvent leur place car ce sont elles qui sont encore les plus pourvoyeuses d’emplois dans une France dépressive et qui doute d’elle-même ?
ll Il ne faut désespérer du Sarkozysme qui a encore de nombreuses cartes en main, comme l'incapacité de Hollande à occuper une posture présidentielle (ce que répètent ses amis socialistes), la durabilité de la crise économique, la capacité du Président tel un boxeur de décocher la droite suffisante au menton de la gauche.
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