Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
18 décembre 2014 4 18 /12 /décembre /2014 20:49

http://fr.blastingnews.com/societe/2014/12/inauguration-du-musee-de-l-histoire-de-l-immigration-par-francois-hollande-00208175.html

 

 

Quels sont les enjeux de l'histoire de l'immigration pour la France de demain?

 

 

Voulu par Chirac, inauguré par Hollande, le Musée de l'Histoire de l'Immigration est un problème pour notre société. L'immigration en France, comme le dit Benjamin Stora est relativement récente. Elle remonte au 20ème siècle, après la Première Guerre Mondiale 14/18, mais surtout après celle de 39/45 et dans les années 70. Dans les deux premiers cas, cette immigration s'est faite dans une France en reconstruction qui a accueilli des Polonais, des Italiens, des Arméniens. Dans les années 70, ce fut l'immigration venant du Sud de la Méditerranée et de l'Asie. Toutes ces immigrations ont été favorisées par les pouvoirs publics français pour répondre au problème de déficit de la natalité après la seconde guerre et pour contribuer à la reconstruction et à la modernisation des infrastructures françaises. Dans le cas de l'immigration venant du Sud de la Méditerranée et de l'Asie, il fallait répondre à un problème humanitaire et contribuer au regroupement familial dans le cas de l'immigration venant du Maghreb et de l'Afrique subsaharienne.

 

 

L'immigration en France n'a pas posé de gros problèmes. Il y eut des tensions pendant la guerre d'Algérie, mais on peut noter que la France qui n'a pas une tradition d'immigration et n'est pas une terre d'immigration à la différence des Etats-Unis, a plus ou moins bien réglé la présence des immigrés en permettant leur intégration grâce au droit du sol qui s'oppose à celui du sang. Cette notion du droit du sol a été remise en cause par les décrets Pasqua en 1993.

 

 

Tout le monde devait être content, or ce n'est pas le cas. L'immigration en France fait l'objet d'instrumentalisation politique. Deux camps s'opposent : le FN qui estime que l'immigration est la source de tous les maux, et les partis pour lesquels l'immigration doit être analysée de façon responsable car les faits sont avérés : un quart des Français ont un ascendant d'origine immigrée. Il ne faut pas confondre immigré et étranger. On peut être français et immigré parce que né à l'extérieur, étranger parce que l'on ne possède pas la nationalité française ou encore étranger sans être immigré parce que né récemment en France de parents étrangers et pouvant alors demander la nationalité française à sa majorité. On remarque ainsi que les partis politiques ne remplissent pas leur mission d'explications permettant de clarifier le débat autour de l'immigration.

 

 

Le Président Mitterrand a ouvert en 1981 le débat sur l'utilité citoyenne des immigrés en proposant leur participation aux élections locales. Depuis 1981, ce débat est porté par la Gauche. C'était une promesse de Hollande, mais aujourd'hui les sondages montrent que 61-64% des Français estiment que les étrangers immigrés ne doivent pas voter. Les immigrés ne doivent être tenus pour les boucs émissaires d'une mauvaise analyse et conduite des politiques publiques par les responsables: toutes les statistiques et études ont montré que les immigrés occupent des tâches subalternes, or la concurrence internationale détruit des emplois de cadres moyens et supérieurs pour lesquels on trouve une présence faible d'immigrés.

 

 

La France se trouve aujourd'hui au milieu du gué. Comment concilier ses attaches humanistes des droits de l'homme marquées par le droit d'asile, l'accueil des immigrés économiques performants et l'intégration des nombreuses populations immigrées ou étrangères vivant sur son sol?

 

 

De nombreuses lois visant à intégrer les populations étrangères et immigrés ont été adoptées mais elles n'empêchent pas les discriminations en direction de ces populations. Que devient l'égalité des chances? Comment articuler égalité, fraternité et liberté pour que cette devise de la République ne soit plus un simple protocole de discours électoral? Des politiques ont été menées dans les quartiers populaires défavorisés qui concentrent les populations immigrées étrangères mais ces politiques restent insuffisantes et on peut se demander si l'immigration est encore un sujet de préoccupation réel pour les partis politiques.

 

 

 

Partager cet article

Published by Lucien Pambou
commenter cet article
14 décembre 2014 7 14 /12 /décembre /2014 19:05

http://fr.blastingnews.com/politique/2014/12/nicolas-sarkozy-et-la-creation-d-un-vaste-mouvement-le-rassemblement-00201893.html

 

Nicolas Sarkozy s'apprête à créer un mouvement politique qui rassemble tous les citoyens de la République.

 

Sarkozy, élu à l'UMP, s'apprête dire à la France entière qu'il est le père d'un nouveau né: le Rassemblement. C'est un vaste mouvement à venir, républicain forcément, dont l'objectif est de faire disparaître l'UMP. En faisant émerger une nouvelle doctrine et une nouvelle stratégie politique, ce mouvement fera-t-il exister des hommes et des femmes « nouveaux » avec une autre façon de faire de la politique dans l'espace français?

 

Le nouvel organigramme de l'UMP compte 22 sarkozystes sur 28 membres. Morano, Dati, voire Guéant, montrent leur agacement et ne comprennent pas le grand écart réalisé par Sarkozy en nommant Kosciusko-Morizet à la Vice-présidence et Wauquiez au Secrétariat général. Dati demande à Sarkozy de clarifier sa position. Je rassure Nadine Morano : la ligne stratégique de Sarkozy n'adviendra jamais car il est obligé pour des raisons d'équilibres politico-stratégiques au sein de l'ancienne UMP de donner à boire et à manger à tous les courants formés par les juppéistes, les sarkoszystes, les fillonistes et les copéistes. Une fois les troupes calmées et rassurées, il pourra faire émerger le vaste mouvement qu'il appelle de ses vœux : le Rassemblement, mouvement républicain fondé sur la citoyenneté dont la légitimité de base sera le peuple français.

 

Sarkozy veut organiser des référendums d'initiative populaire pour chaque sujet important et construire un mouvement qui s'étendra des droites bonapartistes et orléanistes jusqu'au centre-droit utile (celui de l'UDI). Il ne désespère pas de demander aux électeurs du Modem de se désolidariser de François Bayrou. La même adresse sera faite aux socialistes déçus (il y a bien eu en 2007 une Gauche moderne) et aux militants FN. Certains électeurs du FN ne sont que des communistes, des socialistes et des UMP déçus qui ont rejoint Marine le Pen par défaut.

 

En créant le Rassemblement, Sarkozy fait un autre calcul : réduire l'espace de Juppé et de Fillon lors de la primaire de l'UMP, amadouer l'UDI de Lagarde et créer les conditions d'une victoire au forceps pour être sûr d'être au deuxième tour en 2017 face à Marine Le Pen. Sarkozy fait un calcul simple et qui peut être gagnant : les erreurs tactiques de Hollande entre 2012 et 2017 et la montée en puissance du front du refus au Parti Socialiste (que Martine Aubry accompagne avec joie). Sarkozy part du principe que le candidat de gauche, quel qu'il soit, sera éliminé car le peuple de France a besoin de changement. Dans cette perspective, Juppé peut encore jouer sa carte, encore faut-il qu'il sache manœuvrer en prenant pour témoins les peuples de droite, du centre et de gauche qui estiment que Sarkozy a fait son temps. Il reste à Juppé à construire une organisation et une stratégie, même sans parti contrairement à Sarkozy soutenu par l'UMP.

 

Juppé doit se faire apprécier. Il a réussi une émission remarquable sur France 2, mais « une hirondelle ne fait pas le printemps ». Il lui reste à organiser ses relations avec Sarkozy, tout en jouant la carte de la complémentarité (car ils puisent tous les deux dans le même électorat) et celle de la différenciation car il est différent de Sarkozy, tant sur la ligne politique, que sur la manière de gouverner la France.

 

Le Rassemblement est donc ce nouveau parti à venir. Les militants sont globalement d'accord avec ce changement de nom et de logo, mais des réticences au niveau de certains cadres de l'UMP apparaissent, et, comme toujours, sous le sceau de l'anonymat. Sarkozy va-t-il aller jusqu'au bout de son rêve en faisant disparaitre l'UMP au profit du Rassemblement républicain L'UDI acceptera-t-elle de se dissoudre dans ce nouveau mouvement ? Créer le Rassemblement oui, mais avec qui ? Avec quelle doctrine ? Avec quelle ligne politique claire ? Pour quel mandat de gouvernance pour après l'élection présidentielle de 2017 ?

 

 

Partager cet article

Published by Lucien Pambou
commenter cet article
10 décembre 2014 3 10 /12 /décembre /2014 18:19

Serge Lazarevic libéré : militant UMP, je remercie Hollande. La méthode Sarko est dépassée

 
 
 

LE PLUS. Serge Lazarevic de retour sur le territoire français. Dernier otage français détenu dans le monde, il a été libéré mardi au Sahel après trois ans de détention par le groupe Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi). Lucien Pambou, militant UMP, salue la méthode de François Hollande dans ce domaine.

Édité par Rozenn Le Carboulec  Auteur parrainé par Maxime Bellec

François Hollande et Jean-Yves Le Drian le 9 décembre 2014 à Paris (I.LANGSDON/SIPA)

 

Comme tout le monde le sait, je suis de l’UMP et je le dis haut et fort pour que cela se sache. Mais je remercie François Hollande, notre président, d’avoir initié une méthode qui lui a permis en moins de cinq ans de ramener tous les otages français à la maison, même si Monsieur Philippe Verdon a été assassiné.

 

Disons-le de façon claire et forte : et il faut que le Parti socialiste, qui est souvent dépassé sur les problèmes nationaux et internationaux, le revendique et le dise.

 

La méthode Hollande a montré son efficacité

 

Il y a une méthode Hollande fondée sur la discussion, la discrétion et le contact direct avec les Chefs d’État africains pour les otages qui ont été détenus dans la bande sahélo-saharienne, au Cameroun et ceux qui l’ont été en Syrie.

 

C’est une méthode artisanale, sans tapage, sans effet de manche et sans bruit, qui permet à l’État français de récupérer ses otages. 

 

La libération des otages montre que François Hollande, tout en décriant les méthodes de la Françafrique, les utilise intelligemment en essayant de s’adresser directement aux différents présidents concernés comme Paul Biya du Cameroun ou Mahamadou Issoufou du Niger.

 

Cette méthode pragmatique a montré son efficacité car les otages ont été libérés.

 

Versement d'une rançon ou non ? Ce n'est pas un problème

 

Il y a un faux débat, comme toujours en France, pour savoir si la France a payé ou non une rançon. Pour ma part, ce type de faux débat ne doit pas exister.

 

Je prends position : l’idée que la France ait versé une rançon ne me déplaît pas du tout. La vie d’un otage, donc de notre compatriote, est supérieure à quelques millions d’euros. On peut me dire tout ce que l’on veut mais on ne me fera pas croire que les États-Unis ne font pas la même chose, malgré leurs grands discours de gardiens du temple et de chevaliers de la lutte contre le terrorisme mondial. Tous les pays versent une rançon, mais tous les pays mentent en disant qu’ils ne le font pas.

 

Que la France ait versé une rançon n’est pas, de mon point de vue, un problème.

 

Hollande maîtrise les nouveaux enjeux géopolitiques

 

Il faut que nos compatriotes sortent du microcosme français et regardent le monde avec les yeux de la nouvelle géopolitique des territoires, des alliances, des coalitions qui se met progressivement en place. Nous devons, nous Français, rester attentifs à la nouvelle géopolitique du monde et accompagner celle-ci en gardant notre spécificité.

 

On attendait la Chine comme première puissance économique du monde dans un délai de 10 ans. Patatras, le volume des échanges de la Chine fait d’elle la première puissance aujourd’hui devant les États-Unis. Ce détour par la Chine est intéressant pour comprendre que le monde change.

 

François Hollande l'a compris et qui se structure autour des pays, des territoires, des individus, ce qui induit des méthodes nouvelles en matière de négociation, tant sur les plans politique, économique et financier que sur celui de la liberté concernant les otages français.

 

La discrétion de Hollande vs le tapage de Sarkozy

 

François Hollande a réussi à libérer Serge Lazarevic alors que le président Sarkozy s’y était essayé et qu’il n’a jamais réussi à le faire. Le militant UMP que je suis reconnaît l’efficacité de la méthode Hollande, plus fondée sur la discrétion que le tambourinage permanent du président Sarkozy. On est en face de deux façons de faire. L'une fonctionne, l'autre non.

 

Le président Hollande réussit nettement mieux que ses prédécesseurs en matière de libération d’otages. J’espère que la France lui sera reconnaissante.

 

Le Parti socialiste, plutôt que de passer son temps à se plaindre du virage social-libéral (ce qui de mon point de vue est une très bonne chose pour la France du XXIe siècle) du président, devrait valoriser au contraire sa méthode à l’international pour et au nom de la France.

 

François Hollande prend des initiatives fortes et pas simplement dans le domaine des otages : les Indiens vont peut-être nous acheter le Rafale qui ne trouve pas preneur depuis 28 ans, la France est de tous les sommets mondiaux, mais les Français, pas trop instruits de la géopolitique mondiale, préfèrent regarder le sommet de la Tour Eiffel au lieu de voir le monde qui change autour d’eux.

 

Bravo pour cette victoire, Monsieur le président !

 

Je ne suis pas devenu "hollandais", mais comme d’habitude j’ai une méthode d’analyse intellectuelle et de reconnaissance du mérite d’un adversaire politique, qui demeure avant tout le président de mon pays.

 

Monsieur Hollande, bravo pour votre méthode énergique en ce qui concerne la libération de nos compatriotes. En dépit des difficultés que vous rencontrez pour convaincre les Français au plan interne à cause des écologistes dans les deux premières années de votre mandat, mais aussi par vos hésitations intellectualo-pragmatiques pour amorcer le virage social-libéral actuel que d’autres qualifient comme social-démocrate, vous avez initié une méthode qui doit faire l’objet de débats pour les géopoliticiens, les historiens et autres analystes des institutions politiques de notre pays.

 

Vous avez su utiliser la Françafrique de façon méthodique pour le bénéfice de la libération de nos compatriotes, mais vous savez aussi jouer à l’international des contradictions entre les territoires et leurs représentants. La libération de Serge Lazarevic est une marque de votre talent dans ce domaine.

Partager cet article

Published by Lucien Pambou
commenter cet article
6 décembre 2014 6 06 /12 /décembre /2014 07:45

http://leplus.nouvelobs.com/contribution/1285052-a-l-ump-sarkozy-choisit-la-synthese-de-nkm-a-wauquiez-les-ennuis-ne-font-que-commencer.html

 

À l'UMP, Sarkozy choisit la synthèse : de NKM à Wauquiez, les ennuis ne font que commencer

 

Temps de lecture Temps de lecture : 4 minutes

LE PLUS. Une synthèse des opinions. Cette semaine, après sa victoire à la présidence de l'UMP, Sarkozy a constitué son équipe. Les différentes influences présentes dans le parti d'opposition y sont bien représentées. Est-ce une bonne stratégie ? Ne risque-t-elle pas de créer des divergences ? L'analyse de Lucien Pambou, ancien conseiller UMP.

Édité par Mathilde Fenestraz  Auteur parrainé par Maxime Bellec

 Nathalie Kosciusko-Morizet a été nommé numéro deux de l'UMP par Nicolas Sarkozy. (T. SAMSON/AFP).


Nicolas Sarkozy est de retour, il le montre et le démontre aux militants et à la France entière.

 

Après son élection, somme toute confortable (65% des votes exprimés devant Bruno Le Maire 29%), Nicolas Sarkozy est à la manœuvre qui lui permet de mêler stratégie politique et opération de séduction en direction des militants. Quelle est la nature de la stratégie politique que Nicolas Sarkozy compte mettre en place pour gagner la primaire (s’il y en a une) et éventuellement redevenir président de la République en 2017 ?

Une synthèse hollandaise à l'UMP

 

Paradoxalement, Nicolas Sarkozy agit comme Hollande dans la combinaison des contraires que le président de la République a toujours choisi quand il était premier secrétaire du PS. On a appelé cela la "synthèse hollandaise". Sarkozy, qui a toujours critiqué Hollande, adopte assez bizarrement sa stratégie en mettant ensemble les contraires : un Wauquiez au secrétariat général et une Nathalie Kosciusko-Morizet à la vice-présidence.

Sommes-nous dans une situation de mariage de l’eau et du feu ? L’avenir nous le dira.

 Crédit Philippe Puiseux.

 

Le choix de Sarkozy est un choix hybride qui risque de faire tanguer le bateau UMP, avant même que l’UMP disparaisse et laisse la place à un nouveau mouvement. Kosciusko-Morizet et Wauquiez ne s’entendent pas car ils ne sont pas sur la même ligne politique.

 

Kosciusko-Morizet est une centre-droite modérée, écolo compatible, alors que Wauquiez, dont on pensait qu’il était humaniste après avoir succédé au défunt Jacques Barrot, s’est droitisé pendant la campagne de Sarkozy pour tailler des croupières à Geoffroy Didier et Guillaume Pelletier qui sont eux les fondateurs de la droite forte pendant l’ère Copé.

 

Wauquiez a réussi son coup, mais une bataille longue se met en place entre lui et Nathalie Kosciusko-Morizet.

 

Sarkozy n'est pas au bout de ses surprises

 

Décidément l’UMP, mon parti, est toujours étonnante.

 

Après la synthèse plus ou moins réussie entre Bonapartistes et Orléanistes, l’UMP est confrontée à des contraintes fortes qui ont pour nom : finances, ligne politique, stratégie, alliance avec l’UDI et peut-être demain avec le MoDem, même si pour l’instant Sarkozy souhaite marginaliser Bayrou dans la recomposition de la droite et du centre.

 

Nicolas Sarkozy n’est pas au bout de ses difficultés et de ses surprises.

 

Raffarin, ancien Premier ministre qui avait bataillé pour son retour aux affaires, vient de choisir la ligne Juppé qu’il juge plus compatible avec le centre qui va jusqu’à Bayrou. Ce choix va compliquer la décision de Sarkozy de construire un vaste mouvement ouvert de la droite vers le centre-droit, alors que, pour Juppé, il faut organiser une nouvelle ligne qui embrasse toute la société française en marginalisant le Front national en tant que parti politique.

 

Les électeurs du Front National sont les bienvenus, même si, sur cette question, Juppé essaie de s’expliquer, comme il peut, en montrant que le Front national n’appartient pas à son ADN politique.

 

Le comité des sages comportant les différents Premiers ministres voulue par Sarkozy est mort-née. Il faut réfléchir à une autre stratégie qui viserait à la marginalisation de Fillon, de Juppé d’ici à l’élection présidentielle de 2017.

 

Sarkozy entend imposer sa ligne

 

Nicolas Sarkozy a demandé à Thierry Solère, soutien de Bruno Le Maire, de réfléchir à l’organisation de primaires ouvertes à droite.

 

Le problème est que Sarkozy, tout en pensant primaires ouvertes, choisit sans le dire la fermeture de celles-ci et il peut invoquer en 2016 la difficulté éventuelle de les organiser, à cause des militants UMP qui ne souhaiteraient pas que Bayrou y participe.

 

Pour les militants appartenant au noyau dur de l’UMP, la participation de Bayrou à des primaires de la droite et du centre est considérée comme un casus belli. Sarkozy pourra s’appuyer sur la démocratie du parti pour ne pas organiser les primaires et pour marginaliser de ce fait Juppé et Fillon.

 

Nous ne sommes qu’au début de graves turbulences au sein de l’UMP, alors que le retour de Sarkozy aux affaires s’est traduit par un ballet époustouflant d’embrassades, d’accolades, de joies. Voilà pour la forme. Le fond est beaucoup plus compliqué et plus subtil. Nicolas Sarkozy revient en tant que patron de l’UMP et il entend imposer sa ligne politique malgré les 30% de Bruno Le Maire.

Sa stratégie reste floue

 

Il reste un problème qui peut entraîner une guerre de tranchée entre les différentes composantes de l’UMP : la problématique du changement de nom et donc de sigle du parti créé par Jacques Chirac et Alain Juppé. Si Sarkozy arrive à imposer ce changement de nom et de sigle, ce sera le début de sa victoire et de sa marche triomphale vers l’Élysée.

 

Sarkozy fait un pari à haut risque (car il adore les paris) : être dans la Ve République le tout premier président qui, après avoir gouverné et s’être fait battre au nom de l’alternance, reviendrait aux affaires en montrant aux Français qu’il est un "génie politique" digne de figurer dans les livres d’histoire et les annales institutionnelles de la République française.

 

Pour l’instant la stratégie de Nicolas Sarkozy reste floue, les nominations aux différents postes de certains membres de l’UMP ne suffisent pas à décrire la portée d’un message politique éventuel.

 

La route est longue jusqu’en 2017, il reste à Sarkozy de composer avec des espaces marqués par des contraires fortement installés en termes d’hommes, de femmes, de lignes et de stratégies politiques.

 

Partager cet article

Published by Lucien Pambou
commenter cet article
3 décembre 2014 3 03 /12 /décembre /2014 22:05

La nouvelle secrétaire générale de la Francophonie est déjà contestée

-

La gestion de l'Organisation internationale de la Francophonie s'annonce difficile.

Le 15ième Sommet de la Francophonie s'est tenu à Dakar du 29 au 30 novembre 2014 et a désigné Madame Michaelle Jean, Haïtienne d'origine, comme nouvelle Secrétaire Générale de l'Organisation.

C'est un évènement majeur en Francophonie, car, pour la première fois, c'est une femme, noire, non africaine qui prend les rennes de l'Organisation. L'élection de Michaelle Jean ne s'est pas faite de façon heureuse car sa désignation a été l'objet de nombreuses tractations. La désignation de Michaelle Jean a été rendue possible parce que la France a pesé de tout son poids. Au nom d'un consensus introuvable parmi les pays africains, la France a poussé au maximum sa candidate favorite. Il se dit ici ou là que certains chefs d'Etat, de la Côte d'Ivoire ou du Congo, auraient montré leurs désaccords en partant rapidement de la réunion.

Depuis la création de l'OIF, la coutume a toujours voulu que le poste soit occupé par un Africain. Or, force est de constater que ce n'est plus le cas. Sans contester les qualités intellectuelles réelles de Michaelle Jean, on peut néanmoins constater que c'est une petite victoire du Commonwealth en francophonie dans la mesure où Madame Jean a été Gouverneure du Canada au nom de la Reine. Cela passe mal auprès des candidats malheureux qui estiment que la France a lâché l'Afrique et qu'elle aurait trahi un pacte non écrit faisant du Secrétaire Général de la Francophonie une chasse gardée subsaharienne. Il me semble que la plupart des chefs d'Etat africains ne maitrisent pas toujours les subtilités des relations internationales dans lesquelles les alliances ou les accords d'hier ne sont plus forcément ceux d'aujourd'hui.

La France a volontairement laissé ce poste échapper à l'Afrique. Paradoxalement, le Président François Hollande, au nom d'une francophonie politique, continue à donner des leçons aux Africains sur leur sol, tout en menaçant les Etats qui ne respecteraient les règles constitutionnelles en matière d'alternance politique.

La désignation de Madame Jean s'est faite dans une cacophonie politique qui va forcément laisser des traces. Quelle va être sa capacité à peser de tout son poids lors des médiations politiques ? Sa connaissance du monde africain avec ses réalités subjectives et objectives est-elle suffisante pour faire exister l'organisation et contraindre certains pays africains à accepter l'offre politique de l'OIF lors d'élections ou dans le cas de la résolution des crises politiques ? Madame Michaelle Jean a sûrement un carnet d'adresses important. Celui-ci sera-il suffisant pour faire exister l'organisation dans l'espace francophone et vis à vis des autres organisations internationales ?

La victoire de Michaelle Jean est aussi une victoire de l'usage de la langue française dans les instances internationales, notamment à l'organisation des Etats américains. Mais pour certains Africains, cette élection risque de laisser des séquelles car il y a beaucoup de frustrés parmi les candidats. Madame Michaelle Jean, l'heureuse élue, dit qu'elle se met à la disposition de l'organisation pour faire triompher le volet économique de la francophonie. Et si Michaelle Jean se trompait de cible ? Malgré l'objectif salutaire d'une mise en oeuvre d'une francophonie économique, les rapports au sein de la francophonie sont d'abord politiques et symbolisent cette Françafrique qui a du mal à disparaitre pour faire place nette à des relations de partenariat équitables entre la France et les pays africains francophones.

Michaelle Jean doit développer la coopération au service du développement durable et de la solidarité. C'est une mission nouvelle pour elle, car la plupart des pays membres de la zone francophone ne sont pas toujours enclins à travailler ensemble et préfèrent travailler de façon bilatérale avec l'Occident. Il faut souhaiter une bonne dose de chance et surtout d'énergie à la nouvelle Secrétaire de l'OIF pour faire la promotion de l'espace francophone dans le processus permanent de la mondialisation.

 

http://fr.blastingnews.com/actualites/2014/12/la-nouvelle-secretaire-generale-de-la-francophonie-est-deja-contestee-00190961.html

 

 

Partager cet article

Published by Lucien Pambou
commenter cet article
27 novembre 2014 4 27 /11 /novembre /2014 10:00

 

http://fr.blastingnews.com/actualites/2014/11/face-a-la-suisse-le-coq-gaulois-ne-chantera-plus-00181985.html

 

Face à la Suisse le coq gaulois ne chantera plus

-

La France a perdu face à un petit pays qui possède des joueurs de talent.

Nous avions le choix des armes en matière de terrain, de lieu et le public a répondu présent. On savait Federer diminué et nous avons, comme toujours, pensé que c'était là une occasion en or pour l'équipe de France de gagner. La victoire de Monfils en trois sets contre le maître Federer nous a réconforté et a fait de notre pays le vainqueur putatif du dimanche 23 novembre 2014.

Patatras, nous avons perdu et nous reconnaissons notre défaite qui est surtout la victoire d'un stratège et d'un joueur habile et fort : Federer, un homme délicieux, courtois, quoiqu'en disent ses contempteurs. Federer vénéré, Federer jalousé, Federer haï, mais Federer glorifié. Il était blessé, la victoire de Gaël a confirmé les faits, compte-tenu de son comportement sur le terrain. En double Federer est redevenu Federer et en simple il a exécuté Gasquet. Il a manqué à l'équipe de France un leader et on nous explique que le leader Tsonga est arrivé à Lille avec une douleur au bras. Bigre.

Nos Français sont passés complètement à côté d'une finale que tout le peuple français attendait. Monfils dit qu'il est déçu. Ce n'est quand même pas suffisant comme explication. Et comme d'habitude, on a voulu, avant le match, opposer le numéro 2, Federer, et le numéro 4, Stan Wawrinka. Les raisons de la défaite de notre équipe sont à rechercher dans ce que nous sommes. Nous ne sommes pas un pays pour lequel le sport est un acte fondateur de cohésion sociale. Nous faisons du sport, nous avons des élites sportives de très haut niveau par mimétisme et par adaptation aux contraintes de la réalité sportive. Nous avons des sportifs de très haut niveau dans tous les domaines. Les larmes de Federer sont absolument sublimes et fortes. A 33 ans, le papy Federer a montré qu'il y avait un très écart de jeu entre la Suisse et la France. Il y a dans l'équipe de France des joueurs limités techniquement, mais on nous fait croire qu'ils sont bons alors qu'ils ne le sont pas. Il faut rebâtir l'équipe de France, il faut que cette équipe qui a perdu se remette en cause même si les joueurs vieillissent. La défaite est sévère.

Concernant cette Coupe Davis, il faut quand même rappeler que nous avons vendu la peau de l'ours avant de l'avoir tué. Le choix des armes (terrain, lieu) a pu faire croire que nous avions déjà gagné la Coupe Davis avant de l'avoir jouée. Il y a eu de l'intox dans les deux camps avant le match et les médias de notre pays ont fait croire que c'était déjà fait avant de livrer bataille. Nous sommes ainsi faits, Français que nous sommes, gouailleurs et bavards avant les combats. Nous manquons d'humilité, nous nous auto-célébrons, nous avons des capacités réelles mais nous ne savons pas méthodiquement les organiser. C'est vrai dans le tennis, mais c'est aussi vrai dans d'autres domaines, économiques pour ne pas les citer.

Il faut reconnaitre et le dire définitivement : Tsonga est psychologiquement faible malgré ses grandes qualités physiques. Gaël Monfils est un guerrier, mais un guerrier du moment, c'est-à-dire limité. Gasquet est un joueur normal.

Je ne suis pas en train de charger nos idoles tennistiques, mais j'essaie de comprendre pourquoi, depuis Yannick Noah, aucun joueur français n'a pas réussi à remporter Roland Garros. La génération Tsonga, Monfils va partir, une autre génération tennistique va arriver. Il faut construire autour de celle-ci de façon méthodique et stratégique. Il ne s'agit pas simplement de jouer au tennis mais de gagner. Nos joueurs français se contentent de reprendre la célèbre phrase de Coubertin « L'essentiel est de participer » alors que la réalité de la concurrence sportive nécessite la victoire afin d'être porté au Panthéon des sportifs idolâtrés. Il faut savoir ce que l'on veut dans notre pays : soit on considère que le sport est un bienfait pour l'esprit et le physique, dont acte, soit on estime qu'il faut créer les conditions maximales pour que nos jeunes soient les meilleurs. Il y a une espèce de contradiction entre le discours sur le sport, la pratique de celui-ci et les résultats obtenus.

L'équipe de France de Coupe Davis a perdu parce qu'elle n'était pas au niveau. Ne nous voilons pas la face. Roger Federer, qui a tout gagné depuis ce soir, aurait pu dire à tous et à toutes qu'il arrêtait sa carrière, il continue. Noah, après avoir gagné Roland Garros et être classé 3ième au classement mondial des joueurs professionnels de tennis, a rapidement quitté les courts pour faire la musique. Federer, lui, est toujours là et en tant que vieux taulier il montre l'exemple et, comme toujours en France, nous sommes friands de petites histoires : des journaux ont essayé d'opposer Stan Wawrinka à Roger Federer. Nous, Français, sommes ainsi faits, incapables sur les courts de tennis, mais meilleurs dans la critique et dans le recherche de la petite bête dans le sens le plus vulgaire. Nous sommes bavards, c'est une qualité pernicieuse qui ne nous permet pas d'être efficace sur le terrain.

La Suisse, petit pays, n'a rien e à envier à la France qui a déjà gagné 9 fois la Coupe Davis. Comme le dit Stan Wawrinka, les Français ont trop parlé avant la finale alors qu'eux se préparaient méthodiquement sur les courts. Le résultat est implacable : la raquette suisse a parlé sur le terrain avec une victoire sans appel (3 contre 1 en faveur de la Suisse) alors que la raquette française continue de parler mais en se plaignant et en essayant de trouver des raisons heureuses à la défaite du clan français.

Une chose est sûre après cette défaite du clan français, et cela dans tous les domaines de notre société : soyons moins bavards, travaillons plus efficacement et de manière humble. Une fois les résultats obtenus, nous pouvons retrouver ce qui nous caractérise le mieux : le chant du coq gaulois.

Partager cet article

Published by Lucien Pambou
commenter cet article
17 novembre 2014 1 17 /11 /novembre /2014 19:45

 

 

Temps de lecture Temps de lecture : 3 minutes
 
 

LE PLUS. Nicolas Sarkozy ne se cache plus. Samedi 15 novembre, l'ex-président s'est déclaré pour la première fois pour l'abrogation de la loi Taubira ouvrant le mariage aux personnes de même sexe. Une prise de position qui est loin de faire l'unanimité dans son propre camp. Lucien Pambou, militant UMP, déplore un comportement indigne d'un politique de ce rang.

Édité par Sébastien Billard  Auteur parrainé par Maxime Bellec

Nicolas Sarkozy lors du meeting de Sens Commun, le 15 novembre 2014 (D. FAGET/AFP).

 

 

Depuis 2008, j’ai toujours affiché sur Le Plus un certain sarkozysme. Mais aujourd'hui, pour la première fois, je me pose de sérieuses questions : faut-il continuer à voter pour un homme qui est incapable de résister à la pression d'une salle et qui est contraint de revoir sa structure de pensée ?

 

Je reste abasourdi par les propos qu'il a tenus samedi, à propos du mariage pour tous, au cours d’une réunion devant les militants du "Sens commun" dans une salle chauffée à blanc d'Aulnay-sous-bois.

 

Incapable de résister à la pression d'une salle

 

Sarkozy a dit qu’il fallait une réécriture de la loi, donc on peut penser une refondation de celle-ci sous de nouvelles formes. Sous la pression de la salle, il a mis sur le même niveau de signification réécriture et abrogation en disant que cela aboutit au même résultat.

 

Dans le même temps, il a fini par dire qu’il était en faveur d’un mariage pour les homosexuels, distinct de celui pour les hétérosexuels, sans dpréciser réellement les modalités et les conventions de ce nouveau mariage hétérosexuel.

 

À juste titre, ses adversaires à la présidence de l'UMP n'ont pas manqué l'occasion de souligner son incohérence. Bruno Le Maire évoque une proposition floue. Hervé Mariton parle d'une manœuvre électorale qui consiste à ramener auprès de Nicolas Sarkozy les militants de Sens Commun, proches de la droite catholique et intégriste.

 

La proposition de Sarkozy me laisse perplexe et me déçoit. Dois-je vraiment voter pour Nicolas Sarkozy à la présidence de l’UMP ?

 

Je le dis en mon âme et conscience car, modestement sur ces pages du Plus, j’ai toujours dit que l’on pouvait aimer sa famille politique mais ne pas hésiter à la critiquer au nom de ce que j’appelle la sauvegarde des valeurs consensuelles de la République. C’est ce que je fais ici et maintenant.

 

Un comportement indigne d'un chef d'État

 

Je suis hétérosexuel. Mais le mariage pour tous est pour moi un principe fondamental, qui obéit parfaitement à notre devise nationale qui encourage à plus de liberté, d’égalité et de fraternité.

 

Lors d’âpres débats à l’Assemblée nationale, Christiane Taubira, ministre de la Justice, citoyenne, femme, noire, a montré ses talents d’oratrice et une parfaite maîtrise du dossier. Les attaques qu'elle a subies, venant de la droite et de l’extrême droite, étaient inadmissibles, indignes. Ces attaques sous-entendaient notamment qu'une femme ministre de la Justice, noire de surcroît, ne pouvait avoir la maîtrise de la langue de Voltaire sans accent et sans aspérité. Voilà la République dans laquelle nous vivons encore aujourd'hui. Voilà pourquoi aussi Nicolas Sarkozy a tort de rouvrir un débat qui a souvent dérapé.

 

Le président Mitterrand en son temps a aboli la peine de mort alors qu'une grande majorité de Français voulaient son maintien. Voilà pour moi ce qu'est un véritable chef d’État. Nicolas Sarkozy devrait méditer l’exemple de François Mitterrand. 

 

Les militants de Sens commun l’ont obligé à sortir du bois et il est obligé d’adopter quelques fois des solutions d’esbroufe. Cela n'est le comportement que l'on attend d’un homme d’État qui souhaite revenir au premier plan.

 

Du populisme de bas étage

 

Sarkozy est, selon certains commentateurs de la vie politique, un homme que ne s’intéresse qu’à lui-même. Il n’aurait donc pas de colonne vertébrale idéologique claire. C’est un attrape et ramasse-tout. Je finis par donner raison à ses commentateurs. Sarkozy se laisse trop emporter par les hourras de la foule et finit par donner beaucoup de crédit à ce que la foule demande. C’est du populisme de bas étage.

 

Ses déclarations ne font qu’ajouter à la confusion stratégique de son positionnement sur cette question, alors que l’on sait très bien que s'il devenait président de la République en 2017, il ne pourra remettre en question de façon fondamentale la loi Taubira.

 

Que dirait-il des homosexuels qui se seraient mariés avant 2017 ? Devrait-il les considérer comme des "illégaux" ? Tout ceci n’est pas très sérieux. Je demande au candidat Nicolas Sarkozy d’être plus explicite sur cette question avant le vote du 29 novembre pour la présidence de l’UMP.

 

 

Partager cet article

Published by Lucien Pambou
commenter cet article
14 novembre 2014 5 14 /11 /novembre /2014 23:53

Partager cet article

Published by Lucien Pambou
commenter cet article
14 novembre 2014 5 14 /11 /novembre /2014 23:47

http://fr.blastingnews.com/actualites/2014/11/stop-a-l-affaire-jouyet-fillon-passons-aux-vraies-choses-pour-la-france-00172353.html

 

Partager cet article

Published by Lucien Pambou
commenter cet article
1 novembre 2014 6 01 /11 /novembre /2014 15:47

 

Tout les rapproche et tout les sépare. Ils se connaissent depuis 40 ans, ils ont 10 ans de différence d’âge, ils appartiennent au même parti, le RPR devenu UMP, ils ont appris à se supporter sans s’aimer réellement, nécessité politique oblige. Au niveau des responsabilités, Sarkozy a décroché le Graal suprême : la Présidence de la République. Juppé a emmagasiné de l’expérience à travers ses différents postes ministériels, dont le premier d’entre eux, à savoir la primature sous le premier mandat de Jacques Chirac.

 

 

Juppé et Sarkozy visent tous les deux 2017. Juppé l’a déclaré, il se tient prêt et il travaille pour atteindre cet objectif, ce qui à l’heur d’agacer Nicolas Sarkozy qui pensait que son retour à la tête de l’UMP lui ouvrirait les portes le plus facilement du monde pour 2017. Sarkozy va emporter la présidence de l’UMP car, stratégiquement, s’ils s’étaient présentés, ni Juppé, ni Fillon n’avaient de chance de gagner. Ils ont préféré intelligemment ne pas être candidat en réservant leur course pour la bataille suprême : l’élection présidentielle de 2017.

 

 

Une fois que cette évidence est mise sur la table, quels sont les atouts de Juppé vis-à-vis de Sarkozy et comment Sarkozy peut-il terrasser son vieil adversaire (vieux par l’âge comme Sarkozy l’avait insinué) ? Comment Sarkozy peut-il réussir ce qu’aucun Président de la 5ième République n’a fait : revenir aux affaires après avoir exercé une première fois la fonction suprême ?

 

 

Sarkozy affirme vouloir tout changer car il dit qu’il a « changé ». Les réformes sarkozystes ont été timides en matière de retraite, de suppression des 35 heures, du refus de supprimer l’ISF. Il nous présente un nouveau catalogue pour 2017 en disant vouloir modifier le statut des fonctionnaires nouvellement recrutés par des CDD de 5 ans dans la fonction publique. Il souhaite que la France expérimente de nombreux champs possibles en matière économique, comme le gaz de schiste. Il plaide pour un rétablissement de la défiscalisation des heures supplémentaires pour redonner du pouvoir d’achat aux Français, il nous promet une société plus innovante, plus transparente, plus apaisée grâce à son nouveau magistère. Et pourtant, on n’est pas obligé de le croire car, comme le disait Pasqua, en politique la parole n’engage que ceux qui la reçoivent et non celui qui la prononce. Pourquoi ne l’a-t-il pas fait de 2007 à 2012 ? Sarkozyste car j’admire l’énergie de l’ancien Président, le militant UMP, que je suis, reste sceptique et attend de voir si le retour de Sarkozy est un retour réel et profond ou la simple écume d’une vague qui risque de se briser sur le récif de la réalité, une réalité marquée aujourd’hui par la difficulté de réformer la société française sur les plans du marché du travail, de la fiscalité, des retraites et sur la nécessaire volonté de construire un projet collectif qui mobilise les Français.

 

 

Sarkozy risque d’être confronté aussi au programme de réformes que propose Juppé. Sans le dire, Juppé a une stratégie politique qui, comme celle de Sarkozy, souhaite le rassemblement des Français. Sarkozy rassemble d’abord son camp et souhaite aller plus loin en faisant disparaitre l’UMP dans un vaste mouvement vers le Centre-droit. Encore faut-il que ce Centre-droit accepte d’être le maroquin d’une droite conservatrice dont le chef s’appellerait Sarkozy. Pour Juppé la bataille contre Sarkozy est engagée. Sans être Président de l’UMP, il sait en tant que « dinosaure » intelligent du parti (il en a été l’un des principaux initiateur-créateur) qu’il existe une partie des militants de l’UMP qui ne sont pas d’accord avec Sarkozy et ses méthodes. Juppé pense que ces mécontents viendront vers lui et qu’il sera toujours temps de trouver un accord de gouvernement éventuel avec d’autres militants de l’UMP que je qualifie de fillonistes. Fillon joue sa partition mais pour l’instant elle reste inaudible.

 

 

La couverture militante de Juppé ne s’arrête pas à l’UMP, elle va du Centre-droit au Centre-gauche grâce à Bayrou qui est tout à fait prêt à renvoyer l’ascenseur à Alain Juppé qui lui a facilité son élection à la mairie de Pau (c’est assez médiocre ce que le PS a fait en présentant un candidat contre Bayrou aux élections législatives). Alain Juppé trouve aussi des électeurs au Parti Socialiste. Ces électeurs, que l’ont peut qualifier de « gaullistes de gauche », existent bel et bien, ont voté pour Sarkozy en 2007 et voteront pour Juppé en 2017 si celui-ci passe le cap de la primaire. D’autres socialistes pur jus, déçus du hollandisme et des turpitudes actuelles entre modernistes et traditionnalistes au sein du PS, voteront pour Alain Juppé sans état d’âme, même si les réformes que proposent Juppé sont difficiles, mais au nom de la France ces électeurs sont prêts à faire un pas vers le « meilleur d’entre nous », comme l’avait en son temps désigné Jacques Chirac.

 

 

Les réformes de Juppé sont clairement identifiées : abandonner les 35 heures par une réforme qui porte sur une réduction du coût du travail, par une simplification du code du travail, par une suppression de l’impôt sur la fortune, par une réduction des charges portant sur les entreprises et par une réduction forte de la dépense publique impliquant 100 milliards d’euros d’économie. Ces réformes rejoignent celles de Fillon mais s’en distinguent par la durée et le temps politique. De plus, Juppé annonce qu’il ne fera qu’un mandat et que les réformes vont se faire tout au long du mandat et non pas de manière brutale.

 

 

Nos compatriotes français, contrairement à ce que l’on dit ici ou là (en amont de mon article je montre moi-même que les Français sont réticents aux réformes) sont prêts à sauter le pas, mais à condition qu’on leur explique, qu’on leur dise pourquoi les réformes sont nécessaires et vers quoi ces réformes nous conduisent. Il faut espérer que la bataille naissante entre Juppé et Sarkozy pour 2017 nous ouvre la voie pour un début d’explication en faveur des réformes réelles pour une France gagnante, rassemblée et optimiste.

Partager cet article

Published by Lucien Pambou
commenter cet article

Présentation

  • : Le blog de Lucien Pambou ancien Conseiller municipal UMP à Alfortville
  • Contact

Publications

Recto-livre-redimensionne.jpg

 

 

Recherche