28 août 2014 4 28 /08 /août /2014 19:45

LE PLUS. Le gouvernement Valls 2 provoque de nombreuses réactions. Trop libéral pour les uns, un changement de direction nécessaire pour les autres... C'est sûr, les choix du Premier ministre ne laissent pas indifférent. Pour Lucien Pambou, ancien conseiller UMP, l'exécutif a clarifié la situation et c'est une très bonne chose. Il nous explique son point de vue.

Édité par Mathilde Fenestraz Auteur parrainé par Maxime Bellec

François Hollande et Manuel Valls à l'Élysée, le 27 août 2014 (F. DUFOUR/AFP).

Après avoir longtemps hésité et s’être finalement déclaré social-démocrate, Hollande vient de franchir un pas supplémentaire face au vieux Parti socialiste de Jaurès.

Hollande assume son socialisme libéral grâce à Valls auquel il a demandé de former pour une deuxième fois le gouvernement de la République. Hollande clarifie ainsi la division latente du débat entre les deux gauches au sein du PS, l’une moderniste réformatrice et l’autre, plus archaïque et traditionaliste.

Enfin, Hollande est libéré de ses atermoiements permanents grâce à Valls qui lui permet de clarifier sa position.

Droite et gauche sont d'accord sur le diagnostic

Hollande est "malin", même s’il est au plus bas des sondages, il prend acte de la position de la France en Europe et dans le monde et des critiques qui lui sont faites tant au plan national qu’international. Il réaffirme un geste d’autorité qui est perçu à Berlin comme un aveu de faiblesse, alors qu’il prive la droite française d’une critique radicale :

"Hollande ne sait pas décider, Hollande ne tient pas compte des réformes nécessaires à faire, Hollande est illisible".

En France, toute la classe politique nationale est d’accord sur les handicaps du pays vis-à-vis de ses partenaires en matière de dépense publique, du poids de la fiscalité, du déficit public et de la dette publique. Les impôts ont augmenté.

Emmanuel Macron, nouveau ministre de l’Économie, est considéré comme un des artisans de ces augmentations, ce qui laisse perplexe la gauche socialiste française traditionnelle qui ne comprend pas la nomination de l’ancien secrétaire général adjoint de l’Élysée au poste de ministre de l’Économie.

Mais, paradoxalement, les mêmes qui tirent à vue sur Hollande, estiment après le diagnostic des handicaps de la France, que la solution passe par une France ancrée dans l’Europe, une France réformiste comme le souhaite Berlin et une France, à la différence de Berlin, qui doit obliger l’Union européenne à une relance massive par les investissements qui pourrait lui permettre d’occuper son rang qui risque de décliner dans la mondialisation ambiante.

À droite comme à gauche, on est d’accord sur le diagnostic, il y a peut-être divergence sur les méthodes.

La France, enfin sur la ligne allemande

Hollande a compris la leçon de la classe politique et, deux ans après de nombreux atermoiements, la France se met sur la ligne allemande qui est celle de l’agenda des réformes obligatoires sur le marché du travail, sur les investissements des entreprises (d’où en partie la mise en œuvre du pacte de responsabilité comme modus operandi pour permettre à la France de réduire ses handicaps dans la mondialisation).

Or, Hollande et Valls ne sont pas tous seuls au Parti socialiste.

Il existe dans ce parti, des thuriféraires d’une ligne dite de gauche traditionnelle, quoiqu’il advienne. Ces "gauchos" du Parti socialiste, dont l’édile emblématique est Montebourg qui roule plus pour lui-même en vue de la primaire de 2017 au Parti socialiste et de la présidentielle, estiment que la France se soumet aux dogmes libéraux européens et qu’il faut abandonner l’objectif des 3% de déficit public.

La décision de Hollande d’opter pour un social-libéralisme introduit une clarification nette au sein du Parti socialiste entre les partisans d’une modernité face au monde qui change et ceux qui restent nationalistes, franco-français, qui regardent le monde qui change avec des lunettes d’un temps passé, celui lié à la naissance du Parti socialiste nouveau grâce à Jaurès.

Hollande restera un grand réformateur

La ligne de Gauche au PS estime que la France fait trop de sacrifices pour plaire à l’Allemagne, justifiant ainsi les attaques de Montebourg en direction de la chancelière Merkel.

Le départ de Montebourg, de Hamon et de Filipetti donnent du grain à moudre à Martine Aubry qui n’attendait que cela pour enfoncer un peu plus Hollande.

Pour Hollande, la reconduction de Valls à la tête du gouvernement permet à l’aile droite du PS de réaffirmer ses positions fortes en faveur du marché, de l’entreprise, des entrepreneurs, de l’investissement et de la relation entre profits, investissements et emplois, selon l’analyse faite en son temps par le Chancelier Helmut Schmidt.

En réaffirmant son autorité, Valls libère Hollande et lui donne le statut de réformateur que le président doit assumer, puisqu’il le dit, pour la France, pour lui et pour la prospérité.

Hollande ne gagnera peut-être pas son pari immédiatement car les effets de la réforme se produisent toujours avec retard, sûrement fin 2016 - début 2017 si les entrepreneurs français jouent le jeu, ce qu’ils ne font pas aujourd’hui. Il restera, même en perdant les élections s’il se présente, le grand vainqueur et le grand réformateur d’une France trop bavarde à propos des réformes et qui a beaucoup de mal à passer à l’action à Droite comme à Gauche.

Une position clarifiée

Le président Hollande a été imprudent en parlant à peine élu d’un retour immédiat à la croissance ou d’une inversion de la courbe de chômage. Mais, pouvait-il dire les choses autrement dans une Ve République où la parole est valorisée par rapport à l’action ? Je pense que non.

Ses errements, les foucades de ses ministres de gauche lui rendent service en prenant le taureau par les cornes de façon effective : réformer la France de façon significative, une France malgré ses discours qui a peur de la mondialisation, de la concurrence et qui peut se surpasser à condition de faire les réformes nécessaires.

Hollande ne gagnera peut-être pas les élections en 2017, mais ses décisions actuelles clarifient le débat entre les deux gauches au sein du PS, réconcilient la France avec une politique de l’offre, comme l’exige la mondialisation.

Il restera à son successeur de continuer ses réformes et d’ancrer définitivement la France dans la mondialisation grâce à un dosage subtile entre politiques de l’offre et de la demande. Le duo Hollande/Valls restera ainsi celui qui aura réformé la France.

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Published by Lucien Pambou
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29 juillet 2014 2 29 /07 /juillet /2014 17:56
 

LE PLUS. François Hollande est critiqué de toutes parts, jusque dans son propre camp. Notre contributeur, Lucien Pambou, militant UMP, trouve le lynchage un peu facile. Pour lui, le président ne peut être accusé de tout et n'importe quoi.

Édité par Akhillé Aercke  Auteur parrainé par Maxime Bellec

 

François Hollande lors de son voyage officiel en Côte-d'Ivoire, le 17 juillet 2014. (A. JOCARD/AFP)

 

Drapeaux en berne en France pendant trois jours, construction d’une stèle à Gossi au Mali à la mémoire des victimes, médiatisation de la politique gouvernementale pour renseigner les Français concernant l’accident du vol AH 5017, retour des boîtes noires en France : voici les ingrédients de ce que certains considèrent comme les outils de la politique compassionnelle.

 

Les mêmes critiquent l’incapacité de François Hollande à lutter contre le chômage, comme si c’était la mission du président et non celle des entreprises de créer des emplois.

 

Dans ce domaine, François Hollande a été pris à son propre piège, comme le sont la plupart des présidents de notre belle France, qui pensent qu’il suffit de dire qu’on lutte contre le chômage pour que celui-ci baisse. La vérité est autre. J’y reviendrai.

 

Francois Hollande interrogé sur le chomage, sur BFMTV le 6 mai 2014.

 

Français, nous nous plaignons trop

 

Tout de même, à quel pays appartenons-nous ? Nous devons tous savoir que le président de la République fait une différence entre une empathie normale, naturelle, symbolique envers nos compatriotes morts dans des circonstances difficiles, et la réalité interne de notre pays traversé par une apathie, un découragement, une indolence et une incapacité de se prendre en charge individuellement.

 

On peut remercier l'Etat central et jacobin, qui inhibe nos comportements en renforçant nos angoisses... Dans quel pays sommes-nous, toujours prompts à se plaindre, à se couvrir la tête de cendres ? Nous, Français, ne voyageons pas assez en Europe pour voir une autre réalité que française.

 

Ailleurs en Europe, le "vivre ensemble" et la cohésion nationale ont un sens. Nous, Français, sommes toujours dans le verbe et non dans l’action.

 

Le MEDEF doit prendre ses responsabilités

 

Je suis militant UMP, sarkozyste (je l’ai suffisamment dit sur le Plus), mais je reconnais des mérites à François Hollande même si son entame présidentielle a été marquée par un défaut de communication et de stratégie.

 

Il a su corriger les erreurs et fixer un cap en matière de politique économique. Le gouvernement socialiste (je ne suis pas devenu socialiste pour autant) a fixé un cap dans le domaine du pacte de responsabilité.

 

Il revient aux entreprises d’arrêter de jouer les pleureuses permanentes, de demander sans cesse des réductions de charges, des baisses d’impôts et autres gracieusetés sur le plan entrepreneurial. Elles doivent jouer leur rôle : investissement, innovation, maîtrise du couple qualité/prix, embauche.

 

 

Voilà les éléments de débat, plutôt que les pleurs permanents et les sorties honteuses du président du Medef, Monsieur Gattaz, sur les antennes de télévision et de radios pour demander plus d’aides de la part de l’Etat. Monsieur Gattaz, travaillez, demandez à vos entreprises de faire la même chose. Vous avez montré que le travail était possible avec votre propre entreprise, demandez aux entreprises membres du Medef de prendre leurs responsabilités.

 

Sur le Proche-Orient, Hollande est clair

 

Si on revient à ce que l’on considère comme de la politique compassionnelle, on peut répondre : si Hollande n’avait pas fait le minimum de ce qu’il a fait, certains auraient toujours trouvé à redire.

 

Ne confondons pas l’empathie qu’un chef d’État peut avoir en direction de ses compatriotes et les problèmes qu’il a à résoudre en plan interne et qui sont connus, comme le chômage et les inégalités sociales.

 

Sur le plan de la fiscalité, le gouvernement a décidé de diminuer à la rentrée, en septembre 2014, l’imposition de certains ménages grâce à l’argent récolté lors du rapatriement volontaire des fonds placés de manière illicite à l’étranger par certains de nos compatriotes.

 

Le président Hollande a remanié son gouvernement. Le Premier ministre Valls est aux affaires, certains de nos compatriotes sont en vacances, mais les Français (heureusement pas tous) continuent à dire que, dans le conflit opposant Israël et le Hamas depuis le 8 juilletFrançois Hollande aurait choisi son camp : Israël.

 

Ce choix, selon les critiques, l’aurait amené à demander au Premier ministre d’interdire certaines manifestations pro-palestiniennes.

 

Ces critiques ne sont pas acceptables dans la mesure où François Hollande a toujours été dans une position d’équilibre, en affirmant qu’Israël avait le droit de se défendre et que, dans le même temps, le retour de la paix au Proche-Orient devaient passer par des accords politiques aboutissant à la création d’un État palestinien. Il le rappelle à la fin de cette vidéo :

 

 

Extrait de la traditionnelle interview du 14 juillet : François Hollande s'exprime sur le conflit isaélo-palestinien.

 

Nous sommes responsables de ce qui nous arrive

 

Décidément, je ne comprendrai jamais mes compatriotes (je dois sûrement être décalé ou pas suffisamment instruit, et pas assez intelligent pour comprendre la vie politique nationale et internationale). Toute charité bien ordonnée commence par soi-même, selon un proverbe français médiéval.

 

On reproche au président de ne pas être compassionnel avec les Palestiniens, mais il l’est avec les Français, nos compatriotes qui sont morts. Certains trouvent à redire. Il ne s’agit pas de mettre au même niveau la souffrance des Palestiniens et la perte de nos compatriotes, mais certains d’entre nous devraient réfléchir avant de parler de tout et de rien.

 

Je sais que nous sommes un peuple qui préfère le bavardage à l’action. On critique l’impuissance de François Hollande, son échec à mi-mandat. Pour ma part, il n’est pas le seul responsable (même si sa communication a été mauvaise au début), nous-mêmes Français sommes responsables de ce qui nous arrive.

 

Nous ne pouvons garder notre petit confort

 

Nous voulons le confort de nos amis suédois, norvégiens, hollandais, allemands et refusons de nous impliquer de manière patriotique en payant nos impôts (j’avoue être l’un de ceux-là), en refusant les rentes et les monopoles qui nous satisfont (surtout quand nous sommes patrons ou simples salariés profitant de ces rentes).

 

La France accepte la mondialisation, mais souhaite garder le confort des Trente Glorieuses. Nous sommes tous victimes d’une illusion, celle de la compassion réciproque, quand nous nous plaignons de notre sort.

 

C’est toujours facile après de critiquer un président de la République qui fait ce qu’il peut, alors que nous sommes toujours prompts à la compassion individuelle et non collective.

 

 

 

 

 

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24 juillet 2014 4 24 /07 /juillet /2014 19:47

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LE PLUS. La bataille de l'UMP ne fait que commencer. Samedi 19 juillet, François Fillon a conseillé à Nicolas Sarkozy de ne pas se présenter à la présidence de son parti. Que cache cette petite phrase ? Vers quelle décision se dirige l'ancien président de la République ? Et surtout, que vont penser les militants UMP ? Les réponses de notre contributeur Lucien Pambou.

Édité par Mathilde Fenestraz  Auteur parrainé par Maxime Bellec


François Fillon a déconseillé à Nicolas Sarkozy de se présenter à la présidence de l'UMP. (APESTEGUY/SIPA)

 

La bataille pour l'élection présidentielle de 2017 vient d'être lancée à droite. À l'UMP, les couteaux sortent et sont prêts à servir.

 

Ce n'est pas l'UMP qui doit sortir vainqueur, mais l'un de ses membres les plus éminents qui va en assumer la présidence à partir du mois de novembre, car tout doit redémarrer de cette présidence tant attendue et évoquée par le collège formé par Fillon, Raffarin et Juppé.

 

Bruno Le Maire, le faux-nez de Fillon

 

Fillon demande à Sarkozy de prendre de la hauteur et de ne pas se présenter à la présidence de son parti. Il sait que l'ancien président est béni par les militants alors que, depuis sa désastreuse campagne de 2012 et sa bataille homérique contre Jean-François Copé, sa propre marge de manœuvre est devenue nulle.

 

Le conseil de Fillon à Sarkozy est un faux, un piège car Bruno Le Maire en se présentant à la présidence de l'UMP est le faux-nez de Fillon, même si les deux responsables de l'UMP s'en défendent.

 

Essayons de rendre plus clair le faux conseil de Fillon à Sarkozy : si l'ex-président ne suit pas le conseil de Fillon et si les militants le choisissent comme nouveau président de l'UMP, Sarkozy peut ensuite demander aux militants, par référendum, qu'on efface les primaires des statuts de l'UMP dans le but que son président (c'est à dire lui-même) ait les coudées franches en 2017.

 

Xavier-Bertrand, qui souhaite se présenter aux primaires, Wauquiez et NKM, malgré leurs admonestations contre le fonctionnement actuel de l'UMP, ne trouveraient rien à redire.

 

Alain Juppé serait obligé de constater les faits et de laisser faire. Quant à Raffarin, il est plus préoccupé par un poste de président du Sénat.

 

Le choix de Fillon

 

Fillon devra, à ce moment-là, choisir la meilleure solution : soit créer une dissidence à l'intérieur du mouvement, ce qui est inacceptable, soit en sortir pour créer un nouveau mouvement.

 

A-t-il les moyens politiques de le faire ? Ne court-t-il pas le risque en le faisant d'être tenu pour responsable de la défaite éventuelle du candidat de la droite ?Comment Juppé, même s'il laisse faire, se comportera-t-il ? Il demande une alliance avec les centristes pour l'élection présidentielle. Ira-t-il jusqu'au bout dans ce cas de figure ?

 

Sarkozy hésite et dit vouloir donner sa réponse entre mi-août et début septembre. C'est une période stratégique qui lui permet de prendre le pouls de l'UMP et d'approfondir sa décision de se présenter ou pas.

 

Certains caciques de l'UMP voient d'un mauvais œil que le nouveau président élu soit convoqué très régulièrement par les tribunaux.

 

La stratégie de haute voltige de Sarkozy

 

Sarkozy n'est jamais aussi bon que lorsqu'il a un genou à terre. Il l'a montré en revenant au sein du RPR (grâce à Villepin) quand il a soutenu Balladur en 1995 pour l'élection présidentielle contre Jacques Chirac. Il est devenu ensuite président du mouvement de l'UMP à cause des déboires de Juppé qui a payé les maladresses de gouvernance financière de Chirac à la mairie de Paris.

 

Sarkozy a envie de revenir, il veut tenir ce pari et profiter de la présidence de l'UMP pour ériger une tribune contre les choix gouvernementaux de Hollande et pour apparaître politiquement comme la victime désignée des tribunaux qui seraient manipulés par les responsables socialistes malgré leurs déclarations d'indépendance de l'ordre judiciaire vis-à-vis de l'exécutif.

 

C'est une stratégie de haute voltige que souhaite implanter l'ancien président. Il peut aussi, par l'absurde, suivre le conseil de Fillon et le rencontrer lors des primaires (dont Guaino et lui ne veulent pas) pour battre politiquement Fillon lors d'un deuxième tour car il sait que les quadras et quinquas du premier tour que sont Wauquiez, NKM, Xavier Bertrand se rallieront forcément à sa candidature.

 

C'est donc un jeu de marchandage qui vient de commencer, alors que l'ancien président de la République n'a pas encore annoncé sa décision ; mais ses amis les plus proches se chargent de déminer le terrain et de rendre son retour plus lisible.

 

Une refondation idéologique qui se fait attendre

 

Sarkozy peut, s'il en a envie, créer un autre mouvement du type "rassemblement pour la France".

 

C'était pour moi une hypothèse de travail mais qui peut devenir crédible quand on connaît son appétence pour la politique et les privilèges qu'elle implique. Les privilèges sont le fait de tous les hommes politiques, au moins il le dit clairement. Un des privilèges qu'il annonce, est la notion de devoir et, comme on le dit populairement, cela ne mange pas de pain. Il faudra le voir à l'oeuvre s'il est gagnant dans les hypothèses que je viens d'énoncer plus haut.

 

La volonté politique de Sarkozy ne suffit pas, il faudra tenir compte de l'environnement judiciaire du moment, du déroulement des affaires et de la stratégie des autres candidats pour la présidence de l'UMP et pour les primaires de 2017, si elles ont lieu en temps voulu.

 

Comme on peut le noter avec justesse et perfidie, une fois de plus l'UMP, va concentrer son énergie pour l'élection du chef, alors que les militants attendent une refondation idéologique et programmatique du mouvement. On pourra toujours leur dire : "Circulez, il n'y a rien à voir".

 

Et la refondation attendra, validant ainsi la maxime politique qui veut qu'en politique les paroles n'engagent que ceux les écoutent et non les prononcent.

 

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Published by Lucien Pambou
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14 juillet 2014 1 14 /07 /juillet /2014 17:40

LE PLUS. Le président de la République a passé en revue les troupes, mais il a aussi eu droit à une inspection de son programme politique par les journalistes. François Hollande répondait, ce lundi 14 juillet à David Pujadas et à Gilles Bouleau. S'il semble avoir séduit, comme nous l'explique notre contributeur, Lucien Pambou, a-t-il convaincu ?

Édité par Rémy Demichelis Auteur parrainé par Maxime Bellec

François Hollande lors du défilé du 14 juillet (LCHAM/WITT/SIPA).

 

 

 

En recevant Messieurs Bouleau de TF1 et Pujadas de France 2 lors de son interview après le défilé du 14 juillet, Hollande montre qu’il peut être pédagogue et explicite. Mieux vaut tard que jamais, le président, sans notes, répond aux questions que se posent les Français.

 

Concernant le pacte de responsabilité, le président est toujours pour le dialogue social et souhaite que les entreprises prennent leur part de devoirs et d’obligations. Il ne s’agit ni de brutaliser les entreprises, ni de les contraindre mais de dialoguer au nom de la croissance, de la lutte contre le chômage et pour la France.

 

 

Pas de papier à cigarette entre lui et Valls

 

S’agissant de ses relations avec Manuel Valls, le président de la République fait remarquer que le chef du gouvernement a été ministre de l’Intérieur, qu’il est devenu Premier ministre et qu’il est en charge de la mise en œuvre des réformes concernant l’apprentissage, le chômage, les investissements et la loi bancaire.

 

Le Président explique à Pujadas qu’il n’y avait aucun différend entre le Premier ministre Valls et lui-même. Il estime que tout doit être mis en œuvre pour la réussite de la France et que tout papier de cigarette, si fin soit-il, n’existe pas entre le Premier Ministre et lui.

 

 

 

Les baisses d'impôts seront mieux connues à la rentrée

 

À propos de ses relations avec la Finance, Gilles Bouleau de TF1 lui rappelle ses envolées lyriques contre la Finance. Ce à quoi répond le Président : la Finance ne doit pas jouer contre l’économie française et encore moins contre les petites et moyennes entreprises.

 

En revenant sur la question des impôts, Hollande reconnaît que les Français paient beaucoup trop d’impôts, soit 45% des prélèvements sur la richesse nationale. Hollande estime qu’en 2015 une partie des Français paiera moins d’impôts, surtout les catégories moyennes, soit 1 à 2 millions de personnes. Le Président préfère ne pas donner plus d’indications dans ce sens et se réserver de dire son sentiment à la rentrée.

 

Il dit aussi que les économies faites sur des dépenses doivent permettre aux entreprises de financer leurs investissements. François Hollande estime que la croissance est de retour dans la zone euro et, avec Matteo Renzi, président du Conseil italien, considère que les pays européens ont des marges de croissance pour la relance et la compétitivité de leurs économies.

 

 

La France souhaite le retour au calme au Proche-Orient

 

La conversation a ensuite porté sur les relations internationales, en particulier sur le Proche-Orient et la guerre actuelle entre le Hamas palestinien et l’État d’Israël. Ce conflit, qui au découle de l’assassinat de trois jeunes israéliens, a entraîné une riposte de la part des jusqu’au-boutistes israéliens qui ont lynché et brûlé un jeune palestinien.

 

Pour François Hollande, la France n’est ni pro-palestinienne, ni pro-israélienne, la France souhaite le retour au calme et à la paix et ne tolérera pas les débordements en France de ce conflit, comme on a pu le voir ces derniers temps. L’antisémitisme n’est pas de mise en France et ne sera pas admis.

 

 

Les réformes seront abordées avant 2017

 

Revenant au plan intérieur, le Président Hollande annonce que des réformes sur la santé et sur l’éducation sont en projet ainsi que le lancement d’un plan numérique agricole.

 

Sur le service civique, l’action sera poursuivie et il faut que l’on atteigne le cap des 100.000 par an. Il y aura aussi des réformes de société et des réformes institutionnelles comme le droit de vote des étrangers uniquement pour les élections locales. Le Président Hollande souhaite que, dans ce domaine, une majorité se constitue. Il va plus loin en disant que toutes les réformes seront abordées avant 2017, comme l’indépendance de la justice, le mode de scrutin ou le respect de la justice.

 

 

Hollande estime qu’il n’est pas isolé du peuple

 

À propos des accusations de Nicolas Sarkozy sur une intervention éventuelle de l’Élysée ou de la Chancellerie contre lui, Hollande estime que, sans le nommer, l’ex-président de la République Sarkozy ne comprend rien à la notion du respect de la justice et il trouve intolérable les soupçons qui sont portés sur la justice. Il ne faut pas confondre le temps politique et le temps judiciaire.

 

Puis, répondant à des questions plus personnelles, Hollande estime qu’il n’est pas isolé du peuple et qu’il n’a pas besoin de sondage pour savoir ce que pensent les Français de sa fonction et des institutions. Il circule en France, il écoute et il réagit. Malgré les sondages défavorables à son endroit, il fera les réformes de la première à la dernière minute comme celles portant les territoires, le droit des salariés, l’environnement des entreprises et la vie de ses concitoyens.

 

Hollande estime qu’il a commis quelques erreurs, comme la déclaration sur l’inversion de la courbe de chômage, il dit qu’il n’a pas réussi et qu’il faut donner une nouvelle impulsion.

 

 

Un président pugnace

 

À propos des questions sur sa vie privée, l’absence d’une femme à ses côtés de façon officielle et les primaires dans son camp, François Hollande n’a pas donné de réponse dans le premier cas car il s’agit de sa vie privée et il n’entend délivrer aucun message, et dans le second cas, la seule chose qui vaille, c’est la réforme de la France, et lui, François Hollande, président de la République, souhaite qu’à la fin de son mandat la France se porte mieux, vive mieux, tant pour ses habitants que pour l’environnement économique des affaires et des entreprises.

 

Hollande a souhaité de revoir les deux journalistes l’année prochaine, c'est-à-dire en 2015. On a pu voir un Hollande pugnace, pédagogue.

 

Le militant UMP que je suis, sans être du camp du Président de la République, sans débattre au fond de ses propositions car la contradiction est toujours possible, se réjouit du cap que le président donne à notre pays. Je terminerai personnellement en disant que, monsieur le président il vous reste avec le Premier ministre à rendre vos déclarations plus lisibles en les périodisant comme vous l’avez fait, et en informant mieux les Français.

 

Vous avez perdu deux ans dès votre arrivée aux pouvoir, surtout avec les écologistes. Il vous reste à construire une nouvelle politique de communication en direction des Français pour que votre pédagogie du 14 juillet 2014 soit crédible et se traduise par des résultats pour le bien-vivre et le bien-être des Français. Comme vous pouvez le voir, je n’ai rien à espérer de mes propos de la part du camp socialiste, de plus j’agis à visage découvert, même si en France on n’a pas l’habitude de reconnaître à l’adversaire des mérites.

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Published by Lucien Pambou
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12 juillet 2014 6 12 /07 /juillet /2014 13:51

 

LE PLUS. Cette semaine, Arnaud Montebourg a présenté sa feuille de route du redressement économique de la France. Ce samedi 12 juillet, Jean Peyrelevade, haut fonctionnaire et dirigeant d'entreprise déclarait pourtant que "la gauche ne s'était pas réconciliée avec l'économie". Pour Lucien Pambou, militant UMP, cette affirmation est fausse. Il nous expose son point de vue.

 

 

Jean Peyrelevade, grand capitaine d’industrie et de la Banque, autrefois soutien de François Bayrou, m’a laissé sans voix ce 12 juillet 2014 quand il a déclaré au cours de l’émission d’Arlette Chabot sur Europe 1 "C’est arrivé cette semaine" que "la gauche ne connaissait rien à l’économie et qu’elle ne s’était jamais réconciliée avec l’économie".

 

J’ai envie de répondre :

 

"Monsieur Peyrelevade, regardez autour de vous, plusieurs faits ponctuent l’univers socialiste actuel, l’affichage assumé du tournant social-démocrate de François Hollande, le pacte de responsabilité, la conférence sociale et surtout la bataille homérique de Montebourg, ministre de l’Économie, contre les différentes rentes économiques et sociales à la française."

 

Une droite inaudible

 

C’est vrai, la droite, surtout l’UMP, est complètement inaudible du côté de la politique économique et on n’attend pas d’elle des propositions crédibles sur l’entreprise, au-delà de la sempiternelle question de la baisse des charges et du renforcement du tissu productif sans toujours dire comment celui-ci doit se faire.

 

L’UMP est plus préoccupée par ses questions de dépenses, de déficit et d’égos de ses dirigeants pour espérer une réflexion en profondeur concernant nos entreprises. Malgré ses difficultés, le militant UMP, que je suis, remercie le Parti socialiste (même si le président Hollande a du mal à décoller dans les sondages) de fournir à la société des éléments de débat qui nous changent des plaintes des pleureuses de l’UMP.

 

Une fois de plus, en terme de méthode, tout en restant à droite, je débats à gauche.

 

Montebourg souhaite une politique libérale

 

Le 10 juillet 2014, Arnaud Montebourg a présenté sa feuille de route visant à redresser économiquement la France et destinée à restituer six milliards de pouvoir d’achat aux Français. Cette feuille de route fera l’objet d’un projet de loi à la rentrée.

 

Avant de revenir sur la stratégie politique de Montebourg (un des représentants de la gauche du Parti socialiste), force est de constater qu’il souhaite mener une politique libérale en partant du bilan diagnostic du rapport Attali sur la nécessité de stimuler durablement l’économie grâce à des réformes qui remettent en cause monopoles et rentes de certaines professions comme celle des taxis.

 

En tant que juriste, Montebourg a en tête le concept de rente utilisé au Moyen-âge, assimilé au cens ou champart, pour désigner le loyer versé par le locataire d’une terre au propriétaire. Avec le poids moins important de l’agriculture dans notre économie moderne, le concept de rente ici, dans l’approche de l’économie classique libérale, désigne les distorsions apportées au fonctionnement de l’économie par l’action des groupes de pression auprès des politiques afin d’obtenir des restrictions de concurrence.

 

Dans l’univers intellectuel de l’économie libérale, la rente est contre-productive car elle ne favorise ni la concurrence, ni la productivité, mais repose avant tout sur un marché qui s’appuie sur une réglementation qui aboutit à l’instauration d’une position de monopole à l’avantage de certains producteurs.

 

Le Parti socialiste veut créer un cadre nouveau 

 

Montebourg, à sa manière, veut réformer la France, cette même France qui, malgré les discours, préfère les rentes aux situations de concurrence.

 

Les entreprises, elles aussi, préfèrent leurs rentes en s’appuyant sur leur aubaine quasi-mystique, à savoir la baisse des charges, alors que la mondialisation, tout en recommandant cette baisse, indique qu’il faut mettre en place des investissements d’innovation afin de fabriquer des nouveaux produits et services grâce à une utilisation de nouveaux process et à la valorisation d’un nouveau type d’organisation.

 

Le gouvernement socialiste fait des efforts pour créer un cadre nouveau pour une politique de compétitivité.

 

Néanmoins, on peut douter de la volonté réelle des entreprises françaises de profiter de ce cadre réglementaire pour entreprendre des investissements de productivité. Arnaud Montebourg est donc le nouveau héraut de l’économie libérale qui manquait au Parti socialiste, et en poussant plus loin, à la gauche socialiste.

 

Il ne suffit pas de décréter la guerre contre les rentes et monopoles en France pour espérer la gagner car il se trouvera toujours à gauche et à droite des personnes pour la refuser au nom de leurs intérêts et de la validation du "rent seeking" sur le marché politique. Le "rent seeking" vise la mise en œuvre par les politiciens et les bureaucrates de réglementations génératrices de rentes, ainsi que de la redistribution politique des rentes existantes.

 

L'Allemagne n'a pas hésité à faire des réformes

 

Nous admirons l’Allemagne pas simplement pour son football et pour les sept buts qu’ils ont gracieusement mis dans la corbeille brésilienne au cours du Mondial de foot, mais pour son efficacité et son organisation économique.

 

Nous aimerions que tout nous réussisse comme les Allemands. Il y a une différence entre eux et nous : ils n’ont pas hésité à faire des réformes il y a maintenant quelques années (réformes Schroeder). Ils valorisent concrètement l’apprentissage alors que, pour nous, ce ne sont que rhétorique et chimères.

 

Ils ont laissé le Mark pour l’Euro afin de montrer leur volonté politique d’être européens, ils ne s’en plaignent pas et, grâce à l’efficacité productive de leur économie, l’Euro est une monnaie de référence, certes sans atteindre la renommée du Dollar.

 

La route est longue pour Montebourg

 

Pour nous, l’Euro est un fil à la patte, habitués que nous avons été d’un franc dévalué en permanence, ce qui avait pour effet de diminuer mécaniquement les prix dont pouvaient bénéficier nos entreprises à l’exportation.

 

L’Union européenne change la donne et oblige les entreprises à construire leur schéma concurrentiel sur des critères complémentaires des prix, comme la qualité des produits, l’efficacité des services après-vente et la volonté de préserver des parts de marché, non par la rente, mais par une concurrence ouverte.

 

On ne peut pas vouloir participer à une économie libérale avec une petite dose de réglementation et se comporter en hérauts d’une économie de rente avec une très forte réglementation comme nous le faisons en France.

 

La route est longue pour Montebourg sur le plan économique.

 

Montebourg, l'homme à abattre pour le gauche

 

Sur le plan politique et assez paradoxalement, Montebourg est l’homme à abattre par la gauche socialiste (ses amis ?) emmenée par les députés Alexis Bachelet, Valérie Rabault, Karine Berger, Yann Galut ou la sénatrice Marie-Noëlle Lieneman qui expriment leurs doutes vis-à-vis de l’efficacité du pacte de responsabilité de François Hollande et qui estiment que le virage social-démocrate du Président est "inacceptable".

 

Ils sont prêts à se coaliser pour demander des primaires lors des prochaines élections présidentielles et créer les conditions de valorisation de leurs motions lors du prochain congrès du Parti socialiste.

 

Pour Montebourg, il s’agit aussi de prendre date vis-à-vis de deux concurrents, l’un implicite ; le président de la République, l’autre explicite ; le Premier ministre Manuel Valls pour la présidentielle de 2017.

 

Arnaud Montebourg est dans starting-blocks, il agace tout le monde, il parle haut et fort. C’est le héraut du Made in France raillé par la Droite mais qui, elle, n’a rien à proposer, si ce n’est que des observations qui n’intéressent personne. Montebourg agace et fait plaisir en même temps, il lui reste à construire une stratégie politique claire pour servir la France s’il le souhaite et s’il le veut.

 

Il lui faudra avant tout vaincre les rentes et briser les monopoles économiques. Est-ce possible dans notre beau pays la France ?

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Published by Lucien Pambou
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9 juillet 2014 3 09 /07 /juillet /2014 16:12

 

LE PLUS. Les factures de téléphone de Rachida Dati, les billets d'avion de Nadia Copé, une dette abyssale de 74,5 millions d'euros... Engouffré dans une myriade de scandales, le parti d'opposition ne joue plus son rôle selon Lucien Pambou, docteur en économie et ancien conseiller UMP. Il appelle à une refondation totale du parti.

Édité par Nina Gheddar  Auteur parrainé par Maxime Bellec

 

 

 

C’est le bordel à l’UMP. Et, le dire est une évidence.

On ne peut pas reprocher à François Hollande de mal gérer la France alors que les responsables de l’UMP sont incapables de gérer un parti.

 

Entre crise financière et règlements de compte 

 

Les révélations du "Canard enchaîné" concernant Rachida Dati sont accablantes. Elle, bien sûr, s’est empressée de démentir.

 

 

Jean-François Copé, assure, lui, sur son site, qu’il faut arrêter des règlements de compte car l’UMP devient inaudible, alors que Le "Journal du Dimanche" vient de révéler que le parti a payé pour près de 24.000 euros de billets d’avion à Nadia Copé, son épouse.

 

L’audit financier de l’UMP du 8 juillet était attendu. Il a révélé les dérives dans la gestion du parti. En cause notamment ?  La dette abyssale qui s’élève à 74,5 millions d’euros. D’autres avançent 79 millions d’euros.

 

Et, les militants, eux, ont déjà donné de l’argent (près de 11 millions d'euros) pour soutenir leur parti.

 

Quant à Xavier Bertrand, il assure que sous son mandat de secrétaire général, les caisses se portaient bien. L’UMP était même en excédent.

 

Ça balance partout. Les boules puantes volent. Les règlements de compte entre Fillon et Copé continuent. Ils sont tous hypocrites et chacun tire la couverture à soi plutôt que de voir comment on apporte les réponses en matière de nouvelle gestion des finances, de nouveau management dans le domaine des dépenses portant sur les meetings et celles portant sur le fonctionnement de l’UMP.

 

Un parti inaudible qui a besoin d'une restructuration totale

 

L’affaire Bygmalion a précipité la chute de Jean-François Copé. D’une crise politique, on est passé à une crise financière. Il va falloir maintenant payer l’addition et il n’est nullement question que les militants repaient une seconde fois. A l’UMP de s’adresser aux banques et de faire les économies nécessaires pour que le parti retrouve un semblant d’existence.

 

L’UMP va organiser un congrès au mois de novembre pour désigner un nouveau Président afin de créer les conditions d’une refondation politique et programmatique. Ce n’est pas gagné car la crise financière va plomber le parti pour un temps relativement long.

 

Jean-François Copé dit que l’UMP est inaudible. Le parti n’a jamais été audible face à François Hollande. Nous avons pu gagner les municipales, non parce que nous étions bons, mais parce que François Hollande était tellement bas qu’il nous a suffi de se baisser pour rafler la mise. Aux élections européennes, le parti de Marine Le Pen est passé devant l’UMP. Pendant ce temps, le débat ne porte ni sur la refondation idéologique ni sur la stratégie de riposte face à François Hollande.

 

Fillon avait dit en son temps que l’UMP en tant que parti politique ne pouvait être un parti de mafieux. Il a constitué un groupe dissident de fillonistes à l’Assemblée nationale en novembre 2012 après son accusation radicale de l’auto-proclamation de Jean-François Copé en tant que Président du mouvement.

 

Au début de l’année 2013, un accord a permis à Fillon et à Copé de trouver un terrain d’entente concernant les nouveaux statuts.

 

Arrêter de faire la morale aux autres

 

Les dirigeants de l’UMP doivent faire profil bas. Ils passent leur temps à faire la morale aux autres, surtout aux socialistes, sur la manière de conduire la France, de gérer la dette ou d’impulser une nouvelle politique économique alors qu’ils sont profondément incapables de gérer un parti politique.

 

Il faut donc espérer que les militants ne se laisseront plus abuser. Dommage, nous ne sommes pas très nombreux à pouvoir nous indigner à haute voix !  C’est vrai qu’à l’UMP, le débat est interdit pour les militants, on reste assez taiseux au nom de la logique du chef.

 

Dieu merci, ce n’est pas le cas pour tout le monde. Certains députés UMP montent au créneau et dénoncent ces éléments. Dire les choses ne signifie pas qu’on est délateur ou une balance ! Mais, cela veut dire au contraire se réapproprier son statut de militant "disant", se comporter en tant que citoyen et non en tant que militant qui a peur et qui rase les murs.

 

Pour l’instant l’UMP est inaudible sur sa refondation politique, idéologique et sur sa stratégie de reconquête du pouvoir, et ce... bien avant la crise financière qui la secoue actuellement en son sein.

 

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3 juillet 2014 4 03 /07 /juillet /2014 19:26

 

LE PLUS. Invité mercredi soir de TF1 et Europe 1, Nicolas Sarkozy a dévoilé sa stratégie de défense : la victimisation et l'attaque politique. Pour cet avocat de formation, mis en examen pour corruption et trafic d'influence, la communication est un point fort. Pourtant, Lucien Panbou, militant UMP, se demande si, cette fois, elle suffira à Nicolas Sarkozy pour revenir en politique.

 

Édité par Akhillé Aercke  Auteur parrainé par Maxime Bellec

 

 

 

L’intervention de l’ancien chef de l’Etat au 20h de TF1 est décevante. On attendait de l’ex-président Nicolas Sarkozy qu’il s’explique sur le fond, or sa ligne de défense concernant la garde à vue et le traitement qui lui a été réservé, me laisse dubitatif.

 

La ligne intellectuelle du président a consisté à se poser en victime et à se présenter comme la victime expiatoire du syndicat de la magistrature représenté par deux "dames".

 

L’ancien président dit qu’il ne se reproche rien, il faut attendre les décisions de la justice pour en savoir un peu plus. Nicolas Sarkozy dit respecter l’Etat de droit et, prenant à témoin le peuple français, dit n’avoir commis aucun écart vis-à-vis du droit et de la morale.

 

Un dîner au resto et une tribune politique : communication réussie

 

En revanche, il est choqué et outré du traitement qui lui a été réservé, car selon lui, les deux juges auraient agi plus par vengeance politique que par la volonté d’appliquer le droit, et rien que le droit. Un récent sondage BVA pour "Le Parisien" montre que 63% des Français estiment que l’ex président Nicolas Sarkozy a été traité normalement, comme n’importe quel citoyen.

 

Sortant d’un dîner avec ses trois fils, il a été reçu par un comité d’accueil très chaleureux qui lui a souhaité bon vent en espérant voir en lui le futur président de la République. Il a dîné en famille : c’est la suite de sa communication politique. Il veut montrer que son retour n’est plus un tabou.

 

Sarkozy est en colère, mais en colère maîtrisée, et on peut penser que la première phase de son retour à marche forcée en politique sera à la présidence de l’UMP. A moins que la fin de l'été ne soit synonyme de changement de stratégie...

 

 Y a t-il une nostalgie du sarkozysme ?

 

Symboliquement, Sarkozy aurait aimé revenir dans d’autres circonstances que celles de la garde à vue après son show politique sur TF1. Sa mise en scène au restaurant est magistralement réussie (qu’on n’aime ou qu’on n’aime pas).

 

Il dit qu’il n’a rien à se reprocher, et il revient en adoptant la posture de la dignité outragée, dénonçant l’instrumentalisation de sa garde à vue par le pouvoir politique qui, sans avoir l’air de donner des ordres, était, selon lui, aux commandes.

 

Nicolas Sarkozy est un excellent communicant mais on peut se demander si cela est suffisant pour revenir à la tête de l’UMP et se présenter à l’élection présidentielle de 2017.

 

S'il décide de concourir pour la présidence de l’UMP, on peut penser qu’il n’aura pas beaucoup de difficultés pour arriver à ses fins, car les différents quadras de l’UMP, et encore moins Alain Juppé ou François Fillon, ne sont à la hauteur de la réputation de Nicolas Sarkozy chez les militants.

 

La question qui se pose est la suivant : il y a t-il une nostalgie du sarkozysme ou pas ?

 

Utiliser sa garde à vue comme prétexte à son retour

 

 

Si Nicolas Sarkozy est plébiscité par les militants, il faut savoir si la population française partage ce plébiscit. Nicolas Sarkozy est obligé d’accélérer son calendrier alors qu’il jouait la diva, soufflant le chaud et le froid. Aujourd'hui, il est au pied du mur politique, mais surtout judiciaire. Comment va-t-il résoudre la question de sa prise de pouvoir à l’UMP ?

 

Dans son intervention sur TF1, il s’est présenté de façon rapide comme le potentiel chef de l’opposition, estimant que, de ce point de vue, il méritait certains égards. Sarkozy a décidé de réagir au-delà des cartes postales politiques traditionnelles qu’il nous envoie de par le monde.

 

L’envie de politique a été trop forte et il a pris prétexte de la garde à vue pour dire aux Français : "Me revoilà et il faudra dorénavant compter avec moi".

 

 

Sarkozy cherche à déplacer le débat sur l’espace politique, terrain où il excelle. Son retour à marche forcée vers la politique ne va pas être facile, quand on sait que les différentes affaires où il est cité sont loin d’être terminées.

 

Il faudra que Nicolas Sarkozy mette en place une stratégie de refondation de l’UMP et, s’il est élu, créer les conditions de son élection en 2017. La bagarre politique de Sarkozy ne fait que commencer.

 

On peut être sarkozyste, comme moi, et éviter la langue de bois, justement parce que je suis un sarkozyste de raison et non de cœur.

 

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1 juillet 2014 2 01 /07 /juillet /2014 16:30
 
LE PLUS. C'est une première dans l'histoire de la Ve République. Un ex-président de la République, Nicolas Sarkozy, a été placé en garde à vue, mardi 1er juillet, dans une affaire de trafic d'influence présumé. Cette affaire judiciaire peut-elle abîmer encore davantage son image et compromettre son retour ? Réaction de Lucien Pambou, militant UMP.

Édité par Sébastien Billard  Auteur parrainé par Maxime Bellec

 

La garde à vue de Nicolas Sarkozy est une première dans la Ve République. Faut-il voir dans cet acte une preuve de l'indépendance de la justice ou une manœuvre politique visant à déstabiliser l’ancien chef de l’État pour l’empêcher de revenir à la tête de l’UMP et éventuellement de concourir en 2017 ?

 

Une mauvaise nouvelle pour l'UMP

 

Il est certain que cette garde à vue arrive au mauvais moment pour sa propre image et pour celle de l’UMP, qui n’avait pas besoin de cela, tant le parti est déjà traversé par de nombreuses affaires et rivalités internes (affaire Bygmalion, démission de Jean-François Copé...).

 

Cette garde à vue est un événement exceptionnel et les réactions politiques ont été immédiates.

 

À droite, on en appelle au respect de la présomption d’innocence. À gauche, on évoque une affaire grave et on demande que justice soit faite, comme pour n'importe quel citoyen, tel Stéphane Le Foll, porte-parole du gouvernement. 

 

Pour Florian Philippot et le FN, la garde à vue de Nicolas Sarkozy démontre la "pourriture" de la classe politique française.

 

Une affaire qui tombe au plus mauvais moment

 

D’un point de vue moral, et si on laisse les enjeux politiques de côté, il est évident que Nicolas Sarkozy est un justiciable comme un autre et il est normal qu’il soit interrogé. 

 

La justice fait son travail et, au-delà de la sympathie que nous militants pouvons avoir pour l’énergie de Sarkozy (c’est mon cas et c’est la définition de mon sarkozysme de raison), on doit noter que dans le droit français la garde à vue s’applique à tout le monde.

 

En revanche, qu’on me permette de m’interroger à haute voix sur le moment auquel cette garde à vue intervient, alors que l’ancien président souhaite avoir toute sa place dans la recomposition de l’UMP qui aura lieu à la rentrée.

 

Le temps judiciaire, pour une fois, vient coïncider avec le temps politique, et cela risque de coûter cher à Nicolas Sarkozy dans sa stratégie de communication politique et de reconquête de l’UMP.

 

Je reste sarkozyste, mais...

 

Pour l’instant, la plupart des militants UMP restent fidèle à l’ex-président de la République.

 

Pour ma part, je reste sarkozyste mais j'estime aussi que la justice doit passer. L’ancien président n’a rien à craindre s’il n’est coupable de rien. Il a bénéficié d'un on-lieu dans l’affaire Bettencourt, pourquoi n'en serait-il pas ainsi dans les autres affaires ?

 

Je fais confiance à la justice de mon pays pour respecter la présomption d’innocence et pour rendre la justice et faire abstraction des critères politiques.

 

On sait que Nicolas Sarkozy s’était mis la magistrature à dos pendant son mandat. Il faut espérer que ces magistrats ne prennent pas un malin plaisir à mettre l’ancien président en garde à vue. 

 

Un retour qui se complique

 

Sur la scène politique nationale, cette garde à vue complique le retour de l’ancien chef d’État car ses adversaires ne vont pas le lâcher et vont transformer les affaires dites financières en affaires politiques, abîmant un peu plus son image auprès des Français.

 

Malgré la présomption d'innocence, on se doute que les Français goûtent assez peu de se réveiller chaque matin avec une affaire Sarkozy à la une des journaux

 

Mais cet acharnement politique pourrait aussi, a contrario, rendre Nicolas Sarkozy populaire si jamais ses ennuis judiciaires n'aboutissaient sur rien. D'autant que, dans le même temps, on attend toujours les résultats de la nouvelle politique économique de François Hollande, qui chaque jour perd un peu plus de crédit auprès des Français. 

 

 

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29 juin 2014 7 29 /06 /juin /2014 15:54

Par 
Ancien conseiller UMP

 
 
LE PLUS. L'affaire Bygmalion a profondément bouleversé l'équilibre de l'UMP. Alors que Nicolas Sarkozy multiplie les indices d'un possible retour en politique, le parti est inquiet pour son avenir. Se dirige t-il vers une dislocation ? Quelles réformes doit-il entreprendre ? L'analyse de Lucien Pambou, militant à l'UMP.

Édité par Mathilde Fenestraz  Auteur parrainé par Maxime Bellec

 

 

Affaire Bygmalion, démission de Jean-François Copé, procédure d’exclusion de Lavrilleux, prêt de trois millions d’euros au Parti par Christian Jacob Président du groupe UMP à l’Assemblée nationale, défiance réciproque entre dirigeants et militants UMP : voici les boulets de l’UMP ici, maintenant et demain.
 
Vers une dislocation de l'UMP ?
 
La combinaison de tous ces facteurs auxquels il faut rajouter les ambitions de retour de Nicolas Sarkozy, la volonté des quadras de lui barrer la route (comme Xavier Bertrand, Bruno Lemaire, Laurent Wauquiez), la sage retenue d'Alain Juppé mais qui ne demande qu’une chose, que Nicolas Sarkozy ne revienne pas, la volonté de François Fillon d’en découdre avec l'ancien président de la République alors que ses chances de l’emporter auprès des militants sont faibles, représente un signal fort des éléments de rupture éventuelle, voire de dislocation de l’UMP sur le long terme.
 
Le militant et modeste analyste de la vie politique que je suis est fort inquiet, voire pas très surpris car, une partie de ces éléments, je les avais déjà exposés sur les pages du Plus.
 
L’UMP est arrivée à la fin d’un cycle politique. Jacques Chirac et Alain Juppé en sont les premiers créateurs, même si Alain Juppé n’en n'a pas tiré un profit important en devenant Président de la république comme le souhaitait Jacques Chirac. Ils doivent regarder cette UMP moribonde avec nostalgie.
 
Déclarer la mort clinique de l’UMP
 
Parti hégémonique du centre droit, l’UMP a obligé les dirigeants du centre à être des supplétifs.
 
Borloo, malgré son retrait de la vie politique, a été le premier d’entre eux alors que Bayrou, frondeur et libre, a plus ou moins contesté la place de l’UMP dès lors qu’il n’a plus été ministre au sein des coalitions de la droite UMP et du centre.
 
En 2012, Bayrou a dit qu’il votait à titre personnel pour François Hollande. Ce fut un lèse-majesté pour certains caciques (Guaino) de l’UMP qui ne lui ont jamais pardonné alors qu'Alain Juppé a favorisé son retour dans la vie politique municipale.
 
Bayrou est devenu maire de Pau grâce à l’entregent d'Alain Juppé qui attend le retour d’ascenseur de la part de son obligé : son soutien pour sa conquête éventuelle de la présidence de la République dans l’hypothèse où les militants de l’UMP le désignent comme leur représentant au cours des primaires au sein du parti (à condition que ces primaires se tiennent).
 
L'UMP, un Parti bonapartiste
 
L’UMP est un parti bonapartiste avec un leader identifié et une organisation quasi-militaire à la dévotion de ce leader.
 
Le débat idéologique n’existe pas au niveau des dirigeants au sein de de l’UMP et encore moins au sein des militants. L’UMP n’est pas le Parti socialiste où la vivacité intellectuelle est de mise et où les courants sont actifs dans la façon de "dire la société".
 
Le PS est perçu avec envie par les militants de l’UMP que nous sommes car on peut y débattre, même je ne suis pas dupe que le débat laissé libre est paradoxalement cadenassé par la motion majoritaire.
 
Des militants qui se tournent vers le FN
 
Le problème au sein de l’UMP est que nous n’arrivons pas à lire les transformations de la société et nous avons vu des angles de rupture au sein de notre Parti concernant le mariage pour tous. Il y a un fond commun de pensée sur l’individualisme méthodo-idéologique, sur la notion de responsabilité.
 
Concernant l’État, il y a un courant libéral au sein de l’UMP qui estime qu’il faut un État minimal, alors que la majorité de l’UMP est pour plus d’État, comme au sein du PS. L’absence de débat idéologique au sein de l’UMP empêche cette vérité "pour plus d’État protecteur des Français" d’être dite aux militants par les dirigeants.
 
Il y a une forme de mensonge par omission qui oblige certains militants UMP, pas toujours au courant de ces circonvolutions intellectuelles des dirigeants, à se sentir perdus, surtout lorsqu’ils sont victimes du chômage, de l’injustice et des inégalités, et à se retourner vers le Front national.
 
Il faut regarder la vérité en face et expliquer les comportements de certains de nos électeurs. L’absence de projet et de programme politiques clairement identifiés pour l’UMP est un obstacle fondamental pour la survie de ce Parti. 
 
Certains hauts responsables craignent pour la vie politique de l’UMP et ont même annoncé que l’UMP pourrait disparaître.
 
Le Congrés de l'UMP va être décisif
 
Le Congrès du mois de novembre doit être le moment de clarification des remarques que je viens de faire en amont.
 
Encore faut-il des leaders et des responsables politiques à la hauteur de la tâche de reconfiguration, voire de rénovation, de l’UMP.
 
Les leaders sont connus.
 
Les anciens, parmi lesquels Nicolas Sarkozy, ancien président de l’UMP et de la République. Après les différentes cartes de visite envoyées aux militants et à la France par l’intermédiaire de ses conférences de presse bien rémunérées (puisque d’autres présidents à la retraite en font autant) et surtout des concerts de sa femme Carla Bruni à travers l’Europe, il dit qu’il faut tout changer au sein de l’UMP, mais aussi en France, dans la façon de faire fonctionner les hommes et les Partis politiques.
 
On attend toujours les modalités de changement au-delà des déclarations fortuites sans utilité pratique.
 
Nicolas Sarkozy doit faire preuve de plus de pragmatisme
 
En somme, il faut changer la méthode de faire de la politique.
 
Le sarkoziste que je suis, non pas par accointance avec l’homme et encore moins par adoration "bétifiante" de la personne (comme on en a souvent l’habitude en France) mais surtout pour certaines de ses idées et sa pratique de la politique énergisante, estime que Nicolas Sarkozy doit faire preuve de beaucoup plus de pragmatisme que ses déclarations en conférence et en concert musical.
 
Je fais simplement noter aux uns et aux autres que je suis dans une approche intellectualo-pratique des rapports avec les hommes, les courants et les idées. En France, dans notre pays, on n’a pas l’habitude intellectuelle de ce type d’approche qui mélange à la fois l’approbation et la critique radicale.
 
Les trois enjeux auxquelles l'UMP doit faire face
 
1. Comment revoir le logiciel mental du Parti dans une société qui se transforme radicalement mais qui conserve néanmoins quelques points de conservatisme ?
 
2. Quels sont les nouveaux programmes et projets politiques de l’UMP ? À travers ceux-ci comment la question des Primaires va-t-elle être posée et pratiquée ? Le président élu de l’UMP aura-t-il le droit de se présenter aux primaires ?
 
Que fera l’UMP si Sarkozy, en revenant dans la compétition, s’appuie sur la motion majoritaire de l’UMP, la droite forte (Geoffroy/Peltier), pour poser un certain nombre d’exigences comme le droit du président élu de l’UMP de décider de la suppression des primaires, de transformer le nom de l’UMP et de décider des alliances tous azimuts au nom de la France rassemblée (celle que j’appelle de mes vœux dans un post récent)?
 
Pour éviter les ambiguïtés, je précise que je ne suis pas d’accord avec le Droite Forte comme pourrait l’induire une mauvaise lecture de ma remarque.
 
3. La rupture, qui peut conduire à l’éclatement, dépendra en partie, et seulement en partie (car je ne suis qu’un simple militant ignorant de la subtilité intellectuelle des dirigeants de mon parti, on comprend pourquoi il n’y a pas de problème et que les affaires Bygmalion et autres ne sont que des "mirages réels"), des réponses réelles aux affaires actuelles au sein de l’UMP qui sont saisies par la justice.
 
L’UMP va continuer à vivre, ne disparaîtra pas forcément, mais va être obligée de changer ses dirigeants, son projet et son programme politique, ses méthodes de travail à l’intérieur du parti, avec les fédérations et dans les rapports entre fédérations et militants pour plus de transversalité et de débats militants.
 
Ne pas le faire, c’est ouvrir la porte au siphonnage des militants UMP par le Front national de Marine Le Pen. Et les choses ont déjà commencé.

 

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25 juin 2014 3 25 /06 /juin /2014 11:50
 
LE PLUS. La belle victoire de la France face à la Suisse vendredi soir a réveillé l'espoir de nombreux Français. Les Bleus pourraient-ils faire un exploit et arriver en finale de ce Mondial ? Pour notre contributeur Lucien Pambou, l'équipe doit tout au coaching exemplaire de Didier Deschamps. Un homme qui devrait inspirer nos politiques.
 

Édité par Louise Pothier  Auteur parrainé par Maxime Bellec

 

 

Stop à la sinistrose ! Français, aimez-vous les uns et les autres, le ciel français est redevenu bleu. Tout le monde doit être prêt à s’embrasser. Le chômage n’existe que dans les têtes, la France est sur le retour, la grande et puissante France. Merci Monsieur Deschamps.

 

Je rêve ou je suis dans la réalité ? Eh ben non, je suis bien en France, dans mon beau pays, prêt à célébrer ce qu’il avait brûlé hier. Comme quoi, nous sommes peut-être un grand pays, mais assez fragiles psychologiquement, même si nous disons le contraire.

 

Une fois ces remarques de bas étage et de garçon insolent établies, essayons à la manière d’un apprenti sociologue, que je revendique être, de décrypter le coaching de Didier Deschamps et de montrer comment cet exemple du football peut servir les politiques dans la gestion du pays, c'est-à-dire de notre maison commune, la France.

 

Deschamps a fait oublier les erreurs de ses prédecesseurs

 

Didier Deschamps a réussi à faire oublier deux entraîneurs dans le coaching des Bleus : Raymond Domenech après la triste tragi-comédie de l’équipe de France à Knysna en Afrique du Sud lors de la Coupe du Monde en 2010 ; par ici la sortie pour Laurent Blanc, coach sans envergure, car il n’a pas réussi à amener les Bleus vers des chemins meilleurs et plus profitables à la solidarité collective et à la victoire.

 

On reconnaît mieux les actes de "bravoure" de Laurent Blanc sur ses paroles malheureuses à propos de la taille et du gabarit des joueurs de l’équipe de France qui seraient plus grands, plus puissants que les joueurs espagnols plus petits, plus rapides et plus clairvoyants dans le jeu.

 

On sait ce qu’il est advenu à l’équipe d’Espagne au Brésil : ils sont rentrés à la maison. Voilà, Monsieur Blanc, où conduit l’intelligence de jeu des joueurs plus petits et plus mobiles ! L’équipe d’Espagne n’est pas en cause ici car elle a apporté au monde et continuera à le faire, un jeu léché, agréable et gagnant, mais l’équipe d’Espagne malheureusement un peu vieillissante. C’est vrai pour l’équipe nationale, c’est vrai aussi pour le Real Madrid, victorieuse cette année de la Champions League et dont on espère que les effectifs seront rajeunis.

 

Avec Raymond Domenech et Laurent Blanc, l’équipe de France a été en partie perçue sous l’angle "phénotypal" d’une équipe formée de noirs, de maghrébins et de quelques petits blancs de banlieue, gagnant beaucoup d’argent, avec un ego surdimensionné. Certains écrivains de renom (nos lecteurs les reconnaîtront) ont pu se demander si la bigarrure de l’équipe de France à prédominance noire, c’était vraiment la France.

 

Il a ressoudé l'équipe

 

Le coaching des Bleus par Didier Deschamps balaie d’un revers de main et d’un coup de pied de l’âne toutes ces supputations malsaines pour ne regarder que des Bleus qui font la France et qui font France.

 

Deschamps a quatre qualités : il est psychologue, pédagogue, communicant et tacticien. Avant d’expliquer les liens entre ces quatre qualités, il faut reconnaître que toute la France constate qu’il a réussi à créer un groupe, une bande de "petits gars" au sens de copains, disponibles entre eux et avec le public.

 

D’ailleurs, les médias ne s’y sont pas trompés car ils insistent sur ces éléments de solidarité, avec comme résultat la meilleure attaque de toutes les équipes du Mondial, devant l’Allemagne (8 buts contre 6).

 

Avec Deschamps, nous sommes rentrés dans l’univers du jeu lisible car expliqué en amont aux joueurs. La solidarité n’empêche pas les compétences individuelles, mais la solidarité avant tout, la loyauté et donc l’amitié dans le jeu, des qualités qui sont absentes de l’univers politique où le triomphe de l’ego surdimensionné est préféré à la solidarité collective des troupes.

 

Une approche nouvelle de la solidarité

 

Le coaching de Deschamps est intéressant car il exprime en creux et de façon visible l’homme qu’il est et le professionnel qu’il a été en tant que joueur capitaine qui a le meilleur palmarès de France, n’en déplaise à Michel Platini (grand joueur par ailleurs) et à ses supporters. Michel Platini, icône du football français, surtout des médias, n’a pas le palmarès d’un Deschamps peut-être plus effacé mais tellement travailleur et convainquant.

 

D’ailleurs, Michel Platini, les Tigana et Fernandes n’ont jamais réellement admis les réussites des Bleus emmenés par Deschamps dont l’icône a été Zidane parce qu’il avait marqué deux buts en 1998 et qu’en 2006, il avait réussi à emmener la France en finale perdue contre l’Italie.

 

Pourquoi Deschamps est-il atypique pour la société française qui valorise une fausse solidarité, une fausse égalité, mais recherche les voies et moyens pour privilégier l’individualisme dans toutes les activités sociales ?

 

En France, la solidarité est beaucoup plus verticale car elle légitime le chef et celui qui donne les ordres, acceptés ou contestés. On l’a vu en Afrique du Sud. Deschamps est pour une approche horizontale de la solidarité dans l’effort, cette approche est expliquée aux joueurs et n’exclue pas la position de donneur d’ordre, de la composition de l’équipe et de la stratégie du jeu du chef Deschamps.

 

Deschamps cumule des qualités évoquées en amont de mon texte.

 

1. Deschamps est psychologue

 

Deschamps sait parler aux égos et aux statuts de stars montantes des Bleus, sans diminuer leur apport personnel, il met l’accent sur la collectivité comme source de gain possible.

 

Le joueur Nasri de Manchester City pour ne pas l’avoir compris, n’a pas été retenu en équipe de France. Sa sortie malheureuse dans les médias en critiquant Deschamps est pitoyable.

 

2. Deschamps est pédagogue

 

La pédagogie est le point fort de Deschamps. Expliquer ce que l’on fait et le mettre en pratique sur le terrain par une discipline collective simple. Les deux buts encaissés contre la Suisse à cause d’un relâchement euphorique feront l’objet d’un diagnostic minutieux et d’une explication de la part du coach pour éviter pareille mauvaise surprise en 8e de finale.

 

Si on quitte le champ du foot pour retrouver celui de la politique, on s’aperçoit que nos politiques sont incapables de diriger la maison France avec les qualités de psychologues et de pédagogues comme le fait Deschamps dans le coaching des Bleus.

 

3. Deschamps est un fin communicant

 

Deschamps communique à merveille en équipe de France. Il s’adresse à la fois à des individus pétris d’égo et à un groupe. Il met en avant la notion de disponibilité. Il renvoie l’image subliminale d’une France solidaire pour le jeu, appliquée pour réussir ensemble.

 

On s’adresse à des Français, à des citoyens et non à des phénotypes. Pas question ici de discrimination positive, ni de CV sans photo, puisque le choix des joueurs a été clair (et sans jeu de mots) sur des critères explicites de jeu, de compétence footballistique. Dans ce domaine, on ne peut pas tricher car cela se verrait. Rien de tel dans la vraie vie dite sociale de la maison France où le choix des hommes, malgré leurs compétences, repose sur des critères discriminants et de séparation.

 

Que nos hommes politiques, nos entreprises, s’inspirent de l’exemple de Deschamps pour manager les activités sociales, économiques et politiques en choisissant les hommes et les femmes non sur leur phénotype mais sur leurs qualités professionnelles intrinsèques. L’équipe de Deschamps n’est pas une équipe Black-Blanc-Beur mais une équipe de Français tout court.

 

Quelque soit l’aventure de l’équipe de France dans ce Mondial, Deschamps a déjà gagné pour le championnat d’Europe de 2016 : créer une équipe solidaire et ne pas hésiter à faire confiance aux jeunes pétris de talent, ce qui manque beaucoup à notre société qui préfère l’ancienneté à la compétence.

 

4. Deschamps a un grand sens tactique

 

C’est la marque de fabrique de Deschamps comme joueur capitaine et comme entraîneur aujourd’hui. Au cours de ce mondial, il expérimente les couples d’attaquants avec un pivot de référence Benzema qui, tout star qu’il est au Real Madrid, se met aux services de l’équipe et marque des buts, ce qui ne lui était pas arrivé depuis fort longtemps.

 

Deschamps lui a parlé longuement, lui expliqué les enjeux et Benzema devient l’idole des foules brésiliennes. Pour Deschamps, à chaque jour suffit sa peine. On est heureux après avoir gagné un match, on ne fait pas de la fausse humilité en ne le disant pas, mais le match gagné n’est pas la satisfaction ultime. On se remobilise pour le prochain match.

 

La France va peut-être rencontrer le Nigéria deuxième du groupe F en 8e de Finale et ensuite en découdre avec l’Allemagne en quart de finale. Que la France se rassure, l’Allemagne, tout en restant une équipe forte, n’est pas un monstre de guerre footballistique. Le Ghana l’a prouvé le 21 juin en obligeant l’Allemagne à un match nul.

 

 

Que nos hommes politiques qui se disent normaux (François Hollande), qui veulent tout changer (Nicolas Sarkozy) ou qui pensent qu’il faut faire de la politique autrement (Montebourg, Raffarin et autres), s’inspirent de l’exemple du coaching de Deschamps pour gérer la Maison France (ce qui est beaucoup plus difficile, j’en conviens) et pour éviter que la France ait du mal avec ses "Bleus".

 

 

 

 

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Published by Lucien Pambou
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