Lundi 22 juin 2009
Après la réforme constitutionnelle de juillet 2008 qui permet au Président de la République de parler à la représentation nationale, après les élections politiques européennes gagnées par l’UMP, Nicolas Sarkozy pousse son avantage sur le plan de l’ambition politique pour la République et prend date pour 2012.


Dans un discours digne du Conseil national de la résistance, valorisant le modèle socio-économique français et brocardant le libéralisme tous azimuts, le Nicolas Sarkozy de 2009 est bien en rupture avec le Nicolas Sarkozy de 2007 qui prônait justement la rupture car il estimait le modèle social et économique français peu efficace. Avec la crise financière et économique, avec son activisme lors de la Présidence française de l’Union européenne, Nicolas Sarkozy vient d’inaugurer le point de départ de la deuxième partie de son quinquennat présidentiel.

Le discours de Versailles a pour ambition de présidentialiser à pas mouchetés l’actuel régime politique de la Vème République. Nicolas Sarkozy fait voler en éclats les articles 20 et 21 de la constitution qui font du gouvernement le déterminant majeur de la politique de la Nation et du premier ministre l’acteur principal de ce gouvernement. Or, depuis le Général de Gaulle, on sait qu’il n’en est plus rien, c’est le Président qui est le cœur des Institutions et le premier ministre ne devient plus qu’une sorte de premier ministre de façade. Tout ceci était inévitable à partir du moment où on est passé du septennat au quinquennat.



Quelle est l’ambition du discours de Sarkozy pour la France ? Le Président de la République met en mouvement celle-ci en fixant un cap articulé autour de la poursuite des réformes, mais des réformes (habileté politique oblige) qui visent à mettre la France dans le monde de demain avec des moyens que sont : innovation, baisse des impôts, réduction des dépenses publiques par la lutte contre le gaspillage, lancement d’un emprunt généralisé dont l’utilisation sera discutée de façon participative par les forces de la Nation, pour tout dire par le peuple français. Sur les problèmes de société et de la cohésion sociale, le Président de la République prône que ces questions fassent l’objet de débats équilibrés au Parlement : c’est le cas pour le port de la burqa car le Président de la République estime que, au nom de l’égalité et de la non-domination des femmes, le port de la burqa devrait faire l’objet d’un débat à l’Assemblée nationale en tenant compte de toutes les opinions. Concernant la création et internet et malgré la remise en cause par le Conseil constitutionnel des modalités d’application de la loi Hadopi, le Président est décidé à aller jusqu’au bout. Lequel ? Au niveau des retraites, une réforme est nécessaire à mi-mai 2010, soit dans le sens de l’allongement de l’âge de la retraite, soit dans le sens de l’augmentation des cotisations. Voilà pour l’ambition.


Sur la méthode, Nicolas Sarkozy met au cœur de son dispositif la notion de déficit public en qualifiant celui-ci de bon ou mauvais. Le mauvais déficit est celui qui porte sur les dépenses de fonctionnement, dont celles dues aux doublons entre les représentations régionales et départementales, d’où l’obligation d’opérer les réformes des collectivités pour éviter la multiplication des dépenses. Le bon déficit est celui qui consisterait à dépenser pour compenser les effets de la crise et, grâce à l’emprunt (une dépense anticipée) financer les investissements. De ce point de vue, Nicolas Sarkozy est en contradiction avec son premier ministre, François Fillon, qui lui dit classiquement qu’il faut diminuer les dépenses. François Fillon est au pied du mur. Le génie de Sarkozy est qu’il parle aux Français sans parler le français, comme il lui avait été abusivement reproché par certains journalistes. Par rapport aux socialistes qui voulaient un deuxième plan de relance, en voici un grâce à l’emprunt généralisé. La force de Sarkozy est qu’il ne parle pas comme tout le monde et il ne démord pas du lien à établir entre investissement et nouveaux secteurs d’avenir. Sarkozy, à la différence de certains responsables de gauche, n’a pas de tabou. Il a un projet politique pour la France, ce qui n’est pas le cas aujourd’hui pour la gauche gouvernementale (parti socialiste et parti communiste) qui peine à retrouver son identité, à avoir un projet politique et donc à mettre la République en mouvement.


Versailles est le point de départ de Nicolas Sarkozy pour un nouveau cycle politique dont il veut être le maître d’œuvre. On peut penser qu’il a raison quand on voit la faillite de la gauche et son incapacité à parler des discriminations, des valeurs, du mérite, du travail, de l’égalité et non de l’égalitarisme et de la chance donnée à chacun pour prendre sa place dans la République. Au total, Nicolas Sarkozy met en musique, après deux ans de mandature, l’autre façon de faire évoluer la République et donc l’art de vivre ensemble.
Par Lucien Pambou
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Lundi 8 juin 2009

Le dimanche soir 7 juin les urnes livrent leur verdict au plan national. Sur les 72 députés qui vont représenter la France, l’UMP en comptera 29, Europe écologie 14, le Parti socialiste 14, le MODEM 6, le Front national 3, Front de gauche 4, Libertas 1, Indépendant 1.

Pour la première fois, et c’est une performance de Nicolas Sarkozy il faut le dire, un parti au pouvoir arrive à gagner les élections européennes.

Pourquoi la majorité présidentielle UMP/Nouveau centre  et les écologistes ont réussi là où le PS, le Modem et les souverainistes de droite et de gauche ont échoué ? Une page ne suffirait pas pour expliquer les raisons de l’échec du PS et des souverainistes. Prenons le risque d’en retenir quelques unes.

 

Ø  L’UMP et Europe écologie ont été les deux seuls partis qui ont parlé réellement de l’Europe, Nicolas Sarkozy grâce à son bilan en tant que leader actif pendant la présidence française de l’Union européenne, Cohn-Bendit par son combat permanent sur l’Europe en tant que député européen pour lequel l’écologie n’est pas simplement un élément de discours.

 

Ø  C’est une véritable déroute pour le parti socialiste qui se contente de régler ses problèmes internes, de se repaitre de ses divisions plutôt que de parler aux Français dans les yeux en leur présentant un projet alternatif crédible. Vieilles lunes socialistes quand vous nous tenez ! Trop de leaders au parti socialiste : ce qui devait être une richesse devient une incapacité politique et une absence totale de leader et donc de projet politique.

 

Ø  Pour le Modem, Bayrou s’est trompé d’élection. L’anti-sarkozysme n’est pas un projet politique, la caporalisation des débats autour de sa personne n’est pas une méthode de gestion politique, même s’il a reconnu qu’il s’était trompé d’élection et donc de méthode. Bayrou a donné l’impression qu’il faisait une élection présidentielle alors que c’est d’Europe qu’il fallait parler. Que Bayrou sorte de son nombrilisme pour construire un projet s’il veut compter dans la République française.

 

 

Revenons à Alfortville.

Le parti socialiste à Alfortville a subi le même échec qu’au niveau national, même si sa base sociologique sur la ville lui permet d’arriver en tête avec 21,67 % devant Europe écologie (18,94%) et l’UMP (17,24%). L’examen attentif des résultats par rapport à 2004 montre que le parti socialiste sur Alfortville est le parti qui a le plus perdu de voix par rapport aux élections de 2004 et la progression est bien du côté de l’UMP et d’Europe écologie. Le parti socialiste au plan local à Alfortville comme au plan national subit un échec radical à l’image de celui de la plupart des partis sociaux démocrates européens. Une chose est sûre, c’est que l’assemblée européenne reste essentiellement conservatrice.

Comme j’ai pu le dire sur les marchés pendant la distribution des tracts et avant l’élection, et les faits me donnent raison aujourd’hui, ceux qui critiquent l’action de Nicolas Sarkozy, comme le Parti socialiste à Alfortville, n’ont rien à proposer aux Français, encore moins aux Alfortvillais dans les domaines des réformes économiques ou sociales qui engagent la France de demain.

Le résultat d’Europe écologie va mettre le parti socialiste alfortvillais, comme ailleurs dans la France, en situation délicate dans sa négociation avec les écologistes pour les futures échéances électorale. Longtemps considérés comme strapontins voire appendices du Parti socialiste, il revient aux écologistes de traiter d’égal à égal avec le parti socialiste. Bonjour l’ambiance …rose et verte.

 

Si le PS alfortvillais reste en tête, c’est paradoxalement le plus grand perdant par rapport à 2004 et on doit convenir que l’UMP Alfortville est l’un des véritables gagnants de ce scrutin.

Par Lucien Pambou
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Lundi 25 mai 2009

Les élections européennes du 7 juin 2009 sont placées sous le signe de l’abstention. Les politiques, les journalistes et les citoyens ordinaires informés de la politique se désolent  de cette abstention que d’aucuns annoncent comme très importante.

 

Les premières  élections au parlement européen ont eu lieu en 1979. Depuis 1979 les thèmes évoqués pour l’élection au parlement européen n’arrivent pas à cliver de façon réelle Droite et Gauche comme c’est le cas pendant les élections nationales (présidentielles, législatives, municipales). De plus, la vie politique européenne et son explication aux électuers  demeurent très éloignées des préoccupations des Français.

 

La vérité est que l’Europe concerne les Français qui ne sont pas toujours conscients des enjeux et des apports de l’Europe pour demain. Dans tout modèle démocratique, le vote traduit la vitalité de la démocratie. Voilà que l’abstention nous guette et que l’Europe nous parait quasiment lointaine. Pour remplir l’absence d’Europe, certains responsables font campagne sur la politique nationale de Nicolas Sarkozy au nom d’anti sarkozysme primaire.

 

Des mouvements associatifs s’intéressent à la représentation de la diversité, qu’ils évitent de qualifier d’ethnique, sur les listes électorales en attribuant des bons ou mauvais points aux partis traditionnels (UMP, parti socialiste, parti communiste, NPA, Fronts de gauche, mouvements écologistes …) sur leur incapacité à faire figurer Mamadou, Kader ou Kim sur les listes électorales. Peu importe que Mamadou, Kader ou Kim ne sachent pas à quoi sert l’Europe, l’essentiel est qu’ils y soient.

 

Dépassons cet enfantillage sociétal pour revenir à des analyses plus serrées. Je pose le postulat que l’abstention doit être considérée comme un outil du renouveau démocratique. L’abstention n’est pas un refus de vote mais le point de départ d’une interrogation et d’un questionnement sur la vitalité démocratique. On a trop souvent considéré l’abstention comme un déficit de démocratie. Je ne le pense pas. Face à une mondialisation et aux enjeux supranationaux, l’abstention doit être considérée comme un moment de retour sur soi pour mieux interroger le sens démocratique d’une société. L’abstention doit être vécue comme une opportunité du renouveau démocratique en obligeant les politiques à s’interroger réellement sur les causes, la nature de l’abstention et sur les solutions éventuelles. Trop souvent l’abstention a été considérée dans la vie politique comme un déficit de démocratie. Je ne le pense pas car l’abstention actuelle doit être vécue différemment des abstentions que nous avons connues au cours des élections pendant les trente glorieuses. Il faut interroger au fond l’abstention, en faire un élément d’études, ce qui est déjà le cas, mais également un élément inséré dans les préoccupations et les malaises face au changement du monde auxquels les Français doivent faire face. Cette interrogation active de l’abstention doit permettre l’évitement des approches populistes que certains leaders ou partis politiques sont prompts à exploiter pour faire peur et enraciner le malaise social.

 

Vive l’abstention comme renouveau démocratique. Encore faut-il sortir l’abstention des chemins traditionnels d’analyse et de conclusion après les soirées électorales qui constatent que les Français ont préféré aller à la pêche, rester dans leur maison de campagne, se promener dans les bois, plutôt que de se précipiter dans les bureaux de vote.

Par Lucien Pambou
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Jeudi 21 mai 2009

« Poulbot parisien », « belle gueule », « pourfendeur de la gauche socialiste capitaliste », stratège de la politique française à gauche et à l’extrême gauche et pour terminer sous-marin de Nicolas Sarkozy selon les journaux et les commentateurs politiques auxquels je laisse la responsabilité et analyses concernant les relations entre Sarkozy et Besancenot. Voici dans le détail les qualificatifs qui caractérisent Olivier Besancenot dans cette campagne électorale européenne. Le personnage intrigue et ravit dans le même temps les journalistes, les commentateurs et les politiques de la vie politique française.

 

Le problème de Besancenot doit être analysé et compris à l’aune des enjeux de la transformation de la vie politique française. La transformation a été amorcée par Nicolas Sarkozy en termes de rupture, rupture sur les concepts, les comportements et la nouvelle vision de la vie politique française caractérisée en partie par toutes les stratégies d’ouverture du Président Sarkozy en direction de la gauche. Il s’agit d’ouvrir à ses adversaires une partie de l’espace politique pour voir ce dont ils sont capables dans le camp qui n’est pas le leur. Cela a été le cas de Kouchner, de Besson, de Bockel, et demain peut-être de Monsieur Allègre (ami de Jospin) dont les compétences scientifiques en matière de climatologie et d’environnement ne sont remises en question par personne même si elles sont discutées, ce qui est normal en démocratie. On aime ou on n’aime pas l’ouverture, mais c’est ainsi et Sarkozy amorce une autre façon de faire de la politique en France en dépassant de facto le cadre bipartisan droite/gauche.

 

La nouveauté de la transformation, autre que celle amorcée par Nicolas Sarkozy, demeure la création du NPA , nouveau parti anti-capitaliste, ancienne LCR (Ligue communiste révolutionnaire), incarné par son principal dirigeant Olivier Besancenot. Cette création a été saluée, attendue par les acteurs de la vie politique au nom de la transformation et de l’adaptation des partis à la nouvelle donne de la vie politique française, et assez paradoxalement vie politique (même si les partis politiques s’en défendent) articulée autour de la transformation du monde que par nos concitoyens désignent par la mondialisation.

 

Que nous dit Besancenot sur la politique nationale et sur les élections européennes puisque les deux évènements sont attachés ? Pas grand-chose, si ce n’est une critique radicale du sarkozysme au plan intérieur qui se transforme tactiquement et de manière paradoxale en critique du parti socialiste.

 

Où se trouve l’erreur ?

 

Pour Besancenot, il n’y a pas d’alliance possible avec le parti socialiste car celui-ci est responsable des dégâts actuels du capitalisme après avoir accepté la tournure de 1983 entreprise par François Mitterrand et Jacques Delors qui ont ancré l’économie française dans l’économie de marché et dans l’Europe libérale. Le marché et le libéralisme économique sont responsables pour Besancenot des situations actuelles de chômage et de crise financière actuelle en France. Mais, dans le même temps, Besancenot souhaite que son parti recueille le maximum de voix aux élections européennes pour dénoncer l’Europe libérale et pour constituer un pôle anticapitaliste au niveau européen. Contradiction quand tu nous tiens comme arme de dissimulation politique ! Comment peut-on comprendre que Besancenot accepte un front anticapitaliste au niveau européen, mais refuse la main tendue  du parti socialiste, du parti communiste et de Mélenchon au niveau national. La contradiction est de taille, elle nécessite d’être levée par Monsieur Besancenot lui-même. Il en a les capacités stratégiques pour éviter aux électeurs, jeunes surtout, non informés réellement de la chose politique, de se précipiter dans les bras du NPA sans analyse au préalable de ce que représentent réellement l’identité, le projet et le programme du nouveau parti anticapitaliste. Il ne s’agit pas pour moi de poser la question de la légitimité du NPA dans les élections européennes, mais de m’interroger sur la profondeur de son message afin de permettre à son électorat qui est surtout jeune de voter en son âme et conscience.

Par Lucien Pambou
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Dimanche 17 mai 2009

Selon les sondages en cours, l’UMP et le nouveau centre arriveront largement en tête lors des élections européennes. Si les sondages sont vérifiés, cela tendrait à accréditer l’idée de la maturité politique des Français qui ne confondent pas l’action de Nicolas Sarkozy au plan intérieur et celle de sa présidence réussie quand la France a assumé avec succès la présidence de l’Union européenne.

 

Au plan intérieur l’action du Président de la République est contestée, contestation amplifiée par les effets négatifs de la crise financière économique et sociale qui permettent à nos compatriotes de mettre sur un même plan les réformes et les conséquences négatives de la crise économique, empêchant ainsi ces réformes de produire leurs effets. Dans toute réforme, il ne faut pas considérer un aspect mais tous les aspects. Attendons la fin du quinquennat pour juger les réformes entreprises par Sarkozy.

 

Et les gauches ? Où sont-elles ?

 

Elles existent après le congrès de Reims qui a fait naître une dyarchie à la tête du parti socialiste, l’une officielle représentée par Martine Aubry qui consacre son temps à réorganiser le parti tant sur le plan du projet politique que de la méthode de gouvernance, l’autre, non officielle, embrassée par Ségolène Royal qui médiatiquement et après sa participation au 2ème tour de l’élection présidentielle de 2007 essaie de montrer qu’elle seule constitue la véritable alternative face à Nicolas Sarkozy en 2012.

D’autres mouvements ou partis de gauche existent : Besancenot avec le NPA (Nouveau parti anti capitaliste) a choisi la rupture avec la LCR ; Buffet avec le parti communiste continue, Mélenchon et d’autres constituent les restes des mouvements de gauche. Quelle est l’attitude de ces différentes gauches face aux élections européennes. Quel message alternatif ont-ils à proposer ?

 

Un constat malheureux : pour ces différents partis les élections européennes du 7 juin est l’occasion, selon eux, de sanctionner la politique de Sarkozy, car ils voient en Nicolas Sarkozy le porte parole à tort du néo-libéralisme, le parangon de la privatisation des services publics et pour certains d’entre eux l’origine des maux dont souffrent les Français en terme de crises financière, économique et de chômage.

 

Le diagnostic est facile, mais le constat est malhabile car ces différents partis de gauche n’arrivent pas à saisir toute la problématique des élections européennes et à la vendre à leurs militants.  Comme problématique, c’est l’anti « sarkozysme » primaire, mais cela ne fait ni un projet politique, ni un programme. La difficulté des gauches face aux élections européennes, surtout celle du parti socialiste, est liée à une absence de clarification de son identité, de son projet politique, de son programme et de ses méthodes de travail pour reconquérir l’électorat populaire.  

 

Les raisons de cet échec sont multiples, j’en vois deux. La droite française a préempté les thèmes classiques de la gauche sur les valeurs, sur l’immigration, sur la diversité, sur la morale et sur l’intervention de l’Etat comme acteur en dernier ressort face aux enjeux privés du marché, ce qui laisse la gauche sans initiatives et sans voix. L’autre raison tient à la difficulté de la gauche de mettre en place une analyse claire de reconquête de l’électorat populaire et au-delà la création d’une rupture avec le modèle des trente glorieuses qui, tous les jours, est confrontée à une mondialisation capitaliste triomphante (malgré ses déboires actuels). Les gauches face à la mondialisation sont inactives, n’ont pas de programme clair et alternatif, si ce n’est que la critique radicale souhaitant la mort du capitalisme.

 

Face aux élections européennes, les gauches françaises essaient d’exister et comme dans la mondialisation elles n’ont pas beaucoup de projets alternatifs. Les gauches se contentent simplement de critiquer la politique de Sarkozy en attendant mieux.

Par Lucien Pambou
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Mercredi 13 mai 2009

Le Président de la République, Nicolas Sarkozy, a été élu en mai 2007 entre autres sur un concept simple et utile : la rupture, la rupture avec la méthode présidentielle compassée de ses prédécesseurs, la rupture dans la façon de parler aux Français, la rupture dans la manière de bousculer l’immobilisme de notre société, la rupture dans la façon de percevoir le monde.

 

Deux ans après, où en est-on de la rupture ? Quels sont les résultats visibles et tangibles ? Certains journaux, dont le Monde du 14 mai 2009, posent la question : Nicolas s’est-il lassé de la rupture ? Allant plus loin dans son interrogation et sous forme de réponse, le Monde estime que « Monsieur Sarkozy se convertit au  temps long  et à  la méthode progressive. Pour continuer les réformes le chef de l’Etat cherche à renouer avec tous ceux qu’il a bousculés. ». De nombreuses réformes font l’objet de négociation, comme l’Hôpital ou l’Université.

 

Cette manière de présenter l’action de Sarkozy est partielle et partiale. Partielle car elle ne traite pas au fond de nombreuses réformes comme les retraites qui ont été validées par la société civile, partiale car elle ne met pas l’accent sur la complexité de la société française et de la difficulté de la réformer. Nous savons tous, citoyens français que nous sommes, que nous avons la tentation de lier en permanence l’immobilisme et le changement. Nous sommes d’accord avec les idées nouvelles, mais nous sommes en désaccord lorsque celles-ci bousculent nos acquis.

 

La rupture est assumée par Nicolas Sarkozy mais elle s’installe, en parodiant le Monde, dans un temps long et une méthode progressive. Le quinquennat ne se réduit pas à deux années mais à cinq ans. Pourquoi dans notre pays la critique est manifestement facile et la reconnaissance difficile ? Qui a le monopole de la connaissance absolue dans la façon de faire et de faire savoir ? Personne bien entendu. Mais pourquoi, au nom d’une critique conjoncturelle, on tend à accréditer que la rupture proposée par Nicolas Sarkozy n’est que conjoncturelle ?

 

Demain nous allons voter pour élire nos députés au parlement européen. L’Europe est notre nouvelle frontière. De Gaulle, Pompidou, Giscard d’Estaing, Mitterrand et Chirac ont parlé de l’Europe sans jamais affronter de crises aussi radicales que celles auxquelles Nicolas Sarkozy a été confronté pendant la présidence française de l’Europe (crise politico-militaire Géorgie/Russie, crise financière, résolution du G20). Nicolas Sarkozy en rupture avec ses prédécesseurs dans sa façon de faire a montré que la gouvernance européenne était une nécessité. Voilà la rupture et le changement pour l’Europe.

 

Sur le plan intérieur, les déplacements fréquents de Nicolas Sarkozy à l’intérieur du pays introduisent une rupture avec ses prédécesseurs qui, installés au sommet de l’Olympe présidentielle, éprouvaient un malaise avec la Nation en terme de proximité si ce n’est que dans les discours lénifiants et prévus longtemps à l’avance.

 

Les « sachants » et les « bien-pensants » dans notre société, les intellectuels qui ont tout à dire et tout à interpréter, ont beaucoup de mal à suivre l’action de Nicolas Sarkozy, une action non habituelle fondée sur le dynamisme, tous azimuts raillent-ils, sans but se moquent-ils, mais qui malgré tout change avec le conformisme mental auquel nous habituent nos « bien-pensants ».

 

Nicolas Sarkozy par son dynamisme et sa politique de rupture incomprise par les « bien pensants » est en train progressivement et de façon complexe de fonder la République en mouvement, ce qui permet de dépasser le débat franco-français sur le changement en l’inscrivant dans la mondialisation régulée et négociée. 

Par Lucien Pambou
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Lundi 4 mai 2009
Selon le quotidien Metro, 65 % des Français interrogés seraient mécontents de l’action de Nicolas Sarkozy à mi mandat en tant que Président, 24 % seulement seraient favorables à son action. 

 
Au-delà de la méthode statistique toujours discutable de l’échantillon retenu et de la nature des questions posées, une incompréhension demeure entre Sarkozy et la République. Nicolas Sarkozy a été élu pour conduire des réformes. Elles sont nombreuses ces réformes économiques et sociales menées entre mai 2007 et janvier 2009 ! On peut citer pêle-mêle : la réforme des régimes spéciaux des retraites de la SNCF, de la RATP, d’EDF et de GDF. Il en est ainsi aussi des accords ou protocoles concernant le contrat de travail, la durée de travail, les heures supplémentaires, la création d’un pôle emploi (ASSEDIC + ANPE), la représentativité des organisations syndicales, les fondements de la lutte contre la pauvreté (revenu de solidarité active), les possibilités d’implantation des grandes surfaces, la situation des taxis qui a été réglementée et le débat en cours sur le travail le dimanche. Voilà pour les réformes. 

 
Des contestations sont nées qui n’ont rien à voir avec les réformes entreprises mais trouvent leurs origines dans la crise financière, économique et sociale actuelle. 

 
Pourquoi nos compatriotes paraissent-ils insatisfaits ? Il me semble que deux pistes d’analyse, parmi de nombreuses, sont possibles. La méthode de réformes du Président par la stratégie du râteau a été incomprise car non expliquée, alors qu’elle peut être validée par l’explication. Il manque aux réformes entreprises un faire-savoir avec une explication à la clé pour les décisions prises. D’ailleurs, la loi du 31 janvier 2007, dite de modernisation du dialogue social, permet au gouvernement pour tout projet de réforme dans les domaines des relations du travail, de la formation professionnelle, de publier un document d’orientation exposant diagnostics, objectifs et les modalités envisagées pour une éventuelle négociation avec les syndicats, pratique rendue non visible sur le terrain, surement à cause de la crise, mais par un manque de stratégie de communication politique sélective. 

 
La stratégie du râteau a un défaut, c’est qu’elle ramasse tout et il revient donc à l’utilisateur de faire des choix, de sélectionner des éléments importants et de les présenter à la Nation. La France pays réputé irréformable, toujours prêt à l’affrontement (hôpital, université, prison) est capable de se mobiliser et de se réformer. 

 
Le bilan d’étape de Nicolas Sarkozy doit être lu à l’aune de ces réformes qui nécessitent un faire-savoir et une stratégie de communication politique plus audacieuse de la part du gouvernement. Ce qui fut possible pendant la présidence française de l’Europe en termes de visibilité de l’action présidentielle peut l’être aussi en matière des réformes économiques et sociales, à condition de choisir le bon tempo de communication politique.

 
Par Lucien Pambou
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Vendredi 1 mai 2009

Commentaires de l’émission France 3 animée par Frédéric Taddeï du 30/04/09 après soir 3

 

Dans son émission liée à la crise économique et sociale, Frédéric Taddeï se propose de faire parler un certain nombre d’intellectuels français, comme Françoise Bergen et Vincent Cespedes philosophes, Jérôme Monod ancien PDG de la Lyonnaise des Eaux, ancien conseiller politique de Jacques Chirac, Henri Vacquin sociologue, Serge Quadruppani écrivain et Yann Moulier-Boutang économiste.

 

Que nous disent ces intellectuels ?

 

Chacun à sa façon, en fonction de son univers intellectuel, nous propose une description de la crise, morale pour certains, économique pour d’autres. Malheureusement le compte n’y est pas. On s’attend à un diagnostic serré et critique de la crise avec proposition de solutions, or qu’obtenons-nous : des envolées lyriques sur la crise philosophique que traverse notre société, sur les égarements de Nicolas Sarkozy en tant que Président de la République, sur la fondation ou la refondation du système capitaliste.

Frédéric Taddeï, sans s’en apercevoir, quitte son sujet et recentre son discours autour de la refondation du capitalisme, la question posée est en désaccord fondamental avec le titre de l’émission proposée. Que peut attendre un citoyen informé du titre de l’émission proposée par Frédéric Taddeï ?

 

1.      Un décryptage précis de la notion de crise sociale (Les subprimes favorisent la crise sociale car les ménages aux Etats Unis perdent leurs logements, mais on peut légitimement s’interroger sur les liens sur la crise des subprimes et la crise sociale française à la veille du premier mai.  Cette adresse va à l’économiste Yann Moulier-Boutang qui nous parle d’Obama, des taux d’intérêt et de l’accumulation du capital. Cherchez l’erreur.) nous aurait permis d’avoir une lecture précise de la signification de la crise sociale en France en liaison  avec un premier mai 2009 que d’aucuns annoncent comme historique, même si sur le plan politique à gauche Ségolène Royal a refusé l’invitation à manifester ensemble avec Martine Aubry, préférant exister pour elle et par elle-même à travers la région de Charente-Poitou, dont on peut penser qu’elle sera la région levier pour la déclaration de sa candidature à l’élection présidentielle en 2012.

 

2.      La crise sociale pour les philosophes présents sur le plateau est morale. Ils mettent en exergue le concept de résistance et de la mise en adéquation d’intérêts contradictoires. Pour  l’homme politique que représente Jérôme Monod, il n’y a pas d’alternative au système capitaliste dont il faut certes revoir les règles. Quant au sociologue Henri Vacquin, il nous propose une lecture structurelle de la crise avec la nécessaire obligation de redonner du lustre au pouvoir syndical dans sa capacité de négociation avec le patronat au sein de l’entreprise. Pour l’écrivain Serge Quadruppani, la « pyramidalisation » du pouvoir doit être remise en cause en repensant de façon différente les bases de la société.

 

3.      Au total, les liens entre la crise sociale et ses effets sur le premier  mai 2009 n’ont pas été traités au fond. La télévision joue peut-être un rôle important dans la connaissance de l’information, mais force est de constater que l’information est traitée de façon trop rapide, trop lacunaire avec un besoin morbide : montrer à la société que la télévision s’occupe d’elle alors que cette occupation, comme vous avez pu le remarquer ce soir, n’est qu’évasive, conjoncturelle car pour la télévision l’impératif actuel de la société n’est pas la crise sociale mais comment promouvoir des artistes en profitant de l’incompréhension liée au brouillard de la crise sociale.

 

4.      Nous sommes certains, dont moi, à n’avoir rien compris à l’émission de ce soir. On peut nous soupçonner d’une incapacité de complaisance mais pas intellectuelle, car nous nous attendions à une émission de débat sociétal approfondi et non pas de distraction, où le cabaret et un certain nombre de musiciens par leur talent nous ont scotchés à l’émission de Frédéric Taddeî.

 

5.      On reproche aux Français de ne pas s’intéresser à la politique et à ses implications sociétales, mais ce type d’émission « La Crise, est-ce que ça va péter ? » les laisse sur leur faim. Une précision, par péter nous ne voulons pas la révolution mais la compréhension d’une crise que d’aucuns annoncent comme structurelle, durable et dont les effets sociaux sont importants.

 

Par Lucien Pambou
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Samedi 25 avril 2009

Présence ou boycott à Genève ?

 

La plupart des représentants des Républiques occidentales ont choisi de sortir de la salle de conférence au moment où le président iranien Mahmoud Ahmadinejad a pris la parole pour traiter Israël d’Etat raciste et dépositaire de tous les crimes de l’humanité. C’est une position qui grandit et qui honore ses Etats. On aurait aussi aimé que ces Etats aient la même position vis-à-vis de l’Afrique du Sud quand elle pratiquait une politique d’apartheid avant que Mandela sorti de la prison de Roben Island arrive au pouvoir et construise la société arc en ciel actuelle dont Tahbo M’Beki et Jacob Zuma actuel Président élu perpétuent l’attente cordiale entre les peuples.

Le boycott heureusement de quelques heures de quelques représentants occidentaux  n’est pas admissible pour les raisons suivantes. Quand on veut s’opposer aux thèses extrémistes de son adversaire, on le regarde dans les yeux et dans les yeux on lui répond.

On ne déserte pas la salle pour négocier ensuite des contrats juteux en sous main quand on sait que l’Iran a du pétrole et formule des propositions claires pour être une puissance nucléaire. La plupart des Occidentaux qui ont déserté la salle de conférence aident l’Iran en sous-main à devenir une puissance nucléaire.

Les Droits de l’Homme sont d’abord les Droits du sujet, de l’individu. Or, malheureusement, mondialisation ou ouverture oblige, les droits de l’homme ont été pervertis par des pratiques collectives qui valorisent les religions, le commerce, les groupes. Les valeurs collectives qui remplacent les valeurs individuelles pervertissent les luttes contre le racisme et tendent à valoriser les extrémismes au dépend du sujet qui demeure l’alpha et l’omega de la doctrine des Droits de l’Homme.

Au fond, être présent à Durban 2 est une attitude positive. Boycotter Durban 2 représente une approche régressive. Certains Etats sans choisir ont décidé d’être un peu présents tout en boycottant. Les Etats Unis, Israël et d’autres Etats ont choisi de ne pas être présents du tout. Qui a raison ?

 

 

Par Lucien Pambou
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Mercredi 22 avril 2009

Que faire ?

 

Chaque jour qui passe apporte son lot de mauvaises nouvelles, traduisant la colère des salariés. Ces mauvaises nouvelles en pratique se traduisent par des séquestrations de patrons, de cadres dirigeants ou de hauts dirigeants d’entreprises étrangères ou nationales. De Caterpillar en passant par Continental, ces séquestrations interrogent brutalement la République sur sa capacité à apporter des réponses à la crise et à ses conséquences : le mal être des salariés. La réponse du président de la République est claire : les organisateurs des  séquestrations feront l’objet de poursuites devant les tribunaux. Au-delà de la réponse institutionnelle, essayons de comprendre ce qu’il se passe dans notre République après la fin des trente glorieuses.

 

1.      Premier enseignement : le modèle français de production après la fin de la guerre a changé, le système productif s’est adapté aux nouvelles technologies et aux exigences de la compétition internationale hier et mondiale aujourd’hui. En revanche, les conditions du dialogue social préventif des grèves ne sont pas au rendez-vous dans notre pays, ni du côté du patronat, ni de celui des syndicats : les deux côtés préfèrent l’affrontement aux négociations.

 

2.      Deuxième enseignement : la valorisation des marchés comme modèle de flexibilisation de la production et des conditions de rémunération ne rend pas service aux entreprises qui ne font pas beaucoup évoluer les rémunérations des salariés qui sont moins qualifiés, voire moyennement qualifiés en réservant assez paradoxalement la plus grande part du gâteau aux cadres dirigeants et aux actionnaires.

 

3.      Troisième enseignement : les salariés ont été « taiseux » jusqu’à ce que la crise économique, les licenciements, les faillites conduisent à des débordements qui se traduisent par de la violence consciente qui entraîne la séquestration. Certains salariés ont souffert des licenciements et de la crise qui les ont amenés jusqu’au suicide.

 

4.      Quatrième enseignement : les séquestrations cesseront car la raison finira par l’emporter. Néanmoins, rien ne sera plus comme avant. Un partage correct de la valeur ajoutée doit être opéré, les salariés ne doivent plus être considérés comme la variable d’ajustement mais comme de véritables acteurs de l’entreprise grâce aux dividendes salariaux, à l’intensification des mécanismes de participation et à l’augmentation des rémunérations, donc des salaires.

 

5.      Cinquième enseignement : la sortie de la crise passe par l’investissement valorisé par le plan de relance du gouvernement Sarkozy/Fillon, mais surtout aussi par la demande qui permet aux entreprises de produire en espérant que leurs produits feront l’objet d’achat de la part des Français, parmi lesquels on trouve un certain nombre de salariés qui revendiquent. La crise financière, qui s’est traduite par une crise économique et sociale, doit nous apprendre l’humilité et nous permettre de replacer l’homme au centre du système productif et non le profit, même si celui-ci est indispensable pour l’investissement, la croissance et le développement de l’entreprise.

 

6.      Dernier enseignement : la France doit revoir en pratique ses méthodes de négociation sociale, de prévention des crises pour éviter les crispations qui conduisent aujourd’hui aux violences. Elle sait le faire de manière théorique et volubile, encore faut-il qu’un jour la théorie rejoigne la pratique.

 

 

Par Lucien Pambou
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