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25 mars 2015 3 25 /03 /mars /2015 21:15

La gestion des crises par François Hollande

 

 

François Hollande fait de la gestion des crises sa marque de fabrique en vue de l'élection présidentielle de 2017.

 

2012 : François Hollande vient de gagner l'élection présidentielle en battant Nicolas Sarkozy. Fin 2013-début 2014 commencent les premiers ennuis pour le Président de la République en matière de crise de confiance et de popularité.

Tout a été dit sur François Hollande : François Hollande ne fait pas Président, il n'incarne pas la France, etc. Il avait d'ailleurs rendu ce discours possible en se présentant comme un Président normal, sauf que la Vème République et les Français souhaitent que le Président de la République élu incarne la fonction et les représente dignement.

Plusieurs crises ont permis à François Hollande de rehausser son image. Commençons par évacuer la crise économique et surtout le chômage qui continuent de plomber son image et de le rendre impopulaire en France. Il avait déclaré qu'il ne se représenterait pas pour un second mandat en 2017 s'il n'arrivait pas à inverser la courbe du chômage. Malheureusement la vie est ainsi, elle réserve son lot de surprises et le Président Hollande est devenu bon gestionnaire des crises en rehaussant l'image de la France aux plans international et national.

Crises 

L'intervention française au Mali en janvier 2013 (opération Serval), la volonté de contenir l'avancée islamique en Afrique grâce à un redéploiement des forces françaises aussi bien dans le Sahel que dans les Afriques francophones de l'Ouest et du Centre et la mise en place de la force Barkhane lancée le 1er août 2014 ont permis de donner ses lettres de noblesse à François Hollande, commandant en chef de l'armée française qui défend les intérêts de la France dans son pré carré africain.

Au Moyen-Orient François Hollande a voulu que la communauté internationale intervienne contre Bachar Al Assad. Les refus de la Chine et de la Russie et l'absence de volonté de faire des Etats-Unis donnent raison à Hollande car Bachar est toujours aux affaires en Syrie et que l'Etat islamique (ou Daesh) existe en partie avec la complicité du régime syrien.

En Europe, Hollande s'est dépensé sans compter en compagnie de l'Allemagne de Madame Merkel pour éviter un affrontement brutal entre l'Ukraine et la Russie de Poutine. Au plan national, Hollande a géré avec émotion, passion et raison l'unité nationale qui a entrainé la création d'un vaste mouvement « Nous sommes Charlie » après les folies meurtrières des frères Kouachi contre les journalistes de Charlie Hebdo et de Coulibaly contre le supermarché Hyper Caher.

Aujourd'hui, le crash de l'Airbus A320 de Germanwings (filiale lowcost de la compagnie allemande Lufthansa) permet à François Hollande de montrer la solidarité de la France envers l'Allemagne et l'Espagne et de construire une stratégie compassionnelle et de raison envers ses deux partenaires européens.

Hollande, malgré ses affaires intimes médiatisées, réussit à remonter dans les sondages, lui dont on disait qu'il était à jamais perdu pour 2017.

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Published by Lucien Pambou
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24 mars 2015 2 24 /03 /mars /2015 17:40

Le Front National favorise la tripartition du paysage politique français

Premier tour des élections départementales a eu lieu le dimache 22 mars 2015 en France.

 

En créant le Front National, Jean-Marie Le Pen avait un objectif : être une voix contestataire dans un paysage politique français qui, depuis la 5ème République, était en voie de recomposition. Jean-Marie le Pen n'a jamais voulu le pouvoir, et encore moins gouverner la France. Ce n'est pas le cas de sa fille Marine Le Pen, ni de sa petite fille Marion Maréchal-Le Pen qui, de façon très subtile, imposent un modèle « matriarcal » de gouvernance dans un pays comme la France où le patriarcat et le machisme masculin sont dominants au niveau de la gouvernance dans les partis politiques.

Premier tour

Quelque soit la lecture que l'on peut faire du premier tour et des résultats, sans être adepte des idées de Marine Le Pen, on est, malgré tout, forcé de reconnaitre que c'est une stratège. Elle est en train de réussir là où son père a échoué : faire du Front National un parti acceptable pour les Français qui votent pour lui. Peut-être dans quelques années le Front National arrivera-t-il aux affaires ?

Après le premier tour des départementales, Nicolas Sarkozy, l'UMP et l'UDI sortent grands vainqueurs. L'humiliation attendue du PS n'a pas eu lieu et l'abstention prophétisée par les instituts de sondage n'est pas là. Marine Le Pen qui a voulu faire du Front National le premier parti de France après le premier tour, n'a pas totalement réussi son projet. En revanche, le Front National est implanté dans toute la France : ce qui était impensable avec Jean-Marie Le Pen est devenu une réalité avec sa fille Marine Le Pen qui, par son action, favorise la tripartition du paysage politique français.

 

Tripartition du paysage politique français

 

Il y a deux partis républicains du gouvernement : l'UMP et son allié traditionnel l'UDI et le Parti Socialiste et son allié turbulent les Verts. Il faut désormais introduire un troisième acteur : le Front National de Marine Le Pen. Le deuxième tour des départementales s'annonce difficile pour l'UMP qui a beaucoup de mal à contenir son allié traditionnel dans la trajectoire du ni-ni, ni FN, ni PS, en cas de choix au deuxième tour. Pour l'UDI, la stratégie du vote républicain énoncé par le Parti Socialiste ne doit pas être rejetée en bloc, elle doit faire l'objet d'une appréciation au cas par cas.

Si Marine Le Pen n'a pas réussi au soir du premier tour à devenir le premier parti de France, son installation en tant que force de référence dans le paysage politique français accélère la tripartition de celui-ci avec des conséquences futures qui vont sûrement mettre en difficulté l'UMP et le PS.

 

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Published by Lucien Pambou
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15 mars 2015 7 15 /03 /mars /2015 09:59
 

 

 

Les Verts et la stratégie présidentielle de François Hollande pour 2017

François Hollande met en place une stratégie qui consiste à diviser les Verts et à isoler Cécile Duflot.

 

François Hollande, ancien premier secrétaire du Parti Socialiste, devenu Président en 2012, est resté le même sur sa manière de percevoir et d'analyser l'espace politique français. Hollande est un homme de synthèse qui sait qu'aucune décision ne doit être prise de manière réactive. François Hollande analyse le problème, en tire des conclusions idoines et prend des décisions.

Le problème pour Hollande ce sont les Verts qui depuis leur départ du gouvernement, risquent de lui faire défaut au premier tour des présidentielles de 2017. Cécile Duflot, grande dirigeante du mouvement Europe-Ecologie-Les Verts, a quitté le gouvernement et semble se rapprocher du Front de Gauche pour dire à Hollande qu'il est temps d'infléchir sa ligne politique et économique qui doit être plus orientée à gauche.

Dans le magazine Challenges, François Hollande a dit qu'il ne changerait pas de politique et Emmanuel Macron, ministre de l'Économie, demande au Président de la République d'opter pour plus de réformes économiques plus libérales. C'est un Casus Belli pour Cécile Duflot qui estime que François Hollande a trahi ses engagements de 2012. Pour le Président Hollande, c'est une aubaine qui lui permet de retrouver ses habits d'ancien premier secrétaire du PS en organisant une synthèse sur le dos des Verts.

 

Travailler les Verts

Concernant les membres de ce parti, François Hollande a deux fers au feu. Le premier fer est la proposition qu'il fait de façon subliminale au sénateur Jean-Vincent Placé, à la secrétaire nationale des Verts Emmanuelle Cosse et au député européen des Verts de la Loire Atlantique François de Rugy: rejoindre le gouvernement après les élections départementales des 22 et 29 mars 2015.

L'autre fer est porté en direction de monsieur Jean Luc Bennhamias, vice-président du MODEM (après avoir rejoint son président François Bayrou), qui pourrait créer un nouveau parti des Verts au centre en raison de son départ du MODEM.

François Hollande a compris que les communistes, qui étaient les alliés traditionnels de François Mitterrand, sont remplacés aujourd'hui par les Verts. S'ils ont une grande audience électorale, ils restent marqués par des divisions politiques qui font l'objet de railleries dans l'espace politique français de la part des citoyens et des autres dirigeants politiques. Les divisions des Verts traduisent des conceptions différentes de l'écologie. C'est ainsi que l'on peut analyser la formation Europe-Ecologie-Les Verts qui doit son existence à un grand leader européen, Daniel Cohn-Bendit, qui a été rejoint par d'autres membres de la société civile favorable à l'écologie.

 

2017 dans la ligne de mire

François Hollande, homme de synthèse, a compris, même si c'est un pari risqué, qu'il fallait diviser les Verts pour mieux les réunir de façon à espérer être présent au second tour de l'élection présidentielle de 2017. Hollande a médité le principe politique toujours permanent de François Mitterrand: pour être présent au second tour de l'élection présidentielle en France, il faut rassembler son camp et ses alliés.

Pour ne pas avoir médité et compris cette leçon politique, Lionel Jospin et le Parti Socialiste ont été éliminés au premier tour de l'élection présidentielle de 2002. Ce qui a entrainé la présence de Jean-Marie Le Pen du Front National au second tour.

Le Président François Hollande fait un pari risqué: isoler Cécile Duflot, figure militante et connue des Verts, pour mieux façonner sa stratégie présidentielle pour 2017, car le Président, quoiqu'il dise et affirme, se présentera en 2017.

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13 mars 2015 5 13 /03 /mars /2015 19:52

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9 mars 2015 1 09 /03 /mars /2015 21:16

Le Front National et ses « nouveaux » électeurs

Pourquoi le Front National attire-t-il de nouveaux électeurs qui font défaut aux partis "classiques " ?

La France ne parle que du Front National qui a réussi son pari : attirer de nouveaux électeurs et obliger le premier Ministre Valls à faire une publicité gratuite de Marine Le Pen et de son parti.

Pour des raisons stratégiques liées à la mobilisation des électeurs de gauche, le premier Ministre socialiste Valls a dramatisé la présence du Front National dans le champ politique français le 9 mars lors d'une émission sur la télévision française I-Tele. Marine le Pen et le Front National peuvent gagner les élections présidentielles de 2017 selon Monsieur Valls. La théâtralisation de l'annonce par le Premier Ministre ne doit pas cacher la vérité : la montée du Front National dans l'espace politique français est liée à la mobilisation de ses nouveaux électeurs qui viennent de l'UMP, du PS et du Parti communiste.

 

Le Front National déstabilise la stratégie classique de mobilisation des électeurs qui faisaient confiance aux partis de gouvernement. Les nouveaux électeurs du Front National ne se reconnaissent plus dans les partis traditionnels et s'estiment dépossédés de leur statut de militant et de « Français ». Par Français, il faut entendre que ces nouveaux électeurs ont le sentiment d'être abandonnés par les partis classiques. Une partie importante des classes moyennes, d'intellectuels, de fonctionnaires, mais surtout des employés, des ouvriers, des chômeurs, des agriculteurs, des jeunes estime que seul le Front National comprend leur désarroi, leurs problèmes et le sentiment de non reconnaissance et d'abandon dont ils sont victimes de la part des partis traditionnels (UMP, PS, PC, UDI, Modem, Front de Gauche).

 

Marine Le Pen, sans faire d'effort, est en train d'installer son parti dans l'espace politique français car les partis traditionnels de gouvernement ont beaucoup de mal à expliquer le rôle de la mondialisation de l'Europe qui ne sont pas responsables des malheurs de ces nouveaux électeurs qui migrent vers le Front National.

 

Les partis classiques parlent de pauvreté, de mondialisation, d'Europe. Le Front National répond : il y a des Français pauvres, il y a des Français chômeurs à cause de la mondialisation et face à l'Europe la nation française doit être valorisée. Certains estiment que le discours du Front National et les solutions aux problèmes sont démagogiques. Certes and so what ? La réalité politique montre que le Front National participe à la recomposition de l'électorat français.

 

Il reste aux partis politiques classiques à formuler une offre politique concrète aux nouveaux électeurs du Front National pour que ceux-ci reviennent à la maison. Il faut que les partis politiques classiques nettoient leur maison sur le plan idéologique et pragmatique pour retrouver leurs anciens électeurs qui sont devenus nouveaux pour le Front National.

 

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9 mars 2015 1 09 /03 /mars /2015 19:51

http://fr.blastingnews.com/opinions/2015/03/departementales-decryptage-de-la-strategie-de-marine-le-pen-et-du-fn-00297323.html

Départementales : décryptage de la stratégie de Marine Le Pen et du FN

Pourquoi le Front National fait-il peur aux partis politiques "classiques", l'UMP et le PS ?

 

L’UMP et le PS peuvent rester tranquilles et vaquer à leurs occupations en s’opposant de manière habituelle sur leurs thèmes généraux et non sur ceux du FN. Ils risquent d’être perdants de manière symbolique lors des élections départementales des 22 et 29 mars prochains, même si le Front National n’arrive pas à gagner des départements à cause, ou grâce, au scrutin majoritaire de ce type d’élection.

 

Marine Le Pen, malgré les sondages favorables, ne gagnera pas les élections départementales, même si les voix qui se porteront sur ses candidats seront importantes. Le scrutin majoritaire à deux tours ne permet pas au FN d’être en situation de l’emporter. En revanche, le FN va avoir un pouvoir de nuisance en obligeant soit l’UMP, soit le PS, à faire un choix en cas de triangulaire. Marine Le Pen et le FN attendent les Régionales de 2015 au cours desquelles le scrutin est à la proportionnelle. Au cours de ces élections, on est à peu près sûr d’avoir des conseillers régionaux appartenant au FN.

 

Marine Le Pen n’est pas intéressée par les Départementales qui vont nommer des conseillers départementaux qui remplacent les conseillers généraux, thème générique désignant les élus qui représentaient les cantons au sein d'un Conseil Général. Marine Le Pen dessine une stratégie de dissémination politique des représentants du FN dans l’espace public.

 

Il s’agit de prendre date face aux électeurs en leur montrant que le FN est représenté par des candidats qui finalement leur ressemblent. On trouve des ouvriers, des sans-emplois, des Français appartenant aux classes moyennes, intermédiaires et supérieures qui vont représenter le FN au cours des élections départementales. Ces candidats n’ont pas d’expérience politique pour la plupart d’entre eux, mais peu importe, pour Marine Le Pen il s’agit de montrer que le FN est présent dans tout l’espace politique.

 

C’est une stratégie gagnante pour Marine Le Pen car elle vise à montrer que le FN n’est plus ce petit parti contestataire créé par Jean-Marie Le Pen mais que ce parti a vocation à gouverner demain la France. Le dire, ce ne pas être "pour" Marine Le Pen, mais juste éviter de jouer l’hypocrisie trop souvent coutumière dans notre belle société française. De plus, Marine Le Pen a mis au point une stratégie d’analyse qui vise à dénoncer l’incapacité de l’Etat français à protéger, au nom de l’Etat providence, l’ensemble des Français. Marine Le Pen a parfaitement compris que l’Etat stratège actuel, qui compose avec l’économie de marché qui privilégie l’économie au détriment de la société, doit être dénoncé.

 

Pour Marine le Pen, la dénonciation est facile dans la mesure où les partis dits de gouvernement, comme l’UMP ou le PS, sont incapables de définir les nouvelles missions sociales de l’Etat stratège, ce que naguère savait faire l’Etat providence. Pour le FN, c’est du pain béni car il enfonce un coin stratégique intéressant pour asseoir ses revendications.

 

Il reste au PS et à l’UMP de sortir de ce piège en expliquant réellement aux Français la signification et l’importance des élections départementales, en évitant les travers des dirigeants de ces deux mouvements qui nationalisent le débat alors qu’il s’agit, pour les  Départementales des 22 et 29 mars 2015, de parler des territoires et de la contribution des Institutions départementales aux difficultés (crèches, transports, maisons de retraite, etc.) rencontrées par les Français sur le terrain.

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28 février 2015 6 28 /02 /février /2015 14:53

Pour la construction d'une laïcité fraternelle et républicaine en France

La laïcité serait-elle en danger en France? Comment reconstruire le lien social entre les citoyens français?

 

Depuis l'union sacrée du 11 janvier 2015, les avis divergent quant au principe de laïcité. Certains estiment qu'elle est en danger dans la République française, alors que pour d'autres il faut la refonder.

 

Depuis 1905, le mot laïcité est entendu... Il met en évidence la séparation entre les actions qui appartiennent à la sphère publique et celles, surtout religieuses, qui font référence à la sphère privée. La promotion de la laïcité était entendue car le modèle religieux judéo-chrétien était le modèle de référence. Avec l'émergence d'autres religions en France, la séparation entre les sphères publique et privée de la laïcité pose problème. Les préceptes de l'Islam ne sont pas divisibles, il n'y a pas un Islam appartenant à une sphère privée qui regarderait un autre Islam fonctionnant dans la sphère publique et qui, au nom d'une promotion du concept du "vivre-ensemble", obligerait l'Islam à une mutilation théologique. Les deux aspects de l'Islam cohabitent: les sphères privée et collective vont ensemble. Il y a donc un problème et une incompréhension. Comment concilier ces deux aspects? Quel type de réponse adéquate la République peut-elle apporter à cette difficulté qui n'est pas que théorique, mais qui engage aussi la vie de nos compatriotes musulmans dans la République française ?

 

Je suis catholique, je suis ouvert à mes compatriotes musulmans et, au nom de la laïcité et de la citoyenneté, j'ai tout à fait le droit, comme d'autres, de discuter des faits religieux et non seulement d'une religion dans notre société. Quand on écoute les uns et les autres, on entend des voix qui nous disent que le problème religieux dans notre société est celui de l'Islam. Qu'on me permette d'en douter. L'Islam est une religion neuve en France par rapport au judaïsme et au christianisme, les combats autour de la laïcité n'ont pas tout de suite été pris en compte par l'Eglise catholique malgré la loi de 1905. Le culte protestant est, de nos jours, extrêmement divers avec de nombreux courants évangéliques qui ne reconnaissent pas tous leur appartenance à la fédération protestante. La création d'une organisation musulmane qui remplacerait le Conseil du culte français musulman est une bonne chose institutionnelle, nécessaire mais insuffisante. Nécessaire car le dialogue serait ainsi créé avec les autorités de la République qui valorisent un Islam à la française, insuffisante car la pratique de l'islam ne se découpe pas entre sphère privée et sphère publique. Nous passons d'une analyse institutionnelle à une analyse sociétale qui exige plus d'approfondissement sur la manière de construire un Islam à la française.

 

On peut se demander pourquoi l'Islam de France doit réaliser en très peu de temps ce que d'autres religions ont mis des siècles à accepter. Ce n'est pas un jugement mais une remarque analytique qui doit favoriser le débat pour des solutions constructives.

 

Nous sommes au milieu du gué et il semble exister en France deux conceptions de la laïcité, l'une très fermée et l'autre plus avenante et libérale. Le non-respect des principes de la première forme de la laïcité (rigoriste) entraine des crispations en faisant resurgir ce qui existait hier, un courant antireligieux, anticlérical, et qui devient aujourd'hui antimusulman. La laïcité libérale exprime une forme de tolérance, or, assez paradoxalement, cette tolérance conduit à la mise en place des zones communautaristes.

 

Le "vivre-ensemble" nécessite que chaque individu, chaque communauté, chaque homme et femme, quelque soit sa religion, fassent un pas vers l'autre pour faire peuple. C'est à ce prix que se construit la République.

 

La République est un espace public qui ne doit pas valoriser ou favoriser les communautés qui, assez paradoxalement, existent de manière sociétale. Il faut éviter les crispations à cause des signes communautaires. Nous voici au début des difficultés d'une laïcité républicaine qui ne soit ni rigoriste, ni libérale, mais qui est à construire. C'est la laïcité fraternelle et républicaine.

 

Voilà l'enjeu pour demain et pour la République.

 

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21 février 2015 6 21 /02 /février /2015 10:59

http://leplus.nouvelobs.com/contribution/1325575-valls-sous-influence-juive-selon-roland-dumas-c-est-inacceptable-il-doit-s-excuser.html

 

Valls "sous influence juive" selon Roland Dumas : c'est inacceptable. Il doit s'excuser

 
 
 

LE PLUS. Au micro de RMC et BFMTV, Roland Dumas, a déclaré que Manuel Valls était "sous influence juive", en précisant que cette "influence" était celle de sa femme, Anne Gravoin. Des déclarations jugées inexcusables par notre contributeur Lucien Pambou, militant UMP. Il somme l'ancien ministre des Affaires étrangères de s'excuser.

Édité par Anaïs Chabalier  Auteur parrainé par Maxime Bellec

Au micro de RMC et BFMTV, Roland Dumas, a déclaré que Manuel Valls était "sous influence juive" (I.HARSIN/SIPA)

 

Le président François Mitterrand doit se retourner dans sa tombe à Jarnac en se demandant quelle mouche a piqué Roland Dumas, son ami intime, résistant comme lui, ministre des Affaires étrangères pendant longtemps et ancien président du Conseil Constitutionnel.

 

Invité de Jean-Jacques Bourdin sur RMC et BFMTV, Roland Dumas a affirmé que le Premier ministre Valls était probablement "sous influence juive", à cause de son épouse Anne Gravoin.

 

C’est un déshonneur pour la Mitterrandie et pour le président François Mitterrand.
 
On peut discuter à satiété sur les rapports ambigus entre les juifs et François Mitterrand, mais une chose est sûre : il a toujours eu la volonté d'apporter une réponse équilibrée entre Israéliens et Palestiniens.  

 

 

 

Roland Dumas donne des billes à l'extrême droite

 

Au moment où la République est menacée par le terrorisme et un antisémitisme croissant, sa déclaration n’est pas la bienvenue et il faudrait que tous les partis politiques condamnent celle-ci au nom de la cohésion sociale dans la République.

 

On ne peut pas, après avoir assumé de hautes responsabilités comme Roland Dumas, attaquer de façon quasiment délibérée le Premier ministre d’être l’époux d’une femme juive, Anne Gravoin, artiste connue et discrète.

 

Que veut Monsieur Dumas ? Donner des billes à l’extrême droite et à l’islamo-fascisme dans leur critique radicale contre les juifs de France ? Déstructurer le fil ténu d’un lien social commençant le 11 janvier 2015 ?

 

Je ne suis pas de ceux qui pensent que Monsieur Dumas a agi au nom de la sénilité. On peut être âgé et conscient, c’est le cas de Monsieur Dumas.

 

Il le fait car il n’a jamais accepté la pente sociale-démocrate actuelle du Parti socialiste, mollement incarnée par François Hollande, mais plus matériellement marquée sur le terrain et revendiquée par Manuel Valls.

 

Anne Gravoin est la victime, elle n’a rien demandé

 

Roland Dumas est nostalgique d’un Parti socialiste incarné par François Mitterrand qui disparaît.

 

Au sein de ce parti évanescent, on retrouve les frondeurs comme Hamon et d’autres députés et surtout Roland Dumas, qui n’a jamais accepté l’arrivée de Manuel Valls à la primature.

 

La déclaration de Monsieur Roland Dumas est inexcusable. On ne peut pas attaquer les personnes. Il doit faire des excuses publiques à Monsieur Valls, au Parti socialiste mais surtout à son épouse Anne Gravoin, qui n’a rien demandé et qui se trouve embarquée dans une affaire dont elle est la première victime.

 

En agissant ainsi, Roland Dumas, assez paradoxalement, montre qu’il n’est pas républicain alors qu’il est résistant et fils de résistant et que son père Georges Dumas a été fusillé par la Gestapo en 1944.

 

La Gestapo, ce sont des nazis qui désignaient les juifs comme des êtres mineurs qu’il fallait éliminer. Comment Roland Dumas, avocat qui connaît le sens de l’histoire et la valeur des mots, a-t-il pu se laisser ainsi aller au cours d’une émission ?

 

Monsieur Dumas, présentez vos excuses à Madame Gravoin, épouse de Monsieur Valls, au Premier ministre, à la communauté juive et à la République.

 

Vos propos sont inacceptables au moment où la République essaie de se reconstruire et de retisser du lien social.

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4 février 2015 3 04 /02 /février /2015 18:10

http://leplus.nouvelobs.com/contribution/1317651-legislative-dans-le-doubs-sarkozy-doit-clarifier-d-urgence-la-ligne-politique-du-parti.html

 

LE PLUS. L'UMP se montre plus divisée que jamais. Les esprits se sont échauffés, mardi 3 février, lors du bureau politique du parti, au moment de déterminer la ligne à adopter en vue du second tour de l'élection législative partielle du Doubs, où s'opposent un socialiste et une frontiste. Pour Lucien Pambou, militant UMP, une refondation idéologique du parti est urgente.

 

Édité par Sébastien Billard  Auteur parrainé par Maxime Bellec

Nicolas Sarkozy à Paris, le 7 janvier 2015 (E. FEFERBERG/AFP).

 

Faut-il soutenir le candidat PS, au nom du pacte républicain, rester neutre ou voter blanc ? Depuis l'élimination du candidat UMP après le premier tour de l'élection législative partielle du Doubs, l’UMP se divise sur la question.

 

En début de semaine, les divergences entre Nathalie Kosciusko-Morizet, qui est pour le soutien au candidat socialiste, les atermoiements de Gérald Darmanin et la position de Wauquiez, sont révélatrices du trouble idéologique dans lequel se trouvent le parti et Nicolas Sarkozy.

 

Ce dernier doit, s’il veut être réélu, clarifier sa position idéologique vis-à-vis des partis qui composent l’espace politique français. Avant de s’intéresser à la primaire et à l’élection présidentielle, il faut que l’UMP se mette au travail sur le plan idéologique et programmatique, même si les élections régionales et départementales futures la mettent en position favorable par rapport au PS.

 

Les divisions ne sont pas nouvelles

 

Nous savons tous que l’UMP n’est pas monolithique et que ce parti est traversé par plusieurs courants qui vont de l’extrême droite jusqu’aux "humanistes", courant auquel je me réfère, même si celui-ci n’est pas réellement formalisé sur le terrain.

 

Quel est le représentant du courant humaniste au sein de l’UMP ? Sarkozy ? Fillon ? NKM ? Juppé ? Nul ne le sait, et j’ai bien peur que l’on ne le sache jamais. Mais sur le terrain, les choses sont claires : le FN a siphonné une grande partie des électeurs de l’UMP qui, eux, n’ont pas d’état d’âme, et n’attendent rien des consignes de vote données par les partis.

 

Ces électeurs font ce qu’ils veulent en fonction des contingences locales et des amitiés nouées sur le terrain. Que certains de nos électeurs UMP envisagent de se reporter sur la candidate du FN et d’autres sur le candidat socialiste n'est ni une surprise ni vraiment nouveau.

 

Pour ma part, l'attitude d'Alain Juppé, très chiraquienne, me convient parfaitement. Il a été très clair en disant sur son blog que, s'il était électeur du Doubs, il s'opposerait au FN et voterait pour le PS. Il a placé Nicolas Sarkozy dans l'embarras.

 

Mettre fin à toute ambiguïté

 

Le bureau politique de mardi a rendu une décision qui contredit Nicolas Sarkozy. À une courte majorité, le bureau politique a décidé de ne soutenir ni le candidat du Font national, ni celui du Parti socialiste:

 

"En conséquence, confirmant sa position constante, l’UMP appelle tous ceux qui se reconnaissent dans ses valeurs à exprimer leur double opposition en votant blanc ou en s’abstenant." 

 

Les dissensions actuelles au sein de l'UMP, exacerbées lors de ce bureau politique du 3 février, obligent Nicolas Sarkozy à clarifier la position du parti vis-à-vis du Front national au plus vite, une fois pour toutes.

 

Dans les prochaines semaines ou prochains mois, il va falloir que l'UMP lève cette ambiguïté, même si on sait qu'aujourd'hui une grande partie de l'électorat du parti est très à droite. Cette décision montre encore une fois les divisions profondes au sein de l'UMP quant à son rapport au FN, à ses idées et à son électorat, il est urgent de réaffirmer quel est notre bloc de principes et de valeurs.

 

Déterminer une ligne politique claire

 

La séquence que nous venons de vivre montre qu'il est plus que jamais nécessaire que Nicolas Sarkozy soit un peu plus actif sur le terrain des idées, de l’organisation stratégique et de la méthode pour faire gagner notre camp. Il faut qu’il redonne un nouvel ADN idéologique à l’UMP, différent de celui de 2007 quand il a accédé à la présidence de la République.

 

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28 janvier 2015 3 28 /01 /janvier /2015 22:31

http://fr.blastingnews.com/politique/2015/01/sarkozy-et-sa-conception-de-l-unite-nationale-00249939.html

 

Sarkozy et sa conception de l'unité nationale

 

 

Sarkozy essaie de se démarquer de l'unité nationale en faisant des propositions au nom de l'UMP.

 

 

En intervenant sur le plateau de Pujadas, Sarkozy vient de montrer ce qu'il a toujours été : celui qui hâte les évènements, en les précédant ou en les contournant à sa manière. Sur France 2, on a bien compris que Sarkozy, en tant que Président de l'UMP, souhaite devenir le chef de l'opposition toute entière en s'opposant frontalement au premier ministre Valls et par l'intermédiaire de celui-ci, à Hollande.

 

Hollande a montré une grande maitrise dans la gestion des actes terroristes qui ont secoué la France ces derniers jours, comme il l'a fait en envoyant la force Serval au Mali pour faire barrage aux djihadistes. En rompant la toile de l'unité nationale, Sarkozy ne veut pas être dans les pas du PS qui a piégé l'UMP et souhaite ne pas être perçu par Marine Le Pen comme membre de l'opposition créateur d'un duopole politique UMPS qu'elle a toujours dénoncé.

 

Si l'on revient sur les paroles de l'ex Président de la République (au-delà de quelques incorrections langagières du type « les populations habitant la ruralité » alors qu'il voulait parler des Français habitant les zones rurales, ou des « ruraux » tout simplement), on peut reprendre avec Frédéric Lefèvre, député UMP des Français du continent américain, que le Sarkozy fait son métier d'opposant, mais tout en étant piégé par l'opposition. Arrêtons de chipoter sur les mots « apartheid ethnique ou territorial », le mot est certes fort mais il n'y a pas de Bantoustans en France comme ce fut le cas en Afrique du Sud. Il y a des zones de non droit, des quartiers où les forces de l'ordre ne sont pas toujours les bienvenues et ceci est acté par les hommes et femmes politiques de gauche comme de droite.

 

Sarkozy est confronté à un réel problème de positionnement dans la société française : comment exister personnellement et surtout politiquement sur les sujets de sécurité et d'économie qui ont toujours constitué la « mantra » de la droite française? Sur les problèmes de sécurité, le contexte actuel et la réactivité du trio Hollande-Valls-Cazeneuve ont pointé les faiblesses incantatoires de Sarkozy en matière propositionnelle. Il demande tout azimut une augmentation des heures supplémentaires dans la police et les services de renseignement sans se poser la question des effectifs, d'alléger les procédures judiciaires dans les enquêtes et d'instaurer la peine d'indignité nationale. Le gouvernement a répondu qu'on augmentait les effectifs et que les problématiques judiciaires de la lutte contre le terrorisme feraient l'objet d'un travail parlementaire conduit par le couple Urvoas-Bas.

 

Sarkozy doit regarder le contexte actuel avec maîtrise en évitant de se précipiter. La précipitation peut constituer une faiblesse pour lui. Raffarin a dit que celui qui tirerait le premier dans l'espace politique français serait tenu pour responsable de la rupture de la toile de l'unité nationale. En tant que chef de l'opposition Sarkozy doit exister, mais il doit aussi regarder avec stratégie et méthode l'espace politique nouveau en France après les attentats terroristes. Il ne s'agit pas d'avoir une langue de bois, mais d'utiliser le temps comme allié politique, faute de quoi il apparaitra comme toujours pressé, ce que souhaite sans doute Hollande qui veut contrarier le retour de l'ancien Président au premier plan.

 

Hollande, que l'on disait dans la nasse, remonte dans les sondages, mais jusqu'à quand ? Il reste à Sarkozy de construire une stratégie de discours et une réponse méthodique face aux décisions prises par Hollande. Pour Sarkozy, c'est le moment de construire un programme, un projet politique, une stratégie audible, capable de l'amener à une deuxième présidence.

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Published by Lucien Pambou
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