Législative à Villeneuve-sur-Lot : militant UMP, je comprends le vote FN
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LE PLUS. FN vs UMP : c'est l'affiche du second tour de la législative partielle qui a lieu dimanche dans l'ex-fief de Jérôme Cahuzac. Un résultat qui n'étonne pas Lucien Pambou, conseiller municipal UMP à Alfortville (94). Selon lui, ce n'est pas seulement la démission du ministre du Budget qui est en cause.
Édité par Mélissa Bounoua Auteur parrainé par Maxime Bellec

Marine Le Pen avec le candidat FN en visite à Villeneuve-sur-Lot le 4 mai 2013 (JDD/SIPA)
Le PS sera absent au deuxième tour de l’élection législative partielle qui se tient dimanche à Villeneuve-sur-Lot.
L'UMP peut commencer sa reconquête
Le candidat socialiste Bernard Barral est un ancien, j’ai quasiment le même âge que lui. Le jeune Etienne Bousquet-Cassagne du Front national apparaît comme plus dynamique et plus entreprenant, plus prompt, plus rapide à la première impression, comparé à un socialiste plus lent, plus empesé et plus conservateur à gauche.
Jean-Louis Costes, candidat UMP, va affronter au deuxième tour ce jeune militant du Front national. Et je lui souhaite de l'emporter : ce serait un succès pour l’UMP qui, malgré ses divisions à la tête du mouvement, son absence programmatique en termes de projet, envisage difficilement la reconquête politique pour 2017.
Je suis contre le Front national, sa doctrine et son idéologie et je ne voterai jamais politiquement pour ce parti.
En revanche, les Français, mes compatriotes, qui votent pour le Front national ont parfaitement raison de le faire car ils estiment en leur for intérieur que les partis dits classiques et républicains (UMP, PS et UDI) sont volontairement dogmatiques et idéologiques et n’apportent pas de réponse concrète et idoine aux problèmes que se posent les Français (emploi, sécurité, immigration clandestine, sécurité). Je n’agite pas le chiffon rouge mais le Français moyen que je suis met sur la table ce que les partis traditionnels républicains n’osent pas dire.
Si on estime que le Front national représente le fascisme, le nazisme ou véhicule les idées antirépublicaines, il faut le dissoudre. Il faut que les partis républicains déposent des propositions de loi visant à sa dissolution. Alors de grâce, il faut arrêter de crier au loup fascisant que représenterait le Front national. Le dire ne veut pas dire que l’on est d’accord avec les idées du Front national comme on fait trop souvent de raccourcis dans notre pays, mais c’est simplement mettre en évidence un discours de droite et de gauche dépassé à propos du Front national.
Marine Le Pen l’a compris et inscrit son programme et sa stratégie en fonction de la défaite de pensée intellectuelle des partis républicains (UMP, PS, UDI).
Le bruit idéologique du FN
Le Front national prend acte des souffrances des Français : il s’agit d’abord de façon populiste de satisfaire les Français, de leur raconter des histoires pourvu qu’ils écoutent. Et selon le dicton classique, ventre affamé n’a point d’oreille.
Le Front national introduit du bruit idéologique au sein des partis de droite comme l’UMP en obligeant celui-ci à s’aligner ou à le combattre. Le débat n’est pas tranché au sein de l’UMP. Certains militants de l’UMP estiment qu’on peut établir des alliances politiques avec l’UMP lors des élections majeures au sein de la République. Pour d’autres militants de l’UMP, il y a une ligne infranchissable avec le Front national : pas d’alliance, pas de pacte. C’est la ligne instaurée par Jacques Chirac. Le débat actuel au sein de l’UMP porte en partie sur cette césure radicale.
Revenons à Villeneuve-sur-Lot.
L’UMP et le Front national sont au sedonc tour, et il n’est pas absolument impossible que ce schéma-là se reproduise pour les municipales de 2014. L’UMPiste, que je suis, préfèrerais que mon parti affronte le PS plutôt que le FN.
C’est un désir, mais la réalité peut être différente car mon parti ne détient pas le vote de tous les Français. À Villeneuve-sur-Lot, si le PS avait été un très grand parti républicain, comme le chante sur tous les toits son secrétaire national Harlem Désir, le PS aurait dû par grandeur morale ne pas présenter de candidat et soutenir le parti des Verts.
La défaite du PS
Harlem Désir est inaudible, ne présente aucune stratégie programmatique. On a connu Harlem Désir plus pétillant et plus intelligent quand il était président de SOS Racisme. C’est normal, il préparait son ascension au sein du Parti socialiste, ce qu'il est advenu aujourd’hui. Harlem Désir et le PS accusent les Verts d’être responsables de la défaite de Bernard Barral.
Harlem Désir a oublié une chose : les Verts ont largement apporté leur écot à la victoire de François Hollande à la tête de la République française en tant que président et de Bertrand Delanoë à la mairie de Paris.
On peut certes ajouter la faute inacceptable de Jérôme Cahuzac, ancien député et ministre, ou l'impatience des habitants de Villeneuve-sur-Lot. Une grande partie des Français estiment que les réformes de François Hollande ne sont pas audacieuses et qu’il y a un décalage entre les promesses électorales et le pilotage actuel de l’économie française. Ils ont raison.
Concernant l’UMP, la position de Xavier Bertrand ancien secrétaire général "ni Front national, ni Parti socialiste" me convient parfaitement.
La gauche a gagné les élections, elle gouverne. La droite et l'UMP sont dans l’opposition et grignotent des sièges lors d’élections partielles. On ne va pas demander à l'UMP de s'aligner sur la politique gouvernementale au nom d’un idéal républicain stratégique et politique. Jean-Louis Costes appartient à mon camp, celui de l'UMP. Et si les électeurs socialistes, les Verts, et l'extrême-gauche estiment que le Front national ne doit pas envoyer un candidat à l’Assemblée, ils voteront UMP, donc Jean-Louis Costes.
Harlem Désir, assumez la défaite. Sans taper sur vos alliés les Verts et même si vous ne demandez pas le vote au nom d’un Front républicain pour le candidat UMP.




