Dimanche 13 mai 2012 7 13 /05 /Mai /2012 18:00

 

Nicolas Sarkozy a perdu contre François Hollande. C’est un fait politique important qu’il faut expliquer. Le Président Sarkozy a mené une politique dont les principaux aspects n’ont pas été suffisamment expliqués à la population. Quoique l'on dise et que l’on fasse, il y a eu des réussites indéniables sur le plan européen et sur celui de la gestion de la crise économique évitant ainsi aux Français de se retrouver dans la même situation que les Grecs et les Espagnols.

 

Il faut rendre hommage au Président Sarkozy qui en limitant le mandat présidentiel à deux candidatures abouties a réussi à faire respirer notre démocratie. Il faut lui reconnaitre un avantage politique en matière de retraite, de service minimum et de réforme de l’Université. D’autres réformes ont été incomprises car non expliquées. C’est dommage car Nicolas Sarkozy a été battu par Hollande non pas en tant que politique  mais en tant que homme politique occupant le poste élevé dans nos institutions : celui de Président de la République.

 

Les électeurs ont plus jugé l’homme que la politique de l’homme en tant que Président de la République. Sans faire de paranoïa, on peut noter que la campagne électorale s’est limitée non pas à l’analyse des politiques entreprises par Sarkozy pour la France mais plutôt en faveur d’un anti-sarkozysme.

 

Cet anti-sarkozysme a été alimenté par les médias et Hollande en homme politique fin et intelligent (celui que l’on appelait Flamby, le mou, le flou, la fraise des bois par ses propres amis socialistes qui aujourd’hui lui font allégeance) a surfé sur cette vague d’anti-sarkozysme pour réussir son élection. Sarkozy a un tempérament dynamique que nos compatriotes n’aiment pas beaucoup, habitués que nous sommes à la lenteur et à notre capacité à la mortification et à la plainte permanente. Le choix démocratique a été favorable à Hollande. On espère que très vite il va sortir d’une Présidence dite normale, qui n’est qu’un positionnement de communication, pour résoudre les problèmes de la France qui sont nombreux.

 

Monsieur le Président Hollande, sortez de la « normale-attitude » et adoptez la posture de la « normale dynamique » avec vos atouts pour résoudre les problèmes des Français.


Par Lucien Pambou
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Mercredi 9 mai 2012 3 09 /05 /Mai /2012 22:33

 

Pour une refondation idéologique au niveau théorique et pratique.

 

 

Commençons par saluer la sortie élégante du Président Sarkozy qui a su provoquer les conditions d’une France paisible et rassemblée après son départ. Toute la presse, toute la France saluent l’élégance de Sarkozy qui a perdu et qui a reconnu en Hollande le nouveau Président de la République. Bravo Monsieur le Président et on aurait aimé que ces éléments de positionnement aient été permanents tout au cours de votre mandat. On est agréablement surpris par le Sarkozy de 2012.


 

En tant que militant et conseiller municipal d’Alfortville, j’ai toujours dit que le Président Sarkozy avait une bonne politique, qu’il avait les réformes indispensables mais non expliquées à la population par les nombreux courtisans qui n’osaient rien dire pour sauver leurs places. Le Président Sarkozy a beaucoup fait, mais ses réformes non expliquées ont été incomprises et donc fatales pour lui au deuxième tour.


 

Nicolas Sarkozy ne quitte pas la vie politique comme certains ont pu le penser. Il va faire de la politique mais autrement et les portes pour 2017 ne sont pas fermées. Le Président va faire des conférences, va observer la France de loin mais sans jamais en partir réellement. Les principaux dirigeants de l’UMP et ceux qui aspirent à le remplacer sont avertis. Le Président Sarkozy quitte la vie politique française de manière quotidienne mais il y reste de façon stratégique.  Il reste à l’UMP, mouvement créé en 2002 uniquement pour gagner les élections de s’interroger sur son idéologie, sa doctrine, ses alliances et sa stratégie en tant que mouvement politique d’alternance dans la République.


 

Jean François Copé le secrétaire du mouvement, au lendemain de la défaite de Sarkozy, a décliné les contours de la nouvelle UMP : une UMP gérée par un comité stratégique (Raffarin, Juppé, Copé et Fillon) avec une ligne claire (existence de mouvements et primaires pour 2017) dont on voit se dessiner les contours (pas de négociation avec le Front national dans les élections locales comme dans les élections nationales). L’UMP n’est pas un bloc homogène mais une constellation de leaders avec des idées différentes. Dans la constellation hybride de l’UMP on trouve un mouvement humaniste et social et non socialiste, mouvement auquel j’appartiens personnellement et qui n’a pas trouvé de leader après la mort de Philippe Seguin. L’UMP doit être en ordre de bataille pour les élections législatives des 10 et 17 juin. C’est un impératif qui, une fois les élections terminées, ne doit pas faire taire les revendications pour une refondation idéologique de notre parti qui en a besoin.


 

L’UMP a des principes de valeurs assumés comme le travail, l’autorité, la responsabilité, le vivre ensemble fondé sur la responsabilité de chacun. Mais elle pêche encore sur une théorisation et une pratique de notre idéologie vis-à-vis du Front national. Il faut ici et maintenant saluer le courage politique des femmes comme Nathalie Kosciusko Morizet ou Chantal Jouanno qui estiment que l’UMP n’a rien à voir avec le substrat idéologique du Front National, même si certains militants pensent que, lors des élections, UMP et Front national doivent se rapprocher.

 


La ligne actuelle défendue par les principaux ténors (Juppé, Copé, Raffarin) de notre mouvement pose en creux la refondation idéologique de l’UMP, à savoir pas de négociation avec un parti (le Front national) qui exclut une autre fraction de la France. L’UMP est forte, unie, fraternelle et solidaire. La victoire de François Hollande n’est pas écrasante ; il faut que notre mouvement profite de ce creux et de cette défaite de notre leader pour refonder notre mouvement après les élections législatives, que nous en sortions vainqueurs ou non.


Par Lucien Pambou
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Lundi 23 avril 2012 1 23 /04 /Avr /2012 21:01

 

Les résultats viennent de tomber : les Français ont fait leur choix en plaçant François Hollande en tête devant Nicolas Sarkozy, Marine Le Pen. Mélenchon et Bayrou sont beaucoup plus largement devancés.

 

La gagnante politique et symbolique est bien Marine Le Pen qui a réussi à faire un score supérieur à celui de Jean Marie en 2002, soit 16,2%, à l’élection présidentielle. Bayrou connait les affres de la défaite en passant de 18,7% en 2007 à 8,2% en 2012. Quant à Mélenchon, c’est le désastre complet, lui le bateleur des campagnes (thème qui m’a été reproché par les commentateurs du plus au nom, selon eux, de mon délire personnel –post du 6 avril 2012 http://leplus.nouvelobs.com/contribution/519245-melenchon-l-homme-qui-ne-voulait-pas-presider-mais-faisait-peur-a-sarkozy-et-hollande.html). Les faits m’ont donné raison et je n’en fait pas un triomphe en montrant simplement qu’il y a une distance critique entre le discours et la réalité du terrain. Comment mobiliser un électorat alors qu’on a la prétention de ne pas vouloir gouverner la France ? Les électeurs de Mélenchon ont répondu: il faut voter utile dès le premier tour Hollande, ce qu’ils ont fait.

 

Revenons à la stratégie du deuxième tour des deux candidats avant d’aborder la crédibilité des arbitres du second tour que sont Marine Le Pen, Mélenchon et Bayrou. Nicolas Sarkozy a déjà répondu à François Hollande : il veut faire du second tour un match de boxe à la fois sur le plan de la pensée, de l’idéologie et de la rhétorique  au nom du vote de crise exprimé par les Français au premier tour. Nicolas Sarkozy a déjà averti : il faut parler à la France, au peuple de France, tout en reprenant les thématiques de Marine Le Pen (immigration, sécurité, délocalisation, pouvoir d’achat) et celles de Bayrou comme la gestion de la dette et la réduction des dépenses publiques. Il faut plaire aussi bien à Marine Le Pen qu’à Bayrou qui a été complètement laminé dans les urnes et dont la seule survie politique lui commande de demander à ses électeurs de voter pour Nicolas Sarkozy. Bayrou est désemparé, il gagne du temps en disant vouloir  proposer un ou plusieurs thèmes aux deux candidats, ensuite, en fonction de leur accord ou adhésion, il dira aux Français vers quel candidat ira son choix.

 

Hollande dit vouloir rassembler les Français pour accélérer le changement car tous les Français souhaitent changer de politique et se débarrasser de Nicolas Sarkozy au nom d’un anti sarkozysme de tous bords. Hollande n’a plus rien à craindre de Mélenchon, qui d’ailleurs a rendu les armes sans rien demander ni exiger. Pauvre Mélenchon qui pensait qu’il suffit de rassembler les foules pour faire Peuple de France. Hollande doit jouer finement en s’adressant aux électeurs du Front national dans les yeux pour leur parler du pouvoir d’achat, de la fermeture des usines, du produire « made in France » à la Montebourg, tout en ayant des positions très strictes et précises sur l’immigration, la sécurité et le vivre ensemble sans perdre la tête ni vendre son âme aux thèses frontistes dures. C’est à ce prix qu’il doit conquérir aussi les électeurs du centre droit et du centre gauche tout en ménageant les électeurs de Mélenchon qui sont déçus par leur champion et qui sont relativement abattus. Hollande doit-il continuer à avoir la stratégie de l’esquive et de l’attaque pour le second tour ?

 

Revenons à la crédibilité des arbitres. Sont-ils propriétaires de leurs électeurs ? La crédibilité porte-elle sur leur nom ou sur la capacité, voire les deux, à donner des consignes que pourront suivre les électeurs au second tour ?

 

Marine Le Pen a vocation à faire du Front national, ce qu’elle a réussi déjà un peu, un parti comme les autres, même si les partis de gouvernement lui contestent la méthode. Néanmoins le Front national a réussi à faire siens les thèmes comme la laïcité, la république voire la discrimination positive. Ce sont des thèmes républicains. Une partie de l’électorat du Front national au nom des valeurs, est prête à voter pour Nicolas Sarkozy au second tour, une autre est prête à le faire pour Hollande pour faire exploser le système UMP et crédibiliser les positions du Front national pour les élections législatives de juin, même si le mode de scrutin majoritaire lui donne des marges de manœuvre réduites. Marine Le Pen préfère un Sarkozy battu que vainqueur pour espérer construire un grand parti de la droite populaire. Certains caciques de la droite populaire à l’UMP ne sont pas opposés au projet de Marine Le Pen.

 

Mélenchon n’a pas su surfer sur l’abandon des classes populaires par le Parti socialiste qui préfère s’adresser aux classes moyennes et urbaines des fonctionnaires, selon les recommandations du Think Tanks Terra nova qui estime, au nom d’une myopie politique, que les classes populaires ont disparu, ce que les votes en faveur du Front national au premier tour infirment.

 

Bayrou  est mort, au moins au premier tour. Que peut-il faire au deuxième tour ? Rien. Sarkozy l’a compris et il ne s’adressera pas à lui mais à ses électeurs. Pour ne pas disparaitre de l’espace politique du centre droit et dans sa volonté de reconstruire l’avenir, il va être obligé, soit d’appeler à voter Sarkozy, soit de demander à ses électeurs de voter en leur âme et conscience.

 

Au total, Sarkozy et François Hollande sont dans un mano a mano. François Hollande reproche à Sarkozy de vouloir changer les règles en plein match en demandant l’organisation de 3 débats sur les questions économiques, de société et internationales. Il a répondu avant de prendre son avion que Sarkozy était un mauvais élève qui après une mauvais note veut changer de professeur.

 

Les électeurs de Marine Le Pen, de Mélenchon et de Bayrou décideront lors du second tour vers quel candidat leur choix se portera. Aucun des candidats battus ne peut porter en lui la crédibilité des électeurs qui seuls décideront le 6 mai lequel de François Hollande et de Nicolas Sarkozy sera le Président de la République. 


Par Lucien Pambou
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Vendredi 20 avril 2012 5 20 /04 /Avr /2012 21:39

 

 

Le « Made in France » est l’OVNI (objet volant non identifié) de la campagne électorale présidentielle de 2012. Tous les candidats en parlent plus ou moins, mais aucun d’entre eux n’organise concrètement sa pensée pour dire le contenu de ce Made in France ainsi que les méthodes et les financements retenus pour faire triompher la voie de la France au plan économique en général et au plan industriel en particulier.

 

Bien sûr chaque candidat avance des arguments de reconnaissance de sa politique industrielle concernant le Made in France. On parle de banques de financement des PME (Hollande) et de la valorisation des produits français (Bayrou et Dupont Aignan), de produire en France pour sauver les emplois français contre la menace asiatique (Mélenchon, Marine Le Pen), voire de bâtir une économie verte à fleurets mouchetés (Eva Joly) ou encore d’une banque de la jeunesse (entrepreneurs de demain, Sarkozy). Voilà le Made in France, concept compréhensible par tous, mais tellement inexpliqué qu’il devient un fourretout, voire un leitmotiv symbolique pour attraper l’électeur indécis et pour stabiliser ce même électeur qui éventuellement souhaiterait passer de gauche à droite et vice-versa.

 

L’électeur français connait ce qu’est le chômage, surtout quand il en est lui-même victime, mais il a beaucoup de mal à donner des contours précis au Made in France car les explications manquent. De quoi parle-t-on ? Le Made in France est-il le point de départ d’une politique industrielle nouvelle, comme celle que la France a connue après la fin de la seconde guerre mondiale marquée par une nationalisation de grandes entreprises, ou bien est-ce la mise en place d’un nouveau modèle économique que notre pays a du mal à construire à cause de la mondialisation  dans laquelle les entreprises françaises se trouvent contraintes et obligées de réagir pour éviter la disparition ?

 

Le Made in France est basé sur quel type de modèle économique et social ? La France a des atouts dans de nombreux domaines, le luxe, les produits de table (vins et cuisine), l’aéronautique de manière coopérative avec Airbus en Europe, le nucléaire (même si les coûts de maintenance sont élevés), l’agriculture dont on maintient la survie à coups de subventions. Le Made in France dont les acteurs se font les gorges chaudes est-il formé par ces quelques activités économiques ou faut-il comprendre que le Made in France c’est aussi les produits innovants, mais lesquels ?

 

Que les candidats précisent dans le modèle économique à retenir la ligne de partage ou de complémentarité entre les grandes entreprises et les PME qui permettraient d’expliquer les acteurs du modèle. Faut-il mettre l’accent sur des produits, des marchés nouveaux, des systèmes d’organisation et des zones d’approvisionnement nouveaux, justifiant ainsi la destruction créatrice  étudiée par l’économiste autrichien Joseph Aloïs Schumpeter ? Dans le Made in France, il faut que les hommes et femmes d’Etat, ou qui aspirent à l’être, disent aux entreprises la frontière à ne pas dépasser en matière de coût du travail et de la structure des prix relatifs, frontière au-delà de laquelle on tomberait dans le modèle économique asiatique.

 

Au moment où la campagne du premier tour s’achève, point d’écho et silence assourdissant de la part des candidats, on espère que les deux candidats retenus au second tour vont expliquer aux Français le contenu et la signification du Made in France pour que les entreprises, grandes ou petites, prennent leurs dispositions. C’est vrai : les questions économiques au cours des campagnes présidentielles n’ont jamais motivées nos compatriotes, à la différence des Anglo-saxons. En France, malgré les crises cumulatives des finances publiques, de l’absence de croissance, certains candidats à l’élection présidentielle, comme Mélenchon, estiment qu’il y a du grain à moudre et peu importe le flacon pourvu qu’on ait l’ivresse.

 

Ce qui compte en France, c’est ce que l’on a dans la poche et non les données objectives (dette, déficit) surtout lorsque ces données n’impactent pas directement notre propre vie personnelle. Mesdames ou Messieurs les candidats du deuxième tour, voilà un sujet intéressant qui, au-delà des motivations politiciennes sur des sujets thématiques récurrents (immigration, sécurité), doit permettre aux Français de comprendre et d’apprécier le Made in France. Le Made in France doit être notre ligne Maginot « dépassable » pour que la France stabilise sa cinquième place de puissance commerciale et industrielle du monde et pour espérer remonter la rivière à la manière d’un saumon agile qui arrive à triompher des courants contraires.

 

Le Made in France construit, maitrisé, ne doit pas avoir peur de la concurrence internationale des autres grandes puissances. Sommes-nous capables d’en faire un enjeu pour les 20 années à venir  ou devrions-nous nous contenter, une fois les lampions de la campagne de 2012 éteints, d’attendre 2017, soit 5 ans après, pour qu’on nous rechante la douce chanson « Made in France est de retour » ?

 

La France, notre doux pays de grands esprits et de littérature aptes à des discussions interminables sur le sexe des anges, saura-t-elle faire passer le Made in France de l’état d’OVNI à l’état d’OSI (Objet stabilisé identifié) pour la réussite économique et la valorisation de la place de la France dans le monde ?

Par Lucien Pambou
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Vendredi 6 avril 2012 5 06 /04 /Avr /2012 20:03

 

 

Après la Bastille à Paris, Mélenchon le tribun de la campagne présidentielle de 2012 a encore réussi son pari en mobilisant des foules importantes sur la place du Capitole et dans les rues adjacentes. Mélenchon opte pour un tour de force extraordinaire en innovant dans la campagne présidentielle en rassemblant les populations de façon naturelle sans les enfermer dans des salles généralement consacrées à des manifestations commerciales comme à Villepinte et au Bourget. Cette façon de faire est reconnue au point que Hollande et Sarkozy imitent le bateleur de la campagne présidentielle en organisant le 15 avril 2012 pour l’un un meeting à Vincennes et pour l’autre à la place de la Concorde.

 

Bravo Mélenchon, vous avez réussi à faire peur aux candidats crédibles sur la capacité à mobiliser les Français. C’est une innovation qui vous revient et qu’il faut saluer, cette façon de faire de la politique à l’air libre. Hollande propose un meeting festif en plein air, on pense que Sarkozy demandera à cette autre France d’apporter des paniers repas. Dans les deux cas, les manifestations parisiennes marathon ou autres pourront-elles modifier les agendas des deux candidats chéris de la France ?  Il faudra s’attendre à une bataille des chiffres sachant que l’esplanade de Vincennes c’est 30 000 personnes et la place de la Concorde le double, soit 60 000 personnes au bas mot.

 

Faut-il voir dans le choix des lieux des symboles ou simplement une copie pâle de l’action de Mélenchon qui réussit tous les jours à drainer des foules importantes et à terminer tous ses discours par le chant de l’Internationale au nom de tous les travailleurs suivi par la Marseillaise. C’est un tour de force de Mélenchon qui finit par profiter de la crise et de la désespérance des salariés, ouvriers et employés et les laissés pour compte de la crise à savoir les chômeurs pour développer un discours différent de celui de Sarkozy et de Hollande.

 

Que dit Mélenchon au fond et pourquoi réussit-il à drainer les foules ? Mélenchon tient un discours généraliste et critique vis-à-vis de Sarkozy dont il dénigre le bilan. Vis-à-vis de Hollande, après l’avoir critiqué, Mélenchon tient aujourd’hui un discours différent car Hollande a agité le spectre du vote utile. Mélenchon rassemble des foules importantes en utilisant des formes littéraires et ampoulées mais on cherche son programme de gouvernement et on ne le trouve pas. Mélenchon, contrairement à ses actes de rassembleur et de tribun, n’a pas envie de gouverner. Il souhaite ranimer la flamme de la France qui a voté non à l’Europe ; sa stratégie ultime c’est de peser sur François Hollande au second tour et d’apparaitre, si celui-ci était élu, comme la force d’une nouvelle gauche critique mais négociant avec le parti socialiste au palais Bourbon.

 

Mélenchon a réussi à mettre la main sur le parti communiste et sur une partie des forces de la gauche et de l’extrême gauche. C’est la campagne présidentielle qui lui sert de tremplin pour faire passer un message à l’ensemble de la population française. Assez paradoxalement Mélenchon gagne des intentions de vote et de la sympathie auprès des catégories sociales supérieures qui trouvent dans ses discours un espace d’aération qui leur permet de critiquer ce qu’ils subissent dans leurs entreprises sous la pression de la crise, des restructurations, des délocalisations et du chômage.

 

Mélenchon a pour lui la maîtrise de la langue française et il rappelle de ce point de vue De Gaulle et Mitterrand avec certes des accents et des analyses contextuelles différentes, mais on peut noter que c’est un tribun qui sait tenir en haleine un public, le captiver, l’enflammer. Ce n’est pas le cas de Hollande et de Sarkozy qui restent eux-mêmes, avec leurs possibilités langagières structurées ou non. Mélenchon a du talent, ce talent là n’a pas besoin d’un programme ou d’une feuille de route, ou d’une lettre aux Français à la Hollande ou à la Sarkozy. Mélenchon est bateleur. Il n’a pas vocation à gouverner, pourquoi donnerait-il un programme aux Français alors que sa première préoccupation, c’est l’humain avec tout ce que cela peut entrainer de propositions généreuses et généralisantes.

 

La posture de Mélenchon est encouragée par Nicolas Sarkozy qui pense que le troisième homme dans les sondages peut ralentir les intentions de vote en faveur de Hollande qui a tout de suite compris le danger et qui dans son discours de Rennes, en compagnie de Ségolène Royal (passage de témoin entre Royal et Hollande ?), a exigé des militants et de la France une mobilisation de tous les instants et un vote utile dès le premier tour pour barrer la route à Nicolas Sarkozy. Mélenchon a une propriété : obliger Sarkozy et Hollande à forcer l’allure, à être plus réalistes dans leurs propositions et à commencer à traiter des vrais problèmes que sont l’emploi, le chômage, la croissance et la dette. Au fond, Mélenchon, c’est le bateleur du Capitole qui réussit tous les jours un tour de force : obliger les candidats à redevenir eux-mêmes, plus précis, moins généralistes. Nous n’y sommes pas encore au niveau de la précision, mais on y va. Mélenchon oblige les autres candidats Bayrou et Marine le Pen a accélérer en changeant a minima la stratégie de leur propre campagne.

 

Salut et chapeau l’artiste. Comment, sans avoir l’intention de gouverner, Mélenchon arrive à mettre une OPA sur la campagne présidentielle ! 


Par Lucien Pambou
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Mardi 3 avril 2012 2 03 /04 /Avr /2012 23:06

 

Dans un sondage récent le taux d’abstention atteindrait 32 % lors du premier tour de l’élection présidentielle. A qui la faute ? Aux candidats ? Aux thèmes de campagne électorale ? Aux médias ou à la résignation des électeurs ?

 

Les candidats à droite, à gauche et aux extrêmes donnent l’impression de se parler à eux-mêmes et à leurs militants au lieu de parler à la France. Nicolas Sarkozy a choisi par stratégie de « droitiser » sa campagne électorale. D’ailleurs dans Le Parisien du 2 avril, Frédéric Mitterand son Ministre de la culture pose la question à haute voix  de la stratégie du Président vis-à-vis du Front National. Le Ministre de la culture estime que le Président joue avec le feu comme François Mitterrand l’avait fait vis-à-vis du PC en le caressant pour mieux l’étouffer.

 

Voici ce que Frédéric Mitterrand répond à une question du Parisien portant sur la droitisation de la campagne de Sarkozy :

La droitisation de la campagne de Nicolas Sarkozy ne vous gêne pas ? 
Quand je suis devenu ministre, je savais que je m’engageais dans une voie qui serait parfois un peu compliquée pour moi. Ne pas soutenir le président aujourd’hui serait déloyal. Oui, il a droitisé son discours par certains aspects. Il fait avec le Front national ce que François Mitterrand faisait avec le Parti communiste. Bien sûr, il y a toujours dans ce baiser de la mort le risque que le cadavre vous refile une mauvaise maladie. Mais la nécessité de rassembler au second tour les voix modérées va nécessairement entraîner un recentrage.

http://www.leparisien.fr/election-presidentielle-2012/mitterrand-l-arrivee-de-la-gauche-au-pouvoir-ce-serait-une-catastrophe-02-04-2012-1935531.php

 

Frédéric Mitterrand espère que, si Sarkozy est au deuxième tour, il saura se rapprocher du centre ce qui pourrait satisfaire ainsi les attentes de Borloo et de Rama Yade comme nouveau soutien au Président. Il faut noter que Rama Yade est une construction politique du Président de la République au nom de la diversité. Indépendante et frondeuse, elle a quitté l’UMP pour le centre de Borloo, dénonçant la droitisation de l’UMP. Elle explique son « alliement » et non son ralliement au motif qu’elle votera Sarkozy et non Hollande car il est mou et chamallow. C’est un peu court comme projet politique et comme positionnement à droite de la part de Rama Yade. Elle revient parce que sa porte de sortie au centre est étroite et elle a beaucoup de choses à se faire excuser par son mentor en politique, à savoir Nicolas Sarkozy.

 

Sarkozy promet un livret de propositions économiques et sociales qui sera publié très vite. Ces propositions sauront-elles mobiliser définitivement l’électorat  et suffiront-elles à décider les électeurs centristes à voter pour lui dans le cas où Bayrou ne serait pas au second tour ?  La caution de Borloo est-elle suffisante et pertinente, même si Sarkozy a réussi à éliminer ses concurrents à droite en apparaissant comme le chef de famille unie ? « L’union » à droite sera-t-elle suffisante pour faire reculer l’abstention et obliger les électeurs du centre gauche et du centre droit à voter pour le Président candidat ?

 

Le candidat Hollande est à Mayotte et va à la Réunion. Il demande à ces populations de ne pas s’abstenir et de voter dès le premier tour. Au nom du vote utile, il appelle la population à voter massivement pour remplacer Nicolas Sarkozy dont le bilan est catastrophique. Hollande continue son chemin et n’écoute pas ceux de ses amis qui lui demandent de changer de stratégie et de considérer le cas Mélenchon qui, tout en restant à gauche, contribue à rendre perplexes les intentions de vote des peuples de gauche. Hollande est considéré comme mou et donc comme non entrainant en tant que Capitaine, ce qui pourrait justifier l’abstention d’un certain nombre d’électeurs du centre qui auraient pu se reporter sur lui au second tour et qui ne le font pas car ils craignent l’impact de Mélenchon et l’impression de bonhommie qui ne fait pas de Hollande un « vrai Président ».

 

Pour les autres candidats : Bayrou est populaire, il a un programme crédible mais l’absence de charisme entame sa crédibilité auprès des électeurs, précipitant un certain nombre de ses militants dans l’abstention au deuxième tour s’il n’y est pas. Marine Le Pen est en train de changer de stratégie : après la dédiabolisation du Front National elle revient sur ses fondamentaux que sont l’immigration, l’islamisation de la France (demande de la dissolution de l’UOIF, union des organisations islamiques de France, à la suite de l’affaire Mohamed Merah). Marine sort ses vieux démons, fait peur, conforte ses militants mais laisse dubitatifs un certain nombre d’électeurs de droite et de gauche qui l’ont récemment rejointe au nom des thèmes comme la République et la laïcité. Les autres candidats, appelés anormalement petits candidats, sont dans leur rôle de contestataires. Quelle est l’influence de leur électorat dans l’abstention ? On ne peut le dire avec précision.

 

Les médias font ce qu’ils peuvent et se contentent de décrire ce que les candidats disent et font. Néanmoins, les temps de parole établis par le CSA (Conseil supérieur de l’audiovisuel) empêchent le débats réels entre candidats. Une réflexion dans la libération de la parole pour les prochaines élections de 2017 doit être envisagée.

 

La résignation des électeurs est en partie liée à l’absence des sujets qui les préoccupent. L’espace politique est encombré par des thèmes tous azimuts, ce qui ne permet pas à l’électeur de faire son marché politique de façon convenable. Il ne faudra pas s’étonner que les électeurs s’abstiennent mais on peut penser que ce ne sera pas le cas car l’élection présidentielle est l’élection majeure de la 5ème République. Une réflexion des candidats en direction de leurs thèmes de campagne est nécessaire.

 

Les vrais thèmes de campagne ont délibérément mis de côté les problèmes de politique économique, de la dette, de sa gestion, de la croissance économique, du chômage, du logement et de la santé. Ce choix est politique, il est validé consciemment par tous les candidats au motif que c’est d’abord la cohésion nationale et les valeurs de la République qui sont en danger. Mais de quelle cohésion et de quelles valeurs parle-t-on ?  La France doit-elle continuer à vivre indéfiniment au dessus de ses moyens ? Doit-elle se résoudre à descendre progressivement la pente de l’austérité à l’image de la Grèce, de l’Italie ?

 

Mesdames et Messieurs les candidats, réveillez-vous et proposez-nous autre chose. 


Par Lucien Pambou
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Lundi 13 février 2012 1 13 /02 /Fév /2012 21:55

 

Sarkozy au milieu du gué, le candidat a des ressources qu'il doit valoriser pour gagner (humilité, efficacité et nouvelle organisation)

 

Longtemps président candidat ou candidat président, Nicolas Sarkozy va devenir sans doute le candidat tout court. Candidat de la droite conservatrice, humaniste, sociale, candidat du peuple de France, dans tous les cas Nicolas Sarkozy est candidat.

 

Sa déclaration de candidature est attendue et le Parti Socialiste trouve que le Président est manipulateur en ne se déclarant pas de sitôt, ce qui lui permet de profiter de sa stature présidentielle pour faire sa campagne en tant que candidat dont l’officialisation est attendue avant la fin de la semaine, à défaut la semaine prochaine.

 

Le Président Sarkozy a besoin de temps de réflexion sur les thèmes et la stratégie à adopter en tant que candidat face aux autres candidats mais surtout en opposition à François Hollande. Le candidat Sarkozy est dans une difficulté extrême.  Comment faire un bilan considéré par la plupart des Français comme difficile même si l’homme Sarkozy s’est beaucoup dépensé pour faire exister la France au sein de la crise européenne et de façon importante en termes de représentation comme moteur de l’Europe dans le duo avec l’Allemagne ?

 

En 2007 Nicolas Sarkozy avait été élu en s’appuyant sur les valeurs de travail, d’autorité, de responsabilité. Ces valeurs ont plu aux peuples de droite et de gauche et il a été dit que Nicolas Sarkozy avait réussi à siphonner les voix de l’extrême droite, surtout la droite la plus extrême ouvriériste et populaire en s’appuyant sur le slogan : « travailler plus pour gagner plus ». 

 

Le quinquennat finissant, force est de constater qu’une partie de la droite conservatrice et extrême est déçue. Le Président en s’appuyant sur ses bons souvenirs de 2007 estime qu’on peut encore rejouer une deuxième fois le coup politique en s’adressant au peuple de droite grâce au référendum qui opposerait le peuple aux élites. Il faut convoquer l’histoire de la Vième République pour dire et signifier l’importance du référendum. Le Général De Gaulle  a appliqué le référendum pour la première fois dans les années 60 pour demander au peuple français son accord pour l’élection du Président de la République au suffrage présidentiel. Le peuple français avait répondu massivement oui. Il en fut ainsi pour Maastricht avec François Mitterrand dans les années 90 et malheureusement les Français ont dit non en 2005 au moment du référendum sur les Institutions européennes.

 

Il y a toujours un danger à vouloir utiliser  le référendum comme validation de l’action politique. Le Président de la République Nicolas Sarkozy, qui va être candidat, veut utiliser le référendum dans les domaines du chômage et de l’immigration, des domaines qui sont de l’ordre de l’administration et de la prise de décision de la part des élus et dont le peuple ne connait pas toujours les tenants et las aboutissants. Vouloir faire du référendum une méthode de gouvernement peut être taxé de populisme car on demande au peuple de « tonner contre » quelque chose.

 

Le Président de la République a volontairement choisi les « valeurs de droite »  dans une interview au Figaro Magazine, c’est son droit et cela fait partie de sa stratégie. Mais c’est une stratégie à haute tension dans la mesure où, tout en se « droitisant », la France se « gauchise » dans des domaines comme le mariage gay ou comme l’homoparentalité ou les familles recomposées comme il en est lui-même l’exemple. Nicolas Sarkozy est au milieu du gué. Pour en sortir, il ne faut pas cliver la France sur les valeurs, même si c’est son droit, il faut utiliser le référendum avec parcimonie sur les questions qui engagent réellement et de façon substantielle  le peuple français.

 

Au candidat Sarkozy de trouver autre chose que le référendum, la crise par exemple, pour montrer aux Français sa stature de protecteur et de dirigeant responsable de la France de demain, même si la France de 2007 lui fait grief en 2012 de ses changements multiples dans sa fonction de Président de la République et dans sa capacité à rassembler les Français. Nicolas Sarkozy doit redevenir lui-même, faire preuve d’humilité, dire qu’il s’est trompé sur certains aspects et redemander aux Français des circonstances atténuantes pour un deuxième mandat. 

Par Lucien Pambou
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Mardi 7 février 2012 2 07 /02 /Fév /2012 21:57

 

 

Relance ou plan d’austérité sur fond de « modèle allemand »

 

Après Le Bourget et le débat télévisé (Juppé/Hollande sur France 2) qui ont permis à François Hollande d’imprimer sa marque sur la campagne présidentielle en cours, Nicolas Sarkozy devait, en animal politique, mettre en place une stratégie de marquage de son principal concurrent. Il a donc choisi, en tant que Président, de dire aux Français ce qu’il compte faire pour relancer l’économie française.

 

Ces éléments de langage concernant la relance sont considérés par l’opposition comme un plan d’austérité déguisé, parmi ceux-ci la hausse de la TVA de 1,6% le 1er octobre 2012 que François hollande a dénoncé comme un élément qui va favoriser la baisse du pouvoir d’achat des Français.

 

Voici l’ambiance et le décor plantés.

 

Allons au fond des choses. Le Président de la République s’est présenté comme Président des Français et non candidat. Faut-il le croire dans la mesure où une partie de ses propositions était marquée par des attaques contre les propositions du candidat François Hollande ? C’est vrai du logement ainsi que de l’ensemble des propositions du candidat socialiste en matière de compétitivité.

 

Considérons que ce n’est pas le candidat Sarkozy qui parlait mais le Président de la République. Il a proposé une série de mesures que je me propose de redire assez rapidement pour mieux les discuter.

Relèvement de la TVA de 1,6% à partir du 1er octobre

Augmentation de la CSG sur les placements spéculatifs

Mesure importante concernant le logement avec une augmentation du COS de 30%

Création d’une banque de l’industrie

Taxation sur les transactions financières de l’ordre de 0,1%

Accords de compétitivité permettant de mettre en œuvre des accords d’entreprise où patrons et salariés vont négocier la régulation salariale en fonction du climat des affaires (croissance ou récession).

 

Ces mesures sont considérées comme des mesures de relance économique par le Président Sarkozy. Le modèle de référence est allemand, d’ailleurs lors du Conseil national de l’UMP le samedi 28 janvier à la Porte de Versailles un membre de la CDU (Démocratie chrétienne) a annoncé au public que Madame Merkel, chancelière allemande, serait aux côtés de Nicolas Sarkozy pour l’aider à faire passer les idées d’une Allemagne et une France fortes dans une Europe en crise et dans un monde en recomposition. Ce serait le juste retour des choses car Nicolas Sarkozy avait apporté un appui fort à Madame Merkel en 2009.

 

Voilà les éléments de mondanité et de présentation. Allons au fond des choses.

 

Pour la Droite française, l’UMP en tête, c’est un plan de relance qui est une réponse à la crise économique que subit actuellement la France, crise à la fois économique, financière et sociale. Pour l’opposition et en première ligne le Parti socialiste, on se demande pourquoi ces mesures arrivent tardivement alors que le Président de la République a eu quatre ans pour y penser et pour les mettre en œuvre, la Droite, selon le PS, prend prétexte de la crise financière de 2008 et de la crise de la dette de 2011, pour excuser l’incompétence de Nicolas Sarkozy qui n’aurait pas de vision concrète en dehors de l’Allemagne.

 

Le modèle allemand est en référence dans la société française, a maxima à Droite et minima à Gauche, au niveau de la compétitivité. Derrière les discours de conformisme par rapport au modèle allemand, on peut regretter que les journalistes de I-tele, de TF1, de France 2, de BFM et d’autres télévisions n’aient pas su questionner au fond le Président de la République sur la réalité du modèle allemand au niveau du marché du travail. Depuis la réunification de l’Allemagne qui a démarré en 1989 et qui est devenue effective en 1990, le modèle allemand est présenté comme un modèle efficace en matière de compétitivité qui puiserait ses sources dans le coût du travail raisonnable, résultant d’accords d’entreprise entre patrons et syndicats de salariés. La réalité est autre. La vitalité du marché du travail allemand est en partie liée à l’absence d’un SMIC, à la précarité des contrats de travail (en majorité dans l’ancienne RDA). Un article du Figaro de Caroline Bruneau du 14/11/2011 « L’Allemagne réfléchit à des salaires minimums » ainsi qu’un rapport de l’OCDE de janvier 2010 sur « l’Allemagne société à deux vitesses » montrent que la compétitivité allemande est obtenue au nom d’une précarisation des statuts et du travail des Allemands. Il y aurait 6,5 millions de personnes, soit 23% de la population active, qui seraient des travailleurs pauvres touchant moins de 10 euros de l’heure. La productivité et l’efficacité de l’économie allemande seraient assurées par des jobs précaires. Deux millions d’employés toucheraient autour de 700 euros par mois, le complément de leur salaire viendrait des allocations sociales. Il est vrai que s’il y a  23% de la population en CDD en Allemagne, ce pourcentage est de 16% en France qui elle, à l’inverse, souffre d’un nombre d’employés faibles en CDI par rapport à l’Allemagne.

 

Le Président de la République dans son débat avec les journalistes a mis l’accent sur la compétitivité prix dont la France pourrait bénéficier grâce à une hausse de la TVA de 1,6 qui permettrait d’abaisser les cotisations patronales en dégageant ainsi 7 à 13 milliards d’euros qui financerait la protection sociale. Cette hausse de TVA permettrait aux entreprises d’augmenter le taux d’emploi et de répercuter la baisse du coût du travail sur le pouvoir d’achat des salariés. L’analyse économique montre que le modèle socio-économique français n’est pas le modèle allemand fondé sur une discipline, une organisation et une volonté de promouvoir la Nation allemande. En France, on a baissé le taux de TVA concernant la restauration, ce secteur n’a pas joué le jeu en matière de baisse de prix pour les clients et n’a pas augmenté son taux d’emploi.

 

 

Attention aux comparaisons hâtives en référence au modèle allemand qui n’est pas le modèle français qui reste à réorganiser, à promouvoir. La compétitivité allemande n’est pas que sur les prix comme l’indique le Président Sarkozy, elle porte aussi sur l’innovation comme le fait remarquer le candidat Hollande. Il faut donc réconcilier le Président Sarkozy et le candidat Hollande.

 

On pourrait discuter sur les autres mesures de relance du Président Sarkozy, sur le logement, la CSG sur les placements financiers, la création d’une banque de l’industrie et la taxe sur les transactions financières. Ces mesures sont discutées par la Gauche socialiste qui pense que le Président candidat ne fait pas preuve d’originalité et qu’elles visent uniquement à amuser la galerie car Hollande les a déjà présentées. Pour la Gauche socialiste et François Hollande, le Président Sarkozy était hier un Président déguisé sous le manteau du candidat (débat autour des 35 heures à amender, voire à supprimer grâce aux accords d’entreprise) qui doit se déclarer rapidement pour que la bataille politique ait lieu même si sur la fin de son exposé le Président candidat a reconnu avoir commis des erreurs, exprimant ainsi une forme d’humanité qui ne doit pas laisser insensibles les Français électeurs.

 

Au total, il me semble qu’il reste à définir à Droite comme à Gauche, un véritable projet collectif pour dessiner les contours d’un modèle à la Française ouvert aux autres modèles, mais français.

 

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Par Lucien Pambou
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Lundi 2 janvier 2012 1 02 /01 /Jan /2012 22:49

 

Dans un décor de fin de quinquennat construit pour les derniers vœux de Nicolas Sarkozy en tant que Président de la République, la population française a eu droit au bilan du Président et au programme du candidat.

 

Le cadre des vœux présidentiels était empreint de solennité avec comme décor l’unique drapeau français sans le drapeau européen qui avait accompagné les exercices précédents. Le Chef de l’Etat était planté dans un cadre verdoyant ouvrant sur le parc de l’Elysée. Ces images sont volontaires et voulues pour la communication présidentielle. Le Président pense qu’il fallait recentrer le message à un moment où l’Europe par ses nombreuses crises et les déséquilibres des budgets publics fait l’objet de défiance de la part des Français.

 

Il faut lire le message des vœux en deux temps :


  •       le temps du bilan qui permet à Nicolas Sarkozy de demander aux Français de ne pas avoir peur car il est à la barre du navire France en tant que capitaine, il est, selon lui, celui qui parle vrai aux Français et qui est leur protecteur en ces temps si difficiles et en cela, il a raison.

  •     le deuxième temps est celui du candidat à l’élection présidentielle de 2012 et sans le dire Nicolas Sarkozy propose quatre lignes de programme fortes pour 2012, à savoir la croissance, la compétitivité, la ré-industrialisation et la taxation des transactions financières afin de lutter contre la déréglementation de la finance qu’il faut gérer car c’est une question de morale politique. Ces quatre lignes de réflexion permettront aux entreprises françaises de créer des emplois et aux Français, de maintenir voire d’augmenter, leur pouvoir d’achat.

 

Concernant le bilan, on reste un peu perplexe car on attendait de manière précise que le Président parlât effectivement des réformes structurelles qu’il a entreprises, comme la création du pôle emploi, le service minimum dans les transports ferroviaires, la révision constitutionnelle qui permet au Président de s’adresser à la représentation nationale réunie en congrès à Versailles, et surtout la grande réforme des retraites. Il a préféré parler de crises financière, budgétaire et économique actuelles qui déséquilibrent la zone Euro et certains de ses pays membres comme la Grèce, l’Italie et le Portugal, montrant qu’en comparaison, la France elle est protégée. Je trouve que le Président ne met pas en avant les réformes qu'il a faites et qu'il ne les explique pas suffisamment aux Français. C'est vrai, il ne peut pas tout faire, tout seul. Comme je l'ai déjà dit ici, on a l'impression que certains militants ont honte d'avoir l'étiquette UMP. Dommage. Je reste militant UMP fier de l'être avec un esprit d'analyste économique critique.


 

Au total, le Président de la République a donné une image de père protecteur face aux grands bouleversements du monde (mondialisation, crises financières, déficits publics, chômage des jeunes et des seniors et précarité croissante).

 

Nicolas Sarkozy candidat propose trois priorités :

 

1.     Comment retrouver le chemin de la croissance. On  va faire vite, la croissance dans sa définition basique est une augmentation de la production d’une année à l’autre, cette croissance repose sur les biens agricoles, industriels et les services selon l’explication de l’activité économique en trois secteurs. Sans faire de l’esprit, force est de constater que nous avons une agriculture prospère mais nous sommes incapables de transformer les produits agricoles et de les exporter en tant que biens finis. Dans le secteur secondaire, la plupart des biens manufacturés et de consommation de masse (téléphones, ordinateurs, téléphones portables et autres) viennent de l’étranger. Concernant les services, la France a encore un rôle à jouer (services bancaires et autres), mais jusqu’à quand ? On parle de réindustrialiser la France. Beau projet, mais dans quels secteurs ? Avec quels produits innovants ? Faut-il continuer à fabriquer des produits à rentabilité déjà éprouvée ?

 

 

2.  La compétitivité. De quelle compétitivité parle le Président ? D’une compétitivité structurelle, d’une compétitivité prix ou des deux à la fois ? Il faut donc promouvoir une réflexion qui ne soit pas que politique mais fasse aussi appel à la réforme du système fiscal. Le gouvernement est-il prêt au mois de janvier au cours de la conférence sur l’emploi à obliger les partenaires sociaux à prendre des mesures claires sur la flexibilité, sur les contrats d’entreprises, sur la nécessité pour les salariés français de réduire leurs salaires pour s’adapter à la compétition internationale ?

 

 

 

3.   La ré-industrialisation de la France.Tout le monde en parle, du défunt Georges Marchais hier (années 70) ancien Secrétaire général du Parti communiste en passant par Bayrou, Hollande et lui-même Sarkozy. Comment réindustrialiser la France ? Avec quels types d’industries, inter ou intra européennes ? Avec quels types de règlementations et quels types de politique industrielle claire pour que les grandes mais surtout les petites et moyennes entreprises trouvent leur place car ce sont elles qui sont encore les plus pourvoyeuses d’emplois dans une France dépressive et qui doute d’elle-même ?


 

 

 

ll   Il ne faut désespérer du Sarkozysme qui a encore de nombreuses cartes en main, comme l'incapacité de Hollande à occuper une posture présidentielle (ce que répètent ses amis socialistes), la durabilité de la crise économique, la capacité du Président tel un boxeur de décocher la droite suffisante au menton de la gauche.

 


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Par Lucien Pambou
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Lundi 17 octobre 2011 1 17 /10 /Oct /2011 15:46

 

François Hollande a gagné contre Martine Aubry, une victoire nette sans bavure avec un écart d’environ 7 points.


En arrivant au siège du PS, il a été reçu par Martine Aubry qui l’a salué et il a embrassé la mère de ses enfants, Ségolène Royal, qui au-delà de la mère qu’elle est, est d’abord une femme politique de gauche et ancienne candidate à l’élection présidentielles en 2007. Au siège du PS il a remercié Martine Aubry et a scellé les clés de l’union devant les militants.


En se rendant à la Maison de l’Amérique Latine, François Hollande a développé ses capacités de tribun stratège pendant 20 minutes. Il a raillé le Président de la République, Nicolas Sarkozy, qui n’a pas parlé et qui va donc pouvoir le faire. Il demande à ses militants  et aux peuples de gauche d’accepter qu’il entreprenne une diète médiatique car le temps des élections primaires est terminé, le rassemblement est acté, il faut ré enchanter le rêve français.


Pour le faire, François Hollande propose de se mettre en réserve et de travailler pour le projet présidentielle en laissant à Martine le soin d’occuper l’espace médiatique pour répondre à l’UMP et au Président Nicolas Sarkozy. François Hollande veux=y introduire le contrat de génération et valoriser la jeunesse comme ré enchantement du rêve français. François Hollande a des avantages incontestables. Il va mordre que les centres de Borloo, Morin, Bayrou et éventuellement Villepin s’il pense qu’il a un espace dans l’élection présidentielle.


La victoire de Hollande au 2nd est sans bavure. La défaire de Martine s’explique en partie par son retard au premier tour, par ses agressions verbales répétées voire répétitives en direction de François Hollande. Hollande insiste sur l’union, malgré quelques velléitaires dans le camp de Hollande, Martine va reprendre son poste de Secrétaire du parti socialiste et Hamon de Porte-parole.


François Hollande a réussi car il a appliqué à la lettre une consigne de François Mitterrand dont il a été jeune conseiller à l’Elysée, à savoir : pour gagner une élection, il faut rassembler et rechercher l’unité et non cliver son propre camp. Martine Aubry vient de l’apprendre à ses dépends au cours de cette mini campagne des Primaires socialistes. François Hollande a toujours été perçu comme "gentil", "bon garçon"», personnage politique sans envergure représentant la "gauche molle" selon Martine Aubry.

 

Son intronisation en tant que candidat montre qu’il ne faut jamais sous-estimer un adversaire, quelques soient ses faiblesses. François Hollande vient de montrer ses qualités de tribun stratège. Son discours à la Maison de l’Amérique Latine, siège de son QG de campagne, vient de montrer que l’homme a des ressources. Sans l’air d’y toucher et avec intelligence, il vient de montrer qu’il peut réduire les déficits de la France car il a été confronté très tôt, grâce à une expertise demandée par François Mitterrand, à lui jeune auditeur de la Cour des Comptes sorti de l’ENA, sur la soutenabilité des comptes de la Maison de l’Amérique Latine. S’il y est ce soir, cela veut dire qu’il a réussi. S’il est élu Président, peut-il le faire pour la France ?


 

Il reste à François Hollande de sortir de sa stratégie de tribun avec le bon mot à la François Mitterrand, qui consacre l’humour à la hollandaise pendant les primaires, pour devenir un candidat crédible pour l’élection présidentielle.


Par Lucien Pambou
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