13 septembre 2014 6 13 /09 /septembre /2014 19:18
 
 
 

LE PLUS. Officiellement, Nicolas sarkozy n'est toujours pas candidat à la tête de l'UMP ni à l'élection présidentielle de 2017. Mais il faut le préciser, car la presse et les militants UMP en parlent comme si c'était déjà le cas. Et il faut dire que les sondages le donne en bonne position face à ses adversaires tels que François Fillon et Alain Juppé. Analyse de notre contributeur Lucien Pambou.

Édité par Rémy Demichelis  Auteur parrainé par Maxime Bellec

Nicolas Sarkozy choisira-t-il la voie de la primaire ? (ABDULLAH DOMA / AFP).

 

Sarkozy serait de retour, dit-on ici et là, pour se présenter à la présidence de l’UMP ou directement comme candidat à l'élection présidentielle de 2017. Pour le sarkozyste que je suis, revendiquant mon sarkozysme (en raison de la capacité d’entrainement et de volontarisme et du courage de l’ancien président), je regrette, à titre personnel, que l’ancien président qu’il a été, se rabaisse au niveau des Partis pour diriger l’UMP qui doit lui servir de rampe de lancement pour l’élection présidentielle de 2017.

 

Je suis assez d’accord avec Henri Guaino, député des Yvelines et porte-plume de Sarkozy de 2007 à 2012, pour dire que lorsque l’on a été ancien président, on ne se rabaisse pas dans la course et dans la quête de la présidence du Parti qui vous a aidé à occuper la plus haute fonction de la République. Les choses étant ce qu’elles sont, je vais essayer de m’interroger à haute voix avec les lecteurs du Plus, militants ou non.

 

La France des petites jalousies personnelles

 

Sarkozy revient à la tête de l’UMP. Il va en prendre la présidence car les jeunes populaires, ceux de la droite forte, emmenés par Geoffroy Didier et Guillaume Pelletier, le souhaitent ardemment.

 

D’autres militants, plus âgés, le souhaitent après l’image dévastatrice de la bataille Fillon/Copé pour la présidence. Sarkozy revient aux affaires et l’ancien président croit en sa bonne étoile, malgré les mésaventures politico-judiciaires pour lesquelles les différents juges souhaitent l’entendre. Sarkozy pense que Hollande n’est pas à la hauteur de la fonction et que son élection a été un accident, malgré son intelligence académique, car c’est bien le problème du président Sarkozy face aux nombreux diplômes de François Hollande. Ainsi va la France des petites jalousies personnelles.

 

Que Sarkozy se rassure, il n’y pas de relation établie de façon évidente entre instruction scolaire fortement réussie et intelligence politique pour diriger un pays.

 

Le centre est éclaté

 

Sarkozy est attendu comme un messie à la tête de l’UMP, Jean-François Copé a dit qu’il souhaitait son retour de façon ardente, une façon pour lui de reprendre pied dans les intrigues de la politique à un niveau national après l’affaire Bygmalion (Laurent Wauquiez a donné son accord et, d’ici le congrès, la liste des ralliés de fraîche date à Nicolas Sarkozy va s’allonger).

 

La droite républicaine a besoin d’un chef qui montre la voie et qui montre la lune. Au centre, pour des raisons médicales et peut-être personnelles, Jean-Louis Borloo a décidé de jeter l’éponge et de se mettre en marge de la politique, mais jusqu’à quand ? Jusqu’à ce que Nicolas Sarkozy revienne aux affaires et demande à Borloo de façon très subtile de ramener le centre dans l’escarcelle sarkozyste.

 

Le centre est éclaté entre les partisans de Borloo et de Bayrou qui sont beaucoup plus prompts à voter pour Juppé. Mais Sarkozy ne veut pas de primaires à droite. Élu à la présidence de l’UMP, il fera tout pour la suppression de celles-là.

 

Mariton, Le Maire et Bertrand ont un rôle à jouer

 

Il reste à Nicolas Sarkozy de réinventer l’organisation de l’UMP et lui-même. Qu’en pensent Juppé et Fillon qui se sont déjà déclarés pour les primaires ?

 

La guerre ne fait que recommencer car elle ne s'est jamais éloignée compte tenu des personnalités en présence qui hier étaient été encore ensemble.

 

Les choses sont différentes aujourd’hui. Chacun des grands acteurs du mouvement populaire, à savoir Juppé, Fillon, Sarkozy, veut jouer sa partition. Il ne s’agit pas de minimiser le rôle de Mariton, Le Maire et Bertrand qui peut être important dans la recomposition de l’UMP, mais on peut constater, sans les réduire à un rôle de subalterne dans la course à la présidence, que ces candidats veulent simplement prendre date pour mieux se situer par rapport aux grands candidats que sont Juppé, Fillon, Sarkozy et éventuellement revenir dans la course pour un poste ministériel, si d’aventure Sarkozy était à nouveau élu président de la République en 2017.

 

Encore faut-il que son retour attendu soit réel et effectif.

 

Sarkozy et l'option de la fausse humilité

 

Juppé et Fillon ont un agenda commun qui est celui des primaires. Sur le plan politique, Juppé fort de sa place en haut des sondages si on tient compte de l’opinion des militants de l’UMP et d’une grande partie des électeurs de droite et du centre, estime que son heure est venue.

 

Après avoir servi Chirac, Balladur et Sarkozy, Juppé, "le meilleur d’entre nous" comme l’appelait Chirac, semble penser que Sarkozy ne sera pas choisi lors des primaires.

 

Fillon a un agenda qui colle à celui de Juppé, mais qui est différent car il porte malgré lui le symbole de l’impuissance et de diviseur, comme certains aiment à le dire au sein de l’UMP après la lutte fratricide l’ayant opposé à Copé en 2012 pour l’élection de président de l’UMP. Copé, que je n’ai pas cité comme grand candidat, pour l’instant se contente de coller à la roue de Sarkozy.

 

Nicolas Sarkozy a un calendrier différent de ceux de Juppé et Fillon. Revenir par les primaires serait une longue marche, difficile, car son image, si elle reste intacte auprès des militants UMP, est un peu abîmée auprès des électeurs du centre qui n’ont pas supporté ses approches "buissonesques" au cours de l’élection présidentielle de 2012 et son accointance avec les thématiques du Front national sur l’immigration, sur l’identité nationale.

 

Politiquement et stratégiquement, Nicolas Sarkozy choisit de revenir par le bas en prenant la tête du Parti [même s'il reste officiellement candidat non déclaré, ndlr]. Cette façon de faire va être saluée, car populaire et humble. Sauf que, cette stratégie basse cache une stratégie haute qui vise à prendre tout le Parti, à l’élargir au Centre par la création d’un vaste mouvement de la droite et du centre, un peu l’image de ce que Chirac avait fait en 2002 quand Juppé et lui ont créé l’UMP.

 

Les primaires pour les présidentiells : le problème

 

Sarkozy, en créant ce vaste mouvement, auquel il faudra trouver un nouveau nom, a plusieurs objectifs, voici les plus vraisemblables :

 

1. Faire disparaitre le nom de l’UMP auquel se trouvent accolées de nombreuses affaires,

 

2. Organiser un vaste congrès en 2015 ou 2016,

 

3. Au cours de ce congrès, ou avant c'est-à-dire au moment de la prise de l’UMP, modifier les statuts en reléguant aux calendes grecques le principe des primaires.

 

4. La modification des statuts de l’UMP voulue par le peuple souverain des militants, la convocation d’un congrès, la suppression du principe des primaires au nom de la lutte contre les divisions à droite ; tous ces éléments auront pour but de rendre inutiles l’organisation des primaires pour les présidentielles et donc illégitimes les candidatures de Juppé et de Fillon, à moins que ceux-ci persistent dans leur volonté d’aller jusqu’au bout. Ce qui permettra à Sarkozy de les faire apparaître comme des diviseurs, de les montrer comme dépassés et de valoriser la jeunesse montante de l’UMP, celle de la droite forte mais aussi sociale, puisque Wauquiez s’est rallié à Sarkozy.

 

Sarkozy a un boulevard devant lui

 

Sarkozy se considère comme béni des dieux, avec une baraka forte. Non seulement l’impéritie en matière de communication de Hollande ajoutée à l’insuffisante explication de sa politique économique ouvre la voie au retour de Sarkozy, si retour il y a, car là encore la vie politique nous a habitué à de nombreux revirements. Mais il y a aussi les disputes Copé, Fillon, affaire Bygmalion qui ont élargi le boulevard du retour de Nicolas Sarkozy aux affaires.

  

Reviendra ou ne reviendra pas ? Peu importe l’attitude de Nicolas Sarkozy et la décision qu’il va prendre, mais tout porte à croire que l’envie d’en découdre, c’est à dire de revenir, est plus forte que l’attitude de commentateur "immobile" de la vie politique française dont il est l’un des acteurs importants après 30 ans de mandats politiques dont 5 ans de présidence de la République.

Partager cet article

Published by Lucien Pambou
commenter cet article
8 septembre 2014 1 08 /09 /septembre /2014 17:37
 

LE PLUS. 85% de Français ne souhaitent pas que François Hollande se représente en 2017. Principal reproche : "les promesses non tenues de sa campagne présidentielle". Alors que certains demandent sa démission, Lucien Pambou, militant UMP, a souhaité prendre sa défense. Il explique pourquoi.

Édité par Rozenn Le Carboulec  Auteur parrainé par Maxime Bellec

François Hollande à l'Élysée, le 1er mai 2014 (WITT/SIPA)

 

Je ne suis pas devenu socialiste, je n’attends rien en termes de gratification du Parti socialiste et encore moins du président et de mes amis socialistes (car j’en ai dans ma ville d’Alfortville, et ailleurs en France) pour ce que je vais dire maintenant. Je reste fondamentalement UMP et j’attends que mon parti soit en ordre de marche pour qu’une opposition crédible pour la France soit possible.

 

Mais cela suffit maintenant. Halte au "Hollande bashing". Que les médias, les journalistes, et les citoyens que nous sommes, essayent de verser dans la décence dialogique et intellectuelle.

 

Hollande ira au bout de son mandat : tant mieux

 

Il ne s’agit ni de bâillonner la liberté de penser, d’écrire ou de parler, ni d’interdire la communication folle autour du président, mais tout de même nous ne devons pas rabaisser la fonction présidentielle.

 

Ici ou là on entend que le chef de l'État est "cramé", pour reprendre une expression populaire, qu’il n’est qu’à 13% d’opinions favorables et qu’il entraîne dans sa chute le Premier ministre Valls, qui serait passé de 60% d’opinions favorables au début à 30%. Certains journaux vont plus loin et demandent sa démission, ou une dissolution de l’Assemblée.

 

Le président Hollande a répondu qu’il irait jusqu’au bout de son mandat, ce qui est bien d’un point de vue démocratique et du respect du vote des électeurs.

 

Je ne défends pas un homme, mais une fonction

 

Certains ténors des partis politiques ont répondu qu’ils assumeraient leurs responsabilités en cas de cohabitation avec le président, c’est le cas de Marine Le Pen.

 

À l'inverse, d'autres responsables de mon parti refusent la cohabitation, peut-être à juste titre, car pour l’instant l’UMP n’a ni programme, ni stratégie, ni véritable chef et encore moins un projet pour la France en cas d’alternance immédiate.

 

Ce n’est pas une critique en direction de mon parti mais une réalité. Je fais remarquer que, dans notre pays, nous n’avons pas cette culture intellectuelle de la critique positive qui consisterait à questionner son propre parti tout en s’en revendiquant. On préfère les bouches cousues et les bénis oui-oui.

 

Je pense ne pas être un godillot, je ne me suis pas représenté sur la liste UMP des municipales à Alfortville car j’ai dénoncé un certain nombre de choses et de pratiques. Je reste fondamentalement UMPiste et à droite. Je ne peux être suspecté d’une stratégie de rapprochement en direction des socialistes car je défends non pas un homme Hollande, mais une fonction : celle de président de la République française. Le citoyen, au sens platonicien, que je suis a son rôle à jouer dans la société, ne serait-ce que celui de dire ce qu'il pense, ce que je fais ici et maintenant.

 

Le président a négligé le lien social

 

François Hollande a commis plusieurs erreurs en matière de communication politique. Il n’a pas su jouer habilement la relation "interface politique et communication". Il a confondu les deux temps en pensant que sa seule dimension politique, liée à sa victoire en mai 2012, suffisait à lui laisser une grande marge de manœuvre pour que la communication en direction des Français se fasse naturellement.

 

Or, si on reprend des penseurs contemporains aussi éloignés l’un de l’autre que Habermas et Luhmann, on s’aperçoit que le président a négligé dans sa communication politique le lien social et l’adresse en direction des Français. L’étymologie latine du mot communication, à savoir communicare, renvoie à deux préoccupations fondamentales : partager et transmettre, ou établir une relation avec les citoyens.

 

Des défauts de communication politique

 

Le président Hollande n’a pas utilisé les trois champs théoriques concurrentiels de la communication politique.

 

1. L’approche comportementaliste vise à énoncer une question claire : on dit quoi, à qui, par quel canal et avec quel effet. Les différents communicants de l’Élysée, comme Claude Sérillon et d’autres, ont échoué à définir de façon très précise la communication présidentielle.

 

2. L’approche interactionniste s’impose dès lors que l’on admet que la communication est une forme d’interaction et elle devient stratégique car elle repose sur l’analyse des codes sociaux et sur les réponses à donner.

 

3. L’approche dialogique est centrée sur une conception intersubjective de la communication. Elle fait appel à l’interactionnisme symbolique. Elle est dominée par une praxéologie orientée vers la coopération. Le modèle dialogique repose sur l’idée que la légitimité réside dans le consensus obtenu par discussion.

 

François Hollande, en tant que Premier secrétaire du Parti socialiste, avait réussi le modèle dialogique, mais peine à le mettre en place car le PS, qui doit être le relais de la pensée présidentielle, est en panne au plan de la communication. Ce Parti socialiste reste uniquement dans une approche structuro-fonctionnaliste, qui est une approche holiste du politique qui dissout la communication présidentielle dans une communication globale, alors que cette communication présidentielle devait être beaucoup plus fine, précise et fondée sur une approche permettant d’atteindre chaque membre de la société française.

 

Des réussites sur le plan international

 

François Hollande, quoiqu’en disent les sondages, et encore les stratégies du "bashing" permanent, a réussi au plan international à permettre à la France d’occuper la première place en Europe dans les nombreux théâtres de conflits (Afrique, etc.) et à faire de la France le bouclier sur le flanc méditerranéen au service d’une Europe qui parle beaucoup de lutter contre le terrorisme mais qui ne fait rien.

 

La récente décision de madame Merkel au sommet de l’Otan de participer à une coalition pour lutter contre l’État islamique n’enlève rien à cette vitalité de François Hollande qui a dit en premier que la France serait, aux côtés des États-Unis, un partenaire sans états d’âme.

 

Sur le plan budgétaire et interne, les 21 milliards d’euros d’économie ne seront pas réalisés l’année prochaine. Le récent rapport de l’OCDE montre que la France est à la traine derrière la plupart des pays européens de même niveau dans sa lutte contre le chômage, surtout celui des jeunes et des séniors, et que la croissance attendue au cours des prochaines années serait très faible.

 

Tout n'est pas la faute du chef de l'État

 

Malgré ses turpitudes et son incapacité à expliquer une situation dont il a hérité du gouvernement Sarkozy, malgré la mise en retard sur orbite de la nouvelle politique économique sociale libérale dont il faut attendre les effets au-delà de 2017 si les chefs d’entreprise jouent le jeu en investissant, on ne peut tout imputer au président François Hollande.

 

C’est la mode en France : qu’il pleuve, qu’il neige, qu’il fasse chaud, qu’il y ait des feux de forêt, des inondations, "tout est de la faute" à François Hollande. Quand on ajoute à ce "bashing" le livre de son ex-compagne, Valérie Trierweiler, "Merci pour ce moment" et les irrégularités fiscales de son ex-secrétaire d’État Thomas Thévenoud, aussitôt nommé aussitôt démissionné, le "bashing board" devient complet.

 

Le Général De Gaulle avait dit quelque part que les Français, que nous sommes, étions des "veaux", car trop suivistes. Sans être insultant à l’égard de qui que se soit, je peux noter que beaucoup d’électeurs ne connaissent ni les programmes, ni les enjeux et se contentent de voter comme le faisaient naguère leurs père, mère et grands parents.

 

La chose politique est trop importante pour être laissée aux seuls politiciens. François Hollande a failli au niveau de sa communication, or cette communication, dans un monde de réseaux sociaux, nécessite un style qui doit réinventer la politique et celui-ci repose sur une technicisation et une professionnalisation. Il semble qu’il reste, pour les trois ans qu'il reste (jusqu’en 2017), au président Hollande à construire une infrastructure de communication claire, gouvernée par un pilotage audible du système politique et sociale.

 

Il reste au président à trouver les personnes et le système idoine qui permette de combiner les trois dimensions de la communication : pragmatisme, symbolisme et structuration dans le temps et dans la durée. Monsieur le président, il vous reste à parler et à dialoguer avec les Français.

Partager cet article

Published by Lucien Pambou
commenter cet article
3 septembre 2014 3 03 /09 /septembre /2014 20:10

Terrorisme, guerre civile... L'Europe et l'Afrique peuvent dire merci à François Hollande

 

 
 

LE PLUS. Centrafrique, Mali... Depuis le début de son mandat, François Hollande a plusieurs fois engagé la France dans des actions militaires à l'international. Sans toutefois en tirer profit dans les sondages... Notre contributeur Lucien Pambou, pourtant militant UMP, tient à saluer les actions réussies du président de la République.

Édité par Louise Pothier  Auteur parrainé par Maxime Bellec

François Hollande lors de la conférence aux ambassadeurs le 28 août 2014 (C. Ena/AP/SIPA) 

François Hollande lors de la conférence aux ambassadeurs le 28 août 2014 (C. Ena/AP/SIPA)

 

L’incapacité de l’Union européenne fait de Hollande un chef de guerre au nom de la France et de l’Europe.

 

Pour une fois, sortons de nos vieux débats idéologiques franco-français (PS, UMP, frondeurs, Front national, etc.) pour regarder l’action de la France dans le monde et de son président, François Hollande, qui est tant décrié. Je le fais avec aisance car je ne suis pas socialiste, comme tout le monde le sait, mais UMP. Mais je raisonne avant tout comme citoyen et républicain.

 

Hollande n'est pas un va-t-en guerre, c'est un stratège

 

Dans un papier récent publié par "Le Parisien" du 2 septembre 2014, Hollande est présenté comme un président qui ne craint pas la guerre. Incertain, voire dépassé par les problèmes nationaux, il faut reconnaître à Hollande d’avoir endossé ses habits de président de la Ve République au plan extérieur. En tant que chef de guerre, il a fait respecter le nom de la France face à l’Europe et au Monde en intervenant sur la plupart des théâtres mondiaux en situation de "collapsus étatique", comme l’avait voulu hier le Général de Gaulle face aux Américains.

 

C'est vrai en Centrafrique, c’est en partie vrai au Mali et cela risque de le devenir en Ukraine, région dans laquelle la France se contente de regarder, mais pour laquelle la France estime que la communauté internationale a son mot à dire.

 

Hollande n’est pas un va-t-en guerre mais un stratège qui forge sa démarche d’intervention en s’appuyant sur les résolutions du Conseil de sécurité et les attentes collectives de la communauté internationale. Au nom des "droits humains", et non "de l’homme", Hollande permet à la France de se découvrir une vocation qui est celle de la défense, du droit quand celui est bafoué. C’est vrai des chrétiens d'Irak rapatriés en France sous la lumière des caméras de nombreuses télévisions, c’est vrai de l’intervention de la France dans son pré carré en Centrafrique pour empêcher une guerre civile ethnico-religieuse entre les citoyens centrafricains, entre chrétiens et musulmans.

 

La France engagée sur de nombreux fronts

 

François Hollande met la France au service de l’Europe qui estime que son rôle n’est pas d’intervenir, même si le terrorisme, surtout islamiste d’Aqmi dans la zone sahélo-saharienne, est identifié comme un véritable danger qui risque de se propager à l’ensemble de l’Afrique francophone. Malgré des budgets en baisse relative au plan militaire, Hollande continue de faire apparaître la France comme une puissance militaire présente, même si son statut de puissance industrielle décline.

 

La France est donc engagée sur de nombreux fronts. Les forces françaises sont pré-positionnées dans le Sahel-Sahara, en Afrique de l’Ouest, en Afrique Centrale et dans l’Océan Indien. Il reste à la France d’intervenir auprès des Américains en Syrie ou en Irak et le président François Hollande ne serait pas opposé à l’envoi de rafales dans cette région. Encore faut-il avoir une connaissance précise des cibles et que le renseignement militaire joue à plein effet.

  

L’Europe et l’Allemagne en tête continuent à faire du business avec un certain de pays du globe où le terrorisme est effectif, pendant que la France se contente d’endiguer la progression du terrorisme dans certaines parties de l’Afrique, une façon ou une autre de préserver aussi ses intérêts et surtout ceux de ses grandes entreprises comme Areva.

 

Hollande devrait tirer partie de ses succès 

 

Hollande doit être capable de transférer à l’intérieur du pays France ses succès relatifs en tant que chef de guerre au plan international. Manuel Valls réussit au plan intérieur à muscler la communication du président Hollande, il revient à celui-ci de construire sa propre communication en tant que chef de guerre au service de la défense des droits humains.

 

Il reste au président Hollande trois ans pour articuler sa politique extérieure et les résultats éventuels de sa politique intérieure. Il a réussi sans bruit et à la différence de ses prédécesseurs (de Gaulle, Pompidou, Giscard, Mitterrand, Chirac, Sarkozy) à construire un modèle intelligible d’intervention à l’extérieur de la maison France. Il risque de ne pas en tirer profit en raison d’une communication déficiente, pour ne pas dire inexistante, comme d’habitude.

 

Monsieur le président, réveillez-vous, je ne suis pas un va-t-en guerre, je n’appartiens pas à votre parti politique (PS, canal historique ou moderne), mais l’Europe et l’Afrique ont le droit de vous dire merci pour votre action sur la scène internationale dans votre lutte permanente et réactive d’endiguement du terrorisme qui se territorialise en Afrique, au Moyen-Orient et peut-être demain dans des zones du monde marquées par le sceau de la sécurité.

 

Partager cet article

Published by Lucien Pambou
commenter cet article
3 septembre 2014 3 03 /09 /septembre /2014 10:45

 

 

LE PLUS. Alors que les socialistes s'apprêtent à vivre le dernier jour des universités d'été du PS dans une ambiance tendue, les députés frondeurs ont profité de la réunion de famille pour créer leur collectif "Vive la gauche". Pour Lucien Pambou, militant UMP, ces députés se trompent de combat et passent à côté de la réalité économique de 2014.

Édité par Henri Rouillier  Auteur parrainé par Maxime Bellec

Christian Paul, Laurent Baumel et Jérôme Guedj, chefs de file des frondeurs à La Rochelle, le 30 août 2014. (X. LEOTY / AFP)

 

"Vive la Gauche", c’est le nom du mouvement lancé par les députés frondeurs du PS (une quarantaine, voire plus) à l’Université d’été du PS à La Rochelle. Les frondeurs constituent un mouvement bruyant mais inutile car on ne connait ni le chef, ni le projet politique de ce mouvement.

 

Budget, dissolution... Trop de flou

 

Les députés frondeurs comme Christian Paul disent eux-mêmes qu’ils ne veulent pas faire tomber le gouvernement et qu’ils souhaitent que le gouvernement de Manuel Valls "soit fidèle au projet de gauche".

 

 

De son côté, Gérard Filoche, à l'aile gauche du PS, dit de ce rassemblement que "c'est une réunion pour défendre le PS d'une tentative de putsch libéral". C'est un peu court comme raisonnement. On croit rêver.

 

Tergiversations sur le vote ou non du budget à l'automne 2015, position floue et illisible alors que 63% des Français réclament une dissolution de l'Assemblée nationale, les frondeurs ne prennent pas de risquent, ne s'affichent pas. On ne sait pas ce qu'ils veulent, ni ce qu'ils incarnent au sein de leur parti.

 

François Hollande sait que les députés tiennent tellement à leurs mandats qu’ils vont – après des effets de manche et des coups de menton – revenir dans le rang, comme en 1983 avec le virage vers l’Europe de François Mitterrand. Il faut que ces députés de "Vive la Gauche" arrêtent de distraire les militants, le Parti socialiste et la France.

 

La carte Macron

 

Il faut arrêter de raconter n’importe quoi aux militants PS. Je suis ancien conseiller municipal UMP, je transcende les chapelles idéologiques et l’approche quelques fois rétrograde de mon propre parti sur les problèmes de société et d’économie (mariage pour tous, etc.), pour reconnaître en François Hollande une capacité intellectuelle et méthodique... qui ne suffit néanmoins pas pour diriger comme il se doit la politique économique du pays.

 

Il faut espérer qu'Emmanuel Macron, malgré son jeune âge, prenne des décisions claires et visibles pour la population française. C'est le problème du gouvernement Hollande actuellement : il faut dresser un monitoring précis en termes de communication sur les mesures qui sont prises et qui sont susceptibles de changer la vie des Français.

 

L'idéologie de gauche doit s'adapter à 2014

  

Les députés frondeurs de Vive la Gauche sont dans une approche trop idéologique de la réalité de la France, insérée dans la mondialisation. Nous sommes en 2014 et non en 1920. De 1920 à nos jours, l’idée de gauche a fait son chemin en tant que slogan et porte-drapeau du vivre-ensemble – un argument d'autorité face à la droite qui privilégiait l'offre, c'est-à-dire la création des richesses et leur accaparement par l’entreprise.

 

Pour la Gauche, c’est la politique de la demande qui prévaut, une politique qui s'articule autour de la redistribution comme filon magique du vivre-ensemble. 

 

Les députés de "Vive la Gauche" n’ont pas évolué, même s’ils ont été élus, profitant de l’élection de François Hollande. Certains de ces députés restent en marge des évolutions qu'impliquent les concepts de l’entreprise, de la mondialisation, de l’écologie active, de l’Europe moderne, des nouvelles technologies, de l’internet, des start-up, des stratégies financières.

 

Ces députés pensent la France et l’Europe à l’aune de l’idéologie bien-pensante d’un Jaurès dont les thèses doivent nécessairement s'adapter à notre société de 2014.

 

La France change

 

Pour le mouvement "Vive la Gauche", l’humain doit être au cœur de la politique de François Hollande. Il faut mettre en place une politique de relance par la croissance. Mais là où le bât blesse, c’est que les députés ne comprennent pas (malgré l’élection législative qui a fait d’eux des députés) que le monde a changé et que les politiques keynésiennes de relance par la demande ne peuvent plus s'initier dans un seul pays. Elles doivent concerner un ensemble européen que la France a contribué, depuis François Mitterrand, à crédibiliser.

 

Messieurs les députés de "Vive la Gauche", arrêtez de faire du bruit de façon systématique, même si le bruit démocratique de contestation est important pour faire vivre la démocratie. Regardez vos livres d’économie, regardez le monde qui change, regardez cette France que l’on dit repliée sur elle-même, peureuse, mais qui dans la réalité est synonyme d’énergie, d’invention, de génie et d’ouverture ; redessinez votre idéologie, vous avez le droit de montrer votre désaccord mais évitez de rester figés et, au-delà des petites phrases, aidez plutôt le François Hollande à réformer la France.

 

Je suis militant UMP, ancien conseiller municipal de ma bonne ville d’Alfortville, je ne vous donne pas de leçon. Mais en tant que français et citoyen, et même de droite républicaine, je souhaite dépasser les clivages partisans parce que c’est la France qui doit triompher malgré nos oppositions idéologiques.

 

Partager cet article

Published by Lucien Pambou
commenter cet article
28 août 2014 4 28 /08 /août /2014 19:45

LE PLUS. Le gouvernement Valls 2 provoque de nombreuses réactions. Trop libéral pour les uns, un changement de direction nécessaire pour les autres... C'est sûr, les choix du Premier ministre ne laissent pas indifférent. Pour Lucien Pambou, ancien conseiller UMP, l'exécutif a clarifié la situation et c'est une très bonne chose. Il nous explique son point de vue.

Édité par Mathilde Fenestraz Auteur parrainé par Maxime Bellec

François Hollande et Manuel Valls à l'Élysée, le 27 août 2014 (F. DUFOUR/AFP).

Après avoir longtemps hésité et s’être finalement déclaré social-démocrate, Hollande vient de franchir un pas supplémentaire face au vieux Parti socialiste de Jaurès.

Hollande assume son socialisme libéral grâce à Valls auquel il a demandé de former pour une deuxième fois le gouvernement de la République. Hollande clarifie ainsi la division latente du débat entre les deux gauches au sein du PS, l’une moderniste réformatrice et l’autre, plus archaïque et traditionaliste.

Enfin, Hollande est libéré de ses atermoiements permanents grâce à Valls qui lui permet de clarifier sa position.

Droite et gauche sont d'accord sur le diagnostic

Hollande est "malin", même s’il est au plus bas des sondages, il prend acte de la position de la France en Europe et dans le monde et des critiques qui lui sont faites tant au plan national qu’international. Il réaffirme un geste d’autorité qui est perçu à Berlin comme un aveu de faiblesse, alors qu’il prive la droite française d’une critique radicale :

"Hollande ne sait pas décider, Hollande ne tient pas compte des réformes nécessaires à faire, Hollande est illisible".

En France, toute la classe politique nationale est d’accord sur les handicaps du pays vis-à-vis de ses partenaires en matière de dépense publique, du poids de la fiscalité, du déficit public et de la dette publique. Les impôts ont augmenté.

Emmanuel Macron, nouveau ministre de l’Économie, est considéré comme un des artisans de ces augmentations, ce qui laisse perplexe la gauche socialiste française traditionnelle qui ne comprend pas la nomination de l’ancien secrétaire général adjoint de l’Élysée au poste de ministre de l’Économie.

Mais, paradoxalement, les mêmes qui tirent à vue sur Hollande, estiment après le diagnostic des handicaps de la France, que la solution passe par une France ancrée dans l’Europe, une France réformiste comme le souhaite Berlin et une France, à la différence de Berlin, qui doit obliger l’Union européenne à une relance massive par les investissements qui pourrait lui permettre d’occuper son rang qui risque de décliner dans la mondialisation ambiante.

À droite comme à gauche, on est d’accord sur le diagnostic, il y a peut-être divergence sur les méthodes.

La France, enfin sur la ligne allemande

Hollande a compris la leçon de la classe politique et, deux ans après de nombreux atermoiements, la France se met sur la ligne allemande qui est celle de l’agenda des réformes obligatoires sur le marché du travail, sur les investissements des entreprises (d’où en partie la mise en œuvre du pacte de responsabilité comme modus operandi pour permettre à la France de réduire ses handicaps dans la mondialisation).

Or, Hollande et Valls ne sont pas tous seuls au Parti socialiste.

Il existe dans ce parti, des thuriféraires d’une ligne dite de gauche traditionnelle, quoiqu’il advienne. Ces "gauchos" du Parti socialiste, dont l’édile emblématique est Montebourg qui roule plus pour lui-même en vue de la primaire de 2017 au Parti socialiste et de la présidentielle, estiment que la France se soumet aux dogmes libéraux européens et qu’il faut abandonner l’objectif des 3% de déficit public.

La décision de Hollande d’opter pour un social-libéralisme introduit une clarification nette au sein du Parti socialiste entre les partisans d’une modernité face au monde qui change et ceux qui restent nationalistes, franco-français, qui regardent le monde qui change avec des lunettes d’un temps passé, celui lié à la naissance du Parti socialiste nouveau grâce à Jaurès.

Hollande restera un grand réformateur

La ligne de Gauche au PS estime que la France fait trop de sacrifices pour plaire à l’Allemagne, justifiant ainsi les attaques de Montebourg en direction de la chancelière Merkel.

Le départ de Montebourg, de Hamon et de Filipetti donnent du grain à moudre à Martine Aubry qui n’attendait que cela pour enfoncer un peu plus Hollande.

Pour Hollande, la reconduction de Valls à la tête du gouvernement permet à l’aile droite du PS de réaffirmer ses positions fortes en faveur du marché, de l’entreprise, des entrepreneurs, de l’investissement et de la relation entre profits, investissements et emplois, selon l’analyse faite en son temps par le Chancelier Helmut Schmidt.

En réaffirmant son autorité, Valls libère Hollande et lui donne le statut de réformateur que le président doit assumer, puisqu’il le dit, pour la France, pour lui et pour la prospérité.

Hollande ne gagnera peut-être pas son pari immédiatement car les effets de la réforme se produisent toujours avec retard, sûrement fin 2016 - début 2017 si les entrepreneurs français jouent le jeu, ce qu’ils ne font pas aujourd’hui. Il restera, même en perdant les élections s’il se présente, le grand vainqueur et le grand réformateur d’une France trop bavarde à propos des réformes et qui a beaucoup de mal à passer à l’action à Droite comme à Gauche.

Une position clarifiée

Le président Hollande a été imprudent en parlant à peine élu d’un retour immédiat à la croissance ou d’une inversion de la courbe de chômage. Mais, pouvait-il dire les choses autrement dans une Ve République où la parole est valorisée par rapport à l’action ? Je pense que non.

Ses errements, les foucades de ses ministres de gauche lui rendent service en prenant le taureau par les cornes de façon effective : réformer la France de façon significative, une France malgré ses discours qui a peur de la mondialisation, de la concurrence et qui peut se surpasser à condition de faire les réformes nécessaires.

Hollande ne gagnera peut-être pas les élections en 2017, mais ses décisions actuelles clarifient le débat entre les deux gauches au sein du PS, réconcilient la France avec une politique de l’offre, comme l’exige la mondialisation.

Il restera à son successeur de continuer ses réformes et d’ancrer définitivement la France dans la mondialisation grâce à un dosage subtile entre politiques de l’offre et de la demande. Le duo Hollande/Valls restera ainsi celui qui aura réformé la France.

Partager cet article

Published by Lucien Pambou
commenter cet article
29 juillet 2014 2 29 /07 /juillet /2014 17:56
 

LE PLUS. François Hollande est critiqué de toutes parts, jusque dans son propre camp. Notre contributeur, Lucien Pambou, militant UMP, trouve le lynchage un peu facile. Pour lui, le président ne peut être accusé de tout et n'importe quoi.

Édité par Akhillé Aercke  Auteur parrainé par Maxime Bellec

 

François Hollande lors de son voyage officiel en Côte-d'Ivoire, le 17 juillet 2014. (A. JOCARD/AFP)

 

Drapeaux en berne en France pendant trois jours, construction d’une stèle à Gossi au Mali à la mémoire des victimes, médiatisation de la politique gouvernementale pour renseigner les Français concernant l’accident du vol AH 5017, retour des boîtes noires en France : voici les ingrédients de ce que certains considèrent comme les outils de la politique compassionnelle.

 

Les mêmes critiquent l’incapacité de François Hollande à lutter contre le chômage, comme si c’était la mission du président et non celle des entreprises de créer des emplois.

 

Dans ce domaine, François Hollande a été pris à son propre piège, comme le sont la plupart des présidents de notre belle France, qui pensent qu’il suffit de dire qu’on lutte contre le chômage pour que celui-ci baisse. La vérité est autre. J’y reviendrai.

 

Francois Hollande interrogé sur le chomage, sur BFMTV le 6 mai 2014.

 

Français, nous nous plaignons trop

 

Tout de même, à quel pays appartenons-nous ? Nous devons tous savoir que le président de la République fait une différence entre une empathie normale, naturelle, symbolique envers nos compatriotes morts dans des circonstances difficiles, et la réalité interne de notre pays traversé par une apathie, un découragement, une indolence et une incapacité de se prendre en charge individuellement.

 

On peut remercier l'Etat central et jacobin, qui inhibe nos comportements en renforçant nos angoisses... Dans quel pays sommes-nous, toujours prompts à se plaindre, à se couvrir la tête de cendres ? Nous, Français, ne voyageons pas assez en Europe pour voir une autre réalité que française.

 

Ailleurs en Europe, le "vivre ensemble" et la cohésion nationale ont un sens. Nous, Français, sommes toujours dans le verbe et non dans l’action.

 

Le MEDEF doit prendre ses responsabilités

 

Je suis militant UMP, sarkozyste (je l’ai suffisamment dit sur le Plus), mais je reconnais des mérites à François Hollande même si son entame présidentielle a été marquée par un défaut de communication et de stratégie.

 

Il a su corriger les erreurs et fixer un cap en matière de politique économique. Le gouvernement socialiste (je ne suis pas devenu socialiste pour autant) a fixé un cap dans le domaine du pacte de responsabilité.

 

Il revient aux entreprises d’arrêter de jouer les pleureuses permanentes, de demander sans cesse des réductions de charges, des baisses d’impôts et autres gracieusetés sur le plan entrepreneurial. Elles doivent jouer leur rôle : investissement, innovation, maîtrise du couple qualité/prix, embauche.

 

 

Voilà les éléments de débat, plutôt que les pleurs permanents et les sorties honteuses du président du Medef, Monsieur Gattaz, sur les antennes de télévision et de radios pour demander plus d’aides de la part de l’Etat. Monsieur Gattaz, travaillez, demandez à vos entreprises de faire la même chose. Vous avez montré que le travail était possible avec votre propre entreprise, demandez aux entreprises membres du Medef de prendre leurs responsabilités.

 

Sur le Proche-Orient, Hollande est clair

 

Si on revient à ce que l’on considère comme de la politique compassionnelle, on peut répondre : si Hollande n’avait pas fait le minimum de ce qu’il a fait, certains auraient toujours trouvé à redire.

 

Ne confondons pas l’empathie qu’un chef d’État peut avoir en direction de ses compatriotes et les problèmes qu’il a à résoudre en plan interne et qui sont connus, comme le chômage et les inégalités sociales.

 

Sur le plan de la fiscalité, le gouvernement a décidé de diminuer à la rentrée, en septembre 2014, l’imposition de certains ménages grâce à l’argent récolté lors du rapatriement volontaire des fonds placés de manière illicite à l’étranger par certains de nos compatriotes.

 

Le président Hollande a remanié son gouvernement. Le Premier ministre Valls est aux affaires, certains de nos compatriotes sont en vacances, mais les Français (heureusement pas tous) continuent à dire que, dans le conflit opposant Israël et le Hamas depuis le 8 juilletFrançois Hollande aurait choisi son camp : Israël.

 

Ce choix, selon les critiques, l’aurait amené à demander au Premier ministre d’interdire certaines manifestations pro-palestiniennes.

 

Ces critiques ne sont pas acceptables dans la mesure où François Hollande a toujours été dans une position d’équilibre, en affirmant qu’Israël avait le droit de se défendre et que, dans le même temps, le retour de la paix au Proche-Orient devaient passer par des accords politiques aboutissant à la création d’un État palestinien. Il le rappelle à la fin de cette vidéo :

 

 

Extrait de la traditionnelle interview du 14 juillet : François Hollande s'exprime sur le conflit isaélo-palestinien.

 

Nous sommes responsables de ce qui nous arrive

 

Décidément, je ne comprendrai jamais mes compatriotes (je dois sûrement être décalé ou pas suffisamment instruit, et pas assez intelligent pour comprendre la vie politique nationale et internationale). Toute charité bien ordonnée commence par soi-même, selon un proverbe français médiéval.

 

On reproche au président de ne pas être compassionnel avec les Palestiniens, mais il l’est avec les Français, nos compatriotes qui sont morts. Certains trouvent à redire. Il ne s’agit pas de mettre au même niveau la souffrance des Palestiniens et la perte de nos compatriotes, mais certains d’entre nous devraient réfléchir avant de parler de tout et de rien.

 

Je sais que nous sommes un peuple qui préfère le bavardage à l’action. On critique l’impuissance de François Hollande, son échec à mi-mandat. Pour ma part, il n’est pas le seul responsable (même si sa communication a été mauvaise au début), nous-mêmes Français sommes responsables de ce qui nous arrive.

 

Nous ne pouvons garder notre petit confort

 

Nous voulons le confort de nos amis suédois, norvégiens, hollandais, allemands et refusons de nous impliquer de manière patriotique en payant nos impôts (j’avoue être l’un de ceux-là), en refusant les rentes et les monopoles qui nous satisfont (surtout quand nous sommes patrons ou simples salariés profitant de ces rentes).

 

La France accepte la mondialisation, mais souhaite garder le confort des Trente Glorieuses. Nous sommes tous victimes d’une illusion, celle de la compassion réciproque, quand nous nous plaignons de notre sort.

 

C’est toujours facile après de critiquer un président de la République qui fait ce qu’il peut, alors que nous sommes toujours prompts à la compassion individuelle et non collective.

 

 

 

 

 

Partager cet article

Published by Lucien Pambou
commenter cet article
24 juillet 2014 4 24 /07 /juillet /2014 19:47

Je réagis | 111 lu

Temps de lecture Temps de lecture : 4 minutes

LE PLUS. La bataille de l'UMP ne fait que commencer. Samedi 19 juillet, François Fillon a conseillé à Nicolas Sarkozy de ne pas se présenter à la présidence de son parti. Que cache cette petite phrase ? Vers quelle décision se dirige l'ancien président de la République ? Et surtout, que vont penser les militants UMP ? Les réponses de notre contributeur Lucien Pambou.

Édité par Mathilde Fenestraz  Auteur parrainé par Maxime Bellec


François Fillon a déconseillé à Nicolas Sarkozy de se présenter à la présidence de l'UMP. (APESTEGUY/SIPA)

 

La bataille pour l'élection présidentielle de 2017 vient d'être lancée à droite. À l'UMP, les couteaux sortent et sont prêts à servir.

 

Ce n'est pas l'UMP qui doit sortir vainqueur, mais l'un de ses membres les plus éminents qui va en assumer la présidence à partir du mois de novembre, car tout doit redémarrer de cette présidence tant attendue et évoquée par le collège formé par Fillon, Raffarin et Juppé.

 

Bruno Le Maire, le faux-nez de Fillon

 

Fillon demande à Sarkozy de prendre de la hauteur et de ne pas se présenter à la présidence de son parti. Il sait que l'ancien président est béni par les militants alors que, depuis sa désastreuse campagne de 2012 et sa bataille homérique contre Jean-François Copé, sa propre marge de manœuvre est devenue nulle.

 

Le conseil de Fillon à Sarkozy est un faux, un piège car Bruno Le Maire en se présentant à la présidence de l'UMP est le faux-nez de Fillon, même si les deux responsables de l'UMP s'en défendent.

 

Essayons de rendre plus clair le faux conseil de Fillon à Sarkozy : si l'ex-président ne suit pas le conseil de Fillon et si les militants le choisissent comme nouveau président de l'UMP, Sarkozy peut ensuite demander aux militants, par référendum, qu'on efface les primaires des statuts de l'UMP dans le but que son président (c'est à dire lui-même) ait les coudées franches en 2017.

 

Xavier-Bertrand, qui souhaite se présenter aux primaires, Wauquiez et NKM, malgré leurs admonestations contre le fonctionnement actuel de l'UMP, ne trouveraient rien à redire.

 

Alain Juppé serait obligé de constater les faits et de laisser faire. Quant à Raffarin, il est plus préoccupé par un poste de président du Sénat.

 

Le choix de Fillon

 

Fillon devra, à ce moment-là, choisir la meilleure solution : soit créer une dissidence à l'intérieur du mouvement, ce qui est inacceptable, soit en sortir pour créer un nouveau mouvement.

 

A-t-il les moyens politiques de le faire ? Ne court-t-il pas le risque en le faisant d'être tenu pour responsable de la défaite éventuelle du candidat de la droite ?Comment Juppé, même s'il laisse faire, se comportera-t-il ? Il demande une alliance avec les centristes pour l'élection présidentielle. Ira-t-il jusqu'au bout dans ce cas de figure ?

 

Sarkozy hésite et dit vouloir donner sa réponse entre mi-août et début septembre. C'est une période stratégique qui lui permet de prendre le pouls de l'UMP et d'approfondir sa décision de se présenter ou pas.

 

Certains caciques de l'UMP voient d'un mauvais œil que le nouveau président élu soit convoqué très régulièrement par les tribunaux.

 

La stratégie de haute voltige de Sarkozy

 

Sarkozy n'est jamais aussi bon que lorsqu'il a un genou à terre. Il l'a montré en revenant au sein du RPR (grâce à Villepin) quand il a soutenu Balladur en 1995 pour l'élection présidentielle contre Jacques Chirac. Il est devenu ensuite président du mouvement de l'UMP à cause des déboires de Juppé qui a payé les maladresses de gouvernance financière de Chirac à la mairie de Paris.

 

Sarkozy a envie de revenir, il veut tenir ce pari et profiter de la présidence de l'UMP pour ériger une tribune contre les choix gouvernementaux de Hollande et pour apparaître politiquement comme la victime désignée des tribunaux qui seraient manipulés par les responsables socialistes malgré leurs déclarations d'indépendance de l'ordre judiciaire vis-à-vis de l'exécutif.

 

C'est une stratégie de haute voltige que souhaite implanter l'ancien président. Il peut aussi, par l'absurde, suivre le conseil de Fillon et le rencontrer lors des primaires (dont Guaino et lui ne veulent pas) pour battre politiquement Fillon lors d'un deuxième tour car il sait que les quadras et quinquas du premier tour que sont Wauquiez, NKM, Xavier Bertrand se rallieront forcément à sa candidature.

 

C'est donc un jeu de marchandage qui vient de commencer, alors que l'ancien président de la République n'a pas encore annoncé sa décision ; mais ses amis les plus proches se chargent de déminer le terrain et de rendre son retour plus lisible.

 

Une refondation idéologique qui se fait attendre

 

Sarkozy peut, s'il en a envie, créer un autre mouvement du type "rassemblement pour la France".

 

C'était pour moi une hypothèse de travail mais qui peut devenir crédible quand on connaît son appétence pour la politique et les privilèges qu'elle implique. Les privilèges sont le fait de tous les hommes politiques, au moins il le dit clairement. Un des privilèges qu'il annonce, est la notion de devoir et, comme on le dit populairement, cela ne mange pas de pain. Il faudra le voir à l'oeuvre s'il est gagnant dans les hypothèses que je viens d'énoncer plus haut.

 

La volonté politique de Sarkozy ne suffit pas, il faudra tenir compte de l'environnement judiciaire du moment, du déroulement des affaires et de la stratégie des autres candidats pour la présidence de l'UMP et pour les primaires de 2017, si elles ont lieu en temps voulu.

 

Comme on peut le noter avec justesse et perfidie, une fois de plus l'UMP, va concentrer son énergie pour l'élection du chef, alors que les militants attendent une refondation idéologique et programmatique du mouvement. On pourra toujours leur dire : "Circulez, il n'y a rien à voir".

 

Et la refondation attendra, validant ainsi la maxime politique qui veut qu'en politique les paroles n'engagent que ceux les écoutent et non les prononcent.

 

Partager cet article

Published by Lucien Pambou
commenter cet article
14 juillet 2014 1 14 /07 /juillet /2014 17:40

LE PLUS. Le président de la République a passé en revue les troupes, mais il a aussi eu droit à une inspection de son programme politique par les journalistes. François Hollande répondait, ce lundi 14 juillet à David Pujadas et à Gilles Bouleau. S'il semble avoir séduit, comme nous l'explique notre contributeur, Lucien Pambou, a-t-il convaincu ?

Édité par Rémy Demichelis Auteur parrainé par Maxime Bellec

François Hollande lors du défilé du 14 juillet (LCHAM/WITT/SIPA).

 

 

 

En recevant Messieurs Bouleau de TF1 et Pujadas de France 2 lors de son interview après le défilé du 14 juillet, Hollande montre qu’il peut être pédagogue et explicite. Mieux vaut tard que jamais, le président, sans notes, répond aux questions que se posent les Français.

 

Concernant le pacte de responsabilité, le président est toujours pour le dialogue social et souhaite que les entreprises prennent leur part de devoirs et d’obligations. Il ne s’agit ni de brutaliser les entreprises, ni de les contraindre mais de dialoguer au nom de la croissance, de la lutte contre le chômage et pour la France.

 

 

Pas de papier à cigarette entre lui et Valls

 

S’agissant de ses relations avec Manuel Valls, le président de la République fait remarquer que le chef du gouvernement a été ministre de l’Intérieur, qu’il est devenu Premier ministre et qu’il est en charge de la mise en œuvre des réformes concernant l’apprentissage, le chômage, les investissements et la loi bancaire.

 

Le Président explique à Pujadas qu’il n’y avait aucun différend entre le Premier ministre Valls et lui-même. Il estime que tout doit être mis en œuvre pour la réussite de la France et que tout papier de cigarette, si fin soit-il, n’existe pas entre le Premier Ministre et lui.

 

 

 

Les baisses d'impôts seront mieux connues à la rentrée

 

À propos de ses relations avec la Finance, Gilles Bouleau de TF1 lui rappelle ses envolées lyriques contre la Finance. Ce à quoi répond le Président : la Finance ne doit pas jouer contre l’économie française et encore moins contre les petites et moyennes entreprises.

 

En revenant sur la question des impôts, Hollande reconnaît que les Français paient beaucoup trop d’impôts, soit 45% des prélèvements sur la richesse nationale. Hollande estime qu’en 2015 une partie des Français paiera moins d’impôts, surtout les catégories moyennes, soit 1 à 2 millions de personnes. Le Président préfère ne pas donner plus d’indications dans ce sens et se réserver de dire son sentiment à la rentrée.

 

Il dit aussi que les économies faites sur des dépenses doivent permettre aux entreprises de financer leurs investissements. François Hollande estime que la croissance est de retour dans la zone euro et, avec Matteo Renzi, président du Conseil italien, considère que les pays européens ont des marges de croissance pour la relance et la compétitivité de leurs économies.

 

 

La France souhaite le retour au calme au Proche-Orient

 

La conversation a ensuite porté sur les relations internationales, en particulier sur le Proche-Orient et la guerre actuelle entre le Hamas palestinien et l’État d’Israël. Ce conflit, qui au découle de l’assassinat de trois jeunes israéliens, a entraîné une riposte de la part des jusqu’au-boutistes israéliens qui ont lynché et brûlé un jeune palestinien.

 

Pour François Hollande, la France n’est ni pro-palestinienne, ni pro-israélienne, la France souhaite le retour au calme et à la paix et ne tolérera pas les débordements en France de ce conflit, comme on a pu le voir ces derniers temps. L’antisémitisme n’est pas de mise en France et ne sera pas admis.

 

 

Les réformes seront abordées avant 2017

 

Revenant au plan intérieur, le Président Hollande annonce que des réformes sur la santé et sur l’éducation sont en projet ainsi que le lancement d’un plan numérique agricole.

 

Sur le service civique, l’action sera poursuivie et il faut que l’on atteigne le cap des 100.000 par an. Il y aura aussi des réformes de société et des réformes institutionnelles comme le droit de vote des étrangers uniquement pour les élections locales. Le Président Hollande souhaite que, dans ce domaine, une majorité se constitue. Il va plus loin en disant que toutes les réformes seront abordées avant 2017, comme l’indépendance de la justice, le mode de scrutin ou le respect de la justice.

 

 

Hollande estime qu’il n’est pas isolé du peuple

 

À propos des accusations de Nicolas Sarkozy sur une intervention éventuelle de l’Élysée ou de la Chancellerie contre lui, Hollande estime que, sans le nommer, l’ex-président de la République Sarkozy ne comprend rien à la notion du respect de la justice et il trouve intolérable les soupçons qui sont portés sur la justice. Il ne faut pas confondre le temps politique et le temps judiciaire.

 

Puis, répondant à des questions plus personnelles, Hollande estime qu’il n’est pas isolé du peuple et qu’il n’a pas besoin de sondage pour savoir ce que pensent les Français de sa fonction et des institutions. Il circule en France, il écoute et il réagit. Malgré les sondages défavorables à son endroit, il fera les réformes de la première à la dernière minute comme celles portant les territoires, le droit des salariés, l’environnement des entreprises et la vie de ses concitoyens.

 

Hollande estime qu’il a commis quelques erreurs, comme la déclaration sur l’inversion de la courbe de chômage, il dit qu’il n’a pas réussi et qu’il faut donner une nouvelle impulsion.

 

 

Un président pugnace

 

À propos des questions sur sa vie privée, l’absence d’une femme à ses côtés de façon officielle et les primaires dans son camp, François Hollande n’a pas donné de réponse dans le premier cas car il s’agit de sa vie privée et il n’entend délivrer aucun message, et dans le second cas, la seule chose qui vaille, c’est la réforme de la France, et lui, François Hollande, président de la République, souhaite qu’à la fin de son mandat la France se porte mieux, vive mieux, tant pour ses habitants que pour l’environnement économique des affaires et des entreprises.

 

Hollande a souhaité de revoir les deux journalistes l’année prochaine, c'est-à-dire en 2015. On a pu voir un Hollande pugnace, pédagogue.

 

Le militant UMP que je suis, sans être du camp du Président de la République, sans débattre au fond de ses propositions car la contradiction est toujours possible, se réjouit du cap que le président donne à notre pays. Je terminerai personnellement en disant que, monsieur le président il vous reste avec le Premier ministre à rendre vos déclarations plus lisibles en les périodisant comme vous l’avez fait, et en informant mieux les Français.

 

Vous avez perdu deux ans dès votre arrivée aux pouvoir, surtout avec les écologistes. Il vous reste à construire une nouvelle politique de communication en direction des Français pour que votre pédagogie du 14 juillet 2014 soit crédible et se traduise par des résultats pour le bien-vivre et le bien-être des Français. Comme vous pouvez le voir, je n’ai rien à espérer de mes propos de la part du camp socialiste, de plus j’agis à visage découvert, même si en France on n’a pas l’habitude de reconnaître à l’adversaire des mérites.

Partager cet article

Published by Lucien Pambou
commenter cet article
12 juillet 2014 6 12 /07 /juillet /2014 13:51

 

LE PLUS. Cette semaine, Arnaud Montebourg a présenté sa feuille de route du redressement économique de la France. Ce samedi 12 juillet, Jean Peyrelevade, haut fonctionnaire et dirigeant d'entreprise déclarait pourtant que "la gauche ne s'était pas réconciliée avec l'économie". Pour Lucien Pambou, militant UMP, cette affirmation est fausse. Il nous expose son point de vue.

 

 

Jean Peyrelevade, grand capitaine d’industrie et de la Banque, autrefois soutien de François Bayrou, m’a laissé sans voix ce 12 juillet 2014 quand il a déclaré au cours de l’émission d’Arlette Chabot sur Europe 1 "C’est arrivé cette semaine" que "la gauche ne connaissait rien à l’économie et qu’elle ne s’était jamais réconciliée avec l’économie".

 

J’ai envie de répondre :

 

"Monsieur Peyrelevade, regardez autour de vous, plusieurs faits ponctuent l’univers socialiste actuel, l’affichage assumé du tournant social-démocrate de François Hollande, le pacte de responsabilité, la conférence sociale et surtout la bataille homérique de Montebourg, ministre de l’Économie, contre les différentes rentes économiques et sociales à la française."

 

Une droite inaudible

 

C’est vrai, la droite, surtout l’UMP, est complètement inaudible du côté de la politique économique et on n’attend pas d’elle des propositions crédibles sur l’entreprise, au-delà de la sempiternelle question de la baisse des charges et du renforcement du tissu productif sans toujours dire comment celui-ci doit se faire.

 

L’UMP est plus préoccupée par ses questions de dépenses, de déficit et d’égos de ses dirigeants pour espérer une réflexion en profondeur concernant nos entreprises. Malgré ses difficultés, le militant UMP, que je suis, remercie le Parti socialiste (même si le président Hollande a du mal à décoller dans les sondages) de fournir à la société des éléments de débat qui nous changent des plaintes des pleureuses de l’UMP.

 

Une fois de plus, en terme de méthode, tout en restant à droite, je débats à gauche.

 

Montebourg souhaite une politique libérale

 

Le 10 juillet 2014, Arnaud Montebourg a présenté sa feuille de route visant à redresser économiquement la France et destinée à restituer six milliards de pouvoir d’achat aux Français. Cette feuille de route fera l’objet d’un projet de loi à la rentrée.

 

Avant de revenir sur la stratégie politique de Montebourg (un des représentants de la gauche du Parti socialiste), force est de constater qu’il souhaite mener une politique libérale en partant du bilan diagnostic du rapport Attali sur la nécessité de stimuler durablement l’économie grâce à des réformes qui remettent en cause monopoles et rentes de certaines professions comme celle des taxis.

 

En tant que juriste, Montebourg a en tête le concept de rente utilisé au Moyen-âge, assimilé au cens ou champart, pour désigner le loyer versé par le locataire d’une terre au propriétaire. Avec le poids moins important de l’agriculture dans notre économie moderne, le concept de rente ici, dans l’approche de l’économie classique libérale, désigne les distorsions apportées au fonctionnement de l’économie par l’action des groupes de pression auprès des politiques afin d’obtenir des restrictions de concurrence.

 

Dans l’univers intellectuel de l’économie libérale, la rente est contre-productive car elle ne favorise ni la concurrence, ni la productivité, mais repose avant tout sur un marché qui s’appuie sur une réglementation qui aboutit à l’instauration d’une position de monopole à l’avantage de certains producteurs.

 

Le Parti socialiste veut créer un cadre nouveau 

 

Montebourg, à sa manière, veut réformer la France, cette même France qui, malgré les discours, préfère les rentes aux situations de concurrence.

 

Les entreprises, elles aussi, préfèrent leurs rentes en s’appuyant sur leur aubaine quasi-mystique, à savoir la baisse des charges, alors que la mondialisation, tout en recommandant cette baisse, indique qu’il faut mettre en place des investissements d’innovation afin de fabriquer des nouveaux produits et services grâce à une utilisation de nouveaux process et à la valorisation d’un nouveau type d’organisation.

 

Le gouvernement socialiste fait des efforts pour créer un cadre nouveau pour une politique de compétitivité.

 

Néanmoins, on peut douter de la volonté réelle des entreprises françaises de profiter de ce cadre réglementaire pour entreprendre des investissements de productivité. Arnaud Montebourg est donc le nouveau héraut de l’économie libérale qui manquait au Parti socialiste, et en poussant plus loin, à la gauche socialiste.

 

Il ne suffit pas de décréter la guerre contre les rentes et monopoles en France pour espérer la gagner car il se trouvera toujours à gauche et à droite des personnes pour la refuser au nom de leurs intérêts et de la validation du "rent seeking" sur le marché politique. Le "rent seeking" vise la mise en œuvre par les politiciens et les bureaucrates de réglementations génératrices de rentes, ainsi que de la redistribution politique des rentes existantes.

 

L'Allemagne n'a pas hésité à faire des réformes

 

Nous admirons l’Allemagne pas simplement pour son football et pour les sept buts qu’ils ont gracieusement mis dans la corbeille brésilienne au cours du Mondial de foot, mais pour son efficacité et son organisation économique.

 

Nous aimerions que tout nous réussisse comme les Allemands. Il y a une différence entre eux et nous : ils n’ont pas hésité à faire des réformes il y a maintenant quelques années (réformes Schroeder). Ils valorisent concrètement l’apprentissage alors que, pour nous, ce ne sont que rhétorique et chimères.

 

Ils ont laissé le Mark pour l’Euro afin de montrer leur volonté politique d’être européens, ils ne s’en plaignent pas et, grâce à l’efficacité productive de leur économie, l’Euro est une monnaie de référence, certes sans atteindre la renommée du Dollar.

 

La route est longue pour Montebourg

 

Pour nous, l’Euro est un fil à la patte, habitués que nous avons été d’un franc dévalué en permanence, ce qui avait pour effet de diminuer mécaniquement les prix dont pouvaient bénéficier nos entreprises à l’exportation.

 

L’Union européenne change la donne et oblige les entreprises à construire leur schéma concurrentiel sur des critères complémentaires des prix, comme la qualité des produits, l’efficacité des services après-vente et la volonté de préserver des parts de marché, non par la rente, mais par une concurrence ouverte.

 

On ne peut pas vouloir participer à une économie libérale avec une petite dose de réglementation et se comporter en hérauts d’une économie de rente avec une très forte réglementation comme nous le faisons en France.

 

La route est longue pour Montebourg sur le plan économique.

 

Montebourg, l'homme à abattre pour le gauche

 

Sur le plan politique et assez paradoxalement, Montebourg est l’homme à abattre par la gauche socialiste (ses amis ?) emmenée par les députés Alexis Bachelet, Valérie Rabault, Karine Berger, Yann Galut ou la sénatrice Marie-Noëlle Lieneman qui expriment leurs doutes vis-à-vis de l’efficacité du pacte de responsabilité de François Hollande et qui estiment que le virage social-démocrate du Président est "inacceptable".

 

Ils sont prêts à se coaliser pour demander des primaires lors des prochaines élections présidentielles et créer les conditions de valorisation de leurs motions lors du prochain congrès du Parti socialiste.

 

Pour Montebourg, il s’agit aussi de prendre date vis-à-vis de deux concurrents, l’un implicite ; le président de la République, l’autre explicite ; le Premier ministre Manuel Valls pour la présidentielle de 2017.

 

Arnaud Montebourg est dans starting-blocks, il agace tout le monde, il parle haut et fort. C’est le héraut du Made in France raillé par la Droite mais qui, elle, n’a rien à proposer, si ce n’est que des observations qui n’intéressent personne. Montebourg agace et fait plaisir en même temps, il lui reste à construire une stratégie politique claire pour servir la France s’il le souhaite et s’il le veut.

 

Il lui faudra avant tout vaincre les rentes et briser les monopoles économiques. Est-ce possible dans notre beau pays la France ?

Partager cet article

Published by Lucien Pambou
commenter cet article
9 juillet 2014 3 09 /07 /juillet /2014 16:12

 

LE PLUS. Les factures de téléphone de Rachida Dati, les billets d'avion de Nadia Copé, une dette abyssale de 74,5 millions d'euros... Engouffré dans une myriade de scandales, le parti d'opposition ne joue plus son rôle selon Lucien Pambou, docteur en économie et ancien conseiller UMP. Il appelle à une refondation totale du parti.

Édité par Nina Gheddar  Auteur parrainé par Maxime Bellec

 

 

 

C’est le bordel à l’UMP. Et, le dire est une évidence.

On ne peut pas reprocher à François Hollande de mal gérer la France alors que les responsables de l’UMP sont incapables de gérer un parti.

 

Entre crise financière et règlements de compte 

 

Les révélations du "Canard enchaîné" concernant Rachida Dati sont accablantes. Elle, bien sûr, s’est empressée de démentir.

 

 

Jean-François Copé, assure, lui, sur son site, qu’il faut arrêter des règlements de compte car l’UMP devient inaudible, alors que Le "Journal du Dimanche" vient de révéler que le parti a payé pour près de 24.000 euros de billets d’avion à Nadia Copé, son épouse.

 

L’audit financier de l’UMP du 8 juillet était attendu. Il a révélé les dérives dans la gestion du parti. En cause notamment ?  La dette abyssale qui s’élève à 74,5 millions d’euros. D’autres avançent 79 millions d’euros.

 

Et, les militants, eux, ont déjà donné de l’argent (près de 11 millions d'euros) pour soutenir leur parti.

 

Quant à Xavier Bertrand, il assure que sous son mandat de secrétaire général, les caisses se portaient bien. L’UMP était même en excédent.

 

Ça balance partout. Les boules puantes volent. Les règlements de compte entre Fillon et Copé continuent. Ils sont tous hypocrites et chacun tire la couverture à soi plutôt que de voir comment on apporte les réponses en matière de nouvelle gestion des finances, de nouveau management dans le domaine des dépenses portant sur les meetings et celles portant sur le fonctionnement de l’UMP.

 

Un parti inaudible qui a besoin d'une restructuration totale

 

L’affaire Bygmalion a précipité la chute de Jean-François Copé. D’une crise politique, on est passé à une crise financière. Il va falloir maintenant payer l’addition et il n’est nullement question que les militants repaient une seconde fois. A l’UMP de s’adresser aux banques et de faire les économies nécessaires pour que le parti retrouve un semblant d’existence.

 

L’UMP va organiser un congrès au mois de novembre pour désigner un nouveau Président afin de créer les conditions d’une refondation politique et programmatique. Ce n’est pas gagné car la crise financière va plomber le parti pour un temps relativement long.

 

Jean-François Copé dit que l’UMP est inaudible. Le parti n’a jamais été audible face à François Hollande. Nous avons pu gagner les municipales, non parce que nous étions bons, mais parce que François Hollande était tellement bas qu’il nous a suffi de se baisser pour rafler la mise. Aux élections européennes, le parti de Marine Le Pen est passé devant l’UMP. Pendant ce temps, le débat ne porte ni sur la refondation idéologique ni sur la stratégie de riposte face à François Hollande.

 

Fillon avait dit en son temps que l’UMP en tant que parti politique ne pouvait être un parti de mafieux. Il a constitué un groupe dissident de fillonistes à l’Assemblée nationale en novembre 2012 après son accusation radicale de l’auto-proclamation de Jean-François Copé en tant que Président du mouvement.

 

Au début de l’année 2013, un accord a permis à Fillon et à Copé de trouver un terrain d’entente concernant les nouveaux statuts.

 

Arrêter de faire la morale aux autres

 

Les dirigeants de l’UMP doivent faire profil bas. Ils passent leur temps à faire la morale aux autres, surtout aux socialistes, sur la manière de conduire la France, de gérer la dette ou d’impulser une nouvelle politique économique alors qu’ils sont profondément incapables de gérer un parti politique.

 

Il faut donc espérer que les militants ne se laisseront plus abuser. Dommage, nous ne sommes pas très nombreux à pouvoir nous indigner à haute voix !  C’est vrai qu’à l’UMP, le débat est interdit pour les militants, on reste assez taiseux au nom de la logique du chef.

 

Dieu merci, ce n’est pas le cas pour tout le monde. Certains députés UMP montent au créneau et dénoncent ces éléments. Dire les choses ne signifie pas qu’on est délateur ou une balance ! Mais, cela veut dire au contraire se réapproprier son statut de militant "disant", se comporter en tant que citoyen et non en tant que militant qui a peur et qui rase les murs.

 

Pour l’instant l’UMP est inaudible sur sa refondation politique, idéologique et sur sa stratégie de reconquête du pouvoir, et ce... bien avant la crise financière qui la secoue actuellement en son sein.

 

Partager cet article

Published by Lucien Pambou
commenter cet article

Présentation

  • : Le blog de Lucien Pambou ancien Conseiller municipal UMP à Alfortville
  • Contact

Publications

Recto-livre-redimensionne.jpg

 

 

Recherche

Partager cette page Facebook Twitter Google+ Pinterest
Suivre ce blog