Selon le quotidien Metro, 65 % des Français interrogés seraient mécontents de l’action de Nicolas Sarkozy à mi mandat en tant que Président, 24 % seulement seraient
favorables à son action.
Au-delà de la méthode statistique toujours discutable de l’échantillon retenu et de la nature des questions posées, une incompréhension demeure entre Sarkozy et la
République. Nicolas Sarkozy a été élu pour conduire des réformes. Elles sont nombreuses ces réformes économiques et sociales menées entre mai 2007 et janvier 2009 ! On peut citer pêle-mêle : la
réforme des régimes spéciaux des retraites de la SNCF, de la RATP, d’EDF et de GDF. Il en est ainsi aussi des accords ou protocoles concernant le contrat de travail, la durée de travail, les
heures supplémentaires, la création d’un pôle emploi (ASSEDIC + ANPE), la représentativité des organisations syndicales, les fondements de la lutte contre la pauvreté (revenu de solidarité
active), les possibilités d’implantation des grandes surfaces, la situation des taxis qui a été réglementée et le débat en cours sur le travail le dimanche. Voilà pour les réformes.
Des contestations sont nées qui n’ont rien à voir avec les réformes entreprises mais trouvent leurs origines dans la crise financière, économique et sociale
actuelle.
Pourquoi nos compatriotes paraissent-ils insatisfaits ? Il me semble que deux pistes d’analyse, parmi de nombreuses, sont possibles. La méthode de réformes du
Président par la stratégie du râteau a été incomprise car non expliquée, alors qu’elle peut être validée par l’explication. Il manque aux réformes entreprises un faire-savoir avec une explication à la clé pour les décisions prises. D’ailleurs, la loi du 31 janvier 2007, dite de
modernisation du dialogue social, permet au gouvernement pour tout projet de réforme dans les domaines des relations du travail, de la formation professionnelle, de publier un document
d’orientation exposant diagnostics, objectifs et les modalités envisagées pour une éventuelle négociation avec les syndicats, pratique rendue non visible sur le terrain, surement à cause de la
crise, mais par un manque de stratégie de communication politique sélective.
La stratégie du râteau a un défaut, c’est qu’elle ramasse tout et il revient donc à l’utilisateur de faire des choix, de sélectionner des éléments importants et de
les présenter à la Nation. La France pays réputé irréformable, toujours prêt à l’affrontement (hôpital, université, prison) est capable de se mobiliser et de se réformer.
Le bilan d’étape de Nicolas Sarkozy doit être lu à l’aune de ces réformes qui nécessitent un faire-savoir et une stratégie de communication politique plus
audacieuse de la part du gouvernement. Ce qui fut possible pendant la présidence française de l’Europe en termes de visibilité de l’action présidentielle peut l’être aussi en matière des réformes
économiques et sociales, à condition de choisir le bon tempo de communication politique.