16 novembre 2012 5 16 /11 /novembre /2012 23:19

Copé - Fillon : militant UMP, j'aimerais que le futur président se détache de Sarkozy

Modifié le 16-11-2012 à 14h39

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Conseiller municipal (UMP)

LE PLUS. Dimanche, l'UMP devrait désigner son nouveau président. Le secrétaire général Jean-François Copé et l'ex Premier ministre François Fillon ont fait campagne dès le lendemain de la défaite de Nicolas Sarkozy. Lucien Pambou, conseiller municipal UMP à Alfortville, ne sait pas encore à qui ira son vote, mais il explique ce qui importe pour l'avenir de son parti.

Édité par Mélissa Bounoua   Auteur parrainé par Maxime Bellec

Jean-François Copé et François Fillon lors d'une réunion à l'UMP le 26 mai 2012 (WITT/SIPA) 

 Jean-François Copé et François Fillon lors d'une réunion à l'UMP le 26 mai 2012 (WITT/SIPA)

 

Le 18 ou le 25 novembre, le nouveau président de l’UMP sera connu : Jean-François Copé ou François Fillon. Les militants attendent de cette élection, au-delà des comptines de la campagne électorale, une doctrine et une ligne stratégique.

 

Sur la doctrine, l’UMP doit clairement affirmer son attachement aux valeurs républicaines et à la Nation française en mettant en évidence les trois principes qui fondent la devise de la République : la liberté, l’égalité et la fraternité.

 

Ces trois principes doivent gouverner le patriotisme du mouvement qui n’est pas ici le nationalisme du Front national. Si les deux principes liberté et fraternité peuvent être à géométrie variable, l’UMP doit encourager l’égalité entre les citoyens en montrant que cette égalité est le point focal qui permet la responsabilité des uns et des autres afin d’organiser leur vie. La responsabilité individuelle n’exclut pas un attachement à la responsabilité collective au nom du patriotisme républicain et citoyen.

 

Refuser les alliances contre nature 

 

Si on va plus loin sur le plan strictement politique, il faut refuser les alliances contre nature. Notre mouvement oscille entre la tentation de traiter avec le Front national et celle d’observer une stricte neutralité. Un parti de gouvernement comme l’UMP se doit d’avoir sur cette question un avis très clair et très tranché qui ne se suscite pas des soupçons éventuels de la part de l’opposition. L'UMP a le devoir de dire non au Front national, suivant en cela la doctrine Juppé.

 

Au nom de la doctrine à bâtir, l’UMP doit s’ouvrir un peu plus aux avancées progressistes de la société et doit réserver une place importante aux débats d’idées, afin d’éviter une frustration des militants auxquels on dit "vous avez le droit de débattre" et, une fois à l’intérieur du mouvement, on leur refuse ce droit. Le choix des militants devant assumer des responsabilités au sein du parti doit se faire sur des bases claires, fondées sur les compétences des uns, des unes et des autres, et non sur des arrangements marqués par le copinage.

 

Jean-François Copé, s’il est élu, veut construire une UMP "décomplexée" qui aboutirait à une France décomplexée. Il s’oppose ainsi, d’après lui mais sans le dire, à une "Droite molle", sans courage et somme toute complexée, celle de Fillon.

 

Une nouvelle ligne politique 

 

Pour l’instant, nous sommes dans des batailles qui ne rendent pas clairement compte de la doctrine nouvelle à mettre en place fondée sur des valeurs, des croyances, des modalités de fonctionnement au quotidien et sur le long terme.

 

Le Front national et l’Union des indépendants de Jean-Louis Borloo regardent avec gourmandise les stratégies de Jean-François Copé et de François Fillon. Ces deux partis sont prêts à siphonner l’UMP. On attend du président élu une réponse claire à donner aux militants et à la France. L’UMP doit être prête pour l’alternance demain sur les plans des idées et de gouvernance éventuelle de la France.

 

Quelle ligne politique adopter par le président élu ? Je suis sarkozyste par tempérament, mais aussi l’un de ceux qui pensent que Nicolas Sarkozy influence les têtes des militants et du mouvement. Mais, dans le même temps, il faut que le leader de notre parti gouverne sans faire référence systématiquement à Nicolas Sarkozy.

 

Il devra imprimer sa marque et ses choix stratégiques sur le parti et doit dire clairement comment il va s’y prendre pour reconquérir les territoires perdus. Comment faire France ? Comment lutter contre les communautarismes en pointe dans notre pays sans opposer les groupes sociaux entre eux  ? Comment articuler le fait de parler sans tabou et la nécessaire cohésion sociale du pays ? Comment gagner les campagnes électorales qui, en 2014, doivent symboliser le point de départ et du renouveau de la reconquête au sein de l’UMP ?

 

Voilà l’agenda éventuel du président élu qui doit nécessairement mettre en orbite méthodique et calculée la nouvelle UMP de demain.

 

A lire aussi, d'autres témoignages de militants UMP :

- "L'avenir de l'UMP n'est pas une fuite en avant populiste", par Matthieu Schlesinger, délégué UMP dans le Loiret.

- "Congrès : François Fillon saura gérer les chantiers de l'UMP", par Aurore Bergé, membre du Conseil national de l'UMP.

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